Chrétiens terrestres – chrétiens célestes

mai 1933

Chrétiens terrestres – chrétiens célestes

C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Hé. 13, 12.

Remarque cette expression : « sanctifier le peuple ». Si on ne veut pas sortir du camp avec lui et porter son opprobre, il n’en ressort rien. Il est juste qu’il en soit ainsi, d’ailleurs. Nous voyons des chrétiens qui font du « surplace » pendant toute leur vie. Ils ne marchent pas sur un « chemin », bien que Jésus soit « le Chemin ». Ils sont sanctifiés par son sang, mais ils n’entrent absolument pas dans la sanctification. Ils ne veulent pas porter son opprobre en allant à lui en dehors du camp. Tout tourne autour du pardon des péchés, chose qu’on pouvait déjà obtenir dans l’ancienne alliance.

En dehors du camp, le corps de l’animal est brûlé, tandis que le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur. C’est pourquoi ceux qui suivent Jésus en dehors du camp ont un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger. Le service au tabernacle consiste uniquement à servir pour la pureté de la chair. Tandis que ceux qui le suivent en dehors du camp offrent leur chair en sacrifice.

En suivant Jésus, nous suivons le souverain sacrificateur, lui qui a été institué souverain sacrificateur, non d’après la loi d’une ordonnance charnelle, mais selon la puissance d’une vie impérissable. Hé. 7, 16. C’est cette puissance d’une vie impérissable qui agit en nous et nous pousse à suivre l’Agneau partout où il va, y compris en dehors du camp. Ce n’est pas suffisant pour nous d’être « sanctifiés » comme le peuple à l’intérieur du camp. La vie rompt avec les formes et les coutumes, elle rompt les liens avec toutes sortes de communautés religieuses, et ne renonce pas avant que nous ayons communion avec le Père et le Fils.

La puissance de la vie éternelle consume la chair. Il faut qu’elle ait un sacrifice et un autel dont elle mange. Jésus a donné sa chair pour la vie du monde. Nous portons cette chair, ayant été baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps avec lui. Cette chair est consumée par le feu de Dieu en dehors du camp. Le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur. Et qu’est-ce que le sang ? C’est l’âme. Si le sang de Jésus a « sanctifié » le peuple, de sorte qu’il peut le diriger, tous ceux dont le sang est porté dans le sanctuaire régneront avec lui. C’est tout à fait logique et simple. Car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui, et si nous persévérons, nous régnerons avec lui.

L’Épouse est la ville, et les nations, ceux qui ont été sanctifiés par son sang, marcheront à la lumière de la ville. Ap. 21, 9-10 et 24. Ils n’ont convenu que d’un denier par jour, le pardon des péchés, et ils n’auront pas plus, qu’ils viennent à la première ou à la onzième heure. L’Épouse, en revanche, n’a absolument pas convenu avec lui d’un seul denier. Elle a convenu avec lui d’être transformée à l’image de son époux dans la mort et la vie. Une seule chair avec lui. La même formation que lui. Elle est certes la partie plus faible, mais elle sera malgré tout sa collaboratrice. Elle a appris le cantique nouveau que seuls les cent quarante-quatre mille pouvaient apprendre, car elle a été rachetée de la terre, rachetée d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’Agneau. Ap. 14, 3-4.

Tout ce qu’un homme dévouera par interdit à l’Éternel, dans ce qui lui appartient, ne pourra ni se vendre, ni se racheter, que ce soit une personne, un animal, ou un champ de sa propriété ; tout ce qui sera dévoué par interdit sera entièrement consacré à l’Éternel.

Aucune personne dévouée par interdit ne pourra être rachetée, elle sera mise à mort. Lé. 27, 29.

Celui qui va à lui en dehors du camp jusqu’au lieu de sacrifice en portant son opprobre, est dévoué par interdit, entièrement consacré à l’Éternel. Il fait partie des élus que Dieu a connus d’avance et a prédestinés à être semblables à l’image de son Fils. Ro. 8, 29. Dieu connaît l’entendement de tous les hommes, de toute éternité, et ceux dont l’entendement les pousse à suivre l’Agneau partout où il va, il les élit parmi les hommes pour être l’Épouse de l’Agneau. Ils obtiennent la nature divine. Ils souffrent avec Christ, meurent avec lui et sont glorifiés avec lui. Ce sont des chrétiens du temple contrairement aux nations sauvées, qui sont des chrétiens du parvis, et qui doivent être conduits et dirigés depuis le sanctuaire du temple.

Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre. Le second homme est le Seigneur du ciel. Le premier homme est psychique. Le second homme est spirituel. Il en va de même pour l’homme qui a été sanctifié dans le sang de Jésus, il est psychique et terrestre. Il a reçu le pardon pour son péché, mais il n’a pas changé de nature. L’homme spirituel est céleste ; car il a souffert la mort selon la chair comme le Maître lui-même. Il y aura malgré tout des différences de degré, suivant la fidélité dont on aura fait preuve, de sorte que certains auront l’éclat du soleil, d’autres l’éclat de la lune, et d’autres encore l’éclat des étoiles, lors de la résurrection d’entre les morts.

Jésus dit de Jean-Baptiste qu’il était le plus grand de ceux qui étaient nés de femmes ; mais le plus petit dans le royaume des cieux était néanmoins plus grand que lui.

Nous comprenons par là les deux naissances et les deux natures. Des êtres terrestres et des êtres célestes. C’est pourquoi, lorsque Dieu créera un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera, cela se fera en pleine harmonie avec ce que l’homme aura atteint pendant son pèlerinage sur la terre. Ceux qui sont fidèles portent déjà le royaume des cieux en eux, et ils sont déjà nés d’en haut dans les jours de leur chair, par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. Ils portent en eux « la puissance de la vie éternelle » et sont de ce fait formés à l’image de leur Maître.

Magnifique vie, précieuse pour Dieu et les hommes ! Étrangers sur la terre, mais pleinement chez eux dans la ville d’en haut dont Dieu est l’architecte et le constructeur. Cette ville qui a de solides fondements, et qui ne peut pas être ébranlée, car elle est née selon la Parole de Dieu et a été construite par la Parole.

Nous sentons d’ailleurs en nous-mêmes que nous avons reçu en nous un royaume inébranlable. Et nous pouvons en être reconnaissants à cette époque où tout tremble et est ébranlé.

Le ciel et la terre passeront, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement.

Quel sort béni venu de Dieu, notre Père céleste, par Jésus-Christ, notre Seigneur !