La langue et la pensée
Personne ne peut dompter la pensée, dit-on, et Jacques dit : La langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! Et tout cela vient de la pensée.
Le corps est démangé par les convoitises pécheresses, et les pensées commencent à s’agiter. Si on n’est pas vigilant, la langue entre alors en mouvement. Par le moyen des pensées, la langue est mise en contact direct avec le péché dans la chair et devient ainsi un feu qui souille tout le corps, et enflamme le cours de la vie, étant elle-même enflammée par l’enfer. Ja. 3, 6. (Trad. norv.) Par où la lutte doit-elle commencer pour qu’on ait la victoire sur cet enfer ? Eh bien elle doit commencer dans la vie des pensées. Nous ne pouvons pas échapper aux tentations ; mais nous pouvons détourner nos pensées des convoitises de la chair. On pense que ce n’est pas possible. Eh bien si, c’est possible, car Jésus dit : Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs ? Mc. 2, 8. On peut nous reprocher d’abriter de mauvaises pensées. C’est de là que la langue tire sa nourriture, et elle envoie ces mauvaises pensées à l’est et à l’ouest. De grandes forêts sont enflammées et tous ceux qui écoutent cela goûtent à la corruption.
Tel, qui parle légèrement, blesse comme un glaive. Pr. 12, 18. Le cœur des insensés proclame la folie. Pr. 12, 23.
L’entendement pèse les pensées, pour voir si elles sont mauvaises ou bonnes, si elles viennent d’une mauvaise source ou d’une bonne. Nous pouvons laisser passer en toute sécurité ce qui vient d’une bonne source ; car cela fera du bien ; mais ce qui vient d’une mauvaise source doit être freiné. La croix nous aide à le faire. Nous avons reçu le pouvoir de dire « non » au mal et « oui » au bien. Et par ce moyen, nous avons aussi reçu le pouvoir sur nos pensées et notre langue. Nous ne sommes pas obligés de penser du mal, et nous ne sommes pas obligés de dire du mal. Ceci s’applique aux domaines où nous sommes éclairés et où nous savons distinguer le bien du mal. Mais cela demande une grande vigilance. Jacques dit : Mais la langue, aucun homme ne peut la dompter. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Mais le même apôtre dit aussitôt : Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère ? Il découle de cela que nous pouvons refuser aux pensées mauvaises d’avoir l’approbation de notre entendement. Là, nous montons la garde, toi et moi. Nous pouvons refuser à la langue d’exprimer des pensées pécheresses.
Dire du mal et écrire du mal revient au même, parce que, dans les deux cas, on permet à la méchanceté d’avoir l’approbation de l’entendement, avec lequel on devrait servir la loi de Dieu. Ro. 7, 25. Tout cela doit être jugé et livré à la mort, et si on a causé du tort à quelqu’un, on doit lui demander pardon. Nous avons là de multiples occasions de nous exercer à la piété. Arriver à vaincre en pensées, paroles et actions, tu te rends compte ? Si, au cours de cet exercice, on devait tomber, il ne faut pas perdre courage, mais repartir au combat.
Quand on pense alors à une personne qui aime beaucoup se livrer aux commérages et qui doit s’exercer sur le chemin qui mène à la pureté en pensées, paroles et actions, nous comprenons que Jésus est « le Chemin » et que, sur ce chemin, la chair doit passer par beaucoup de souffrances et de renoncement à soi-même.