La Ville, l’Épouse, la femme de l’Agneau
Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m’adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai l’Épouse, la femme de l’agneau.
Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu. Ap. 21, 9-10.
Note bien que c’est l’ange qui avait les sept derniers fléaux qui a montré l’Épouse à Jean. C’était l’ange qui avait la dernière coupe pour la chair. En effet, c’est le jugement vers l’intérieur, celui qui s’applique à la maison de Dieu, qui s’accomplit en premier, avant qu’il se répande comme un jugement des pécheurs. 1 Pi. 4, 1 et 17. C’est pour cela que Jésus a lui aussi dû devenir un homme et endurer la mort selon la chair, pour pouvoir devenir le juge des hommes. Le même processus s’applique maintenant à l’Épouse, qui est une même chair avec Lui, pour qu’elle aussi soit en mesure de juger et de régner avec lui pour toute l’éternité.
Pour voir l’Épouse, il faut que l’ange qui a les sept derniers fléaux pour la chair nous conduise sur une grande et haute montagne. L’Épouse a en effet combattu jusqu’à terrasser les esprits qui sont les puissances de l’air, pour accéder à la montagne de Sion. C’est une chrétienne de la montagne, debout sur un sol ferme. La ville est appelée la cité du Dieu vivant, parce que l’Épouse a été rendue vivante par le 2e Adam, qui est devenu un Esprit vivifiant. Elle est venue à lui, pierre vivante, et elle est devenue elle-même une pierre vivante. C’est cette pierre que ceux qui bâtissaient leur édifice ont rejetée. De ce fait, ils ont aussi rejeté la ville dont Dieu est l’architecte et le constructeur – la nouvelle Jérusalem. Il a été rejeté par les hommes. Il ne suffit donc pas d’être simplement un homme ayant une chair qui lutte contre l’Esprit. 1 Pi. 2, 4-9. La ville est constituée de personnes qui endurent la mort selon la chair et qui sont rendues vivantes quant à l’Esprit. Ce sont des personnes qui sont sans cesse livrées à la mort, pour que la vie de Jésus se manifeste dans leur chair mortelle. 2 Co. 4, 10-12. Nous comprenons par là que tout dépend de la vie que nous avons pendant les jours de notre chair. Car c’est maintenant, pendant que nous avons la chair et le sang, que nous pouvons faire preuve de fidélité. C’est maintenant que Dieu peut voir quel est notre état d’esprit, si nous l’aimons vraiment plus que nos convoitises ; si nous voulons vraiment observer ses commandements.
L’éclat de la ville était semblable à celui d’une pierre très précieuse, d’une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Cela aussi est assez naturel, car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi glorifiés avec lui. La lumière des corps de ceux qui ont ainsi été glorifiés brille comme une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Les nations marcheront à cette lumière. Ap. 21, 24. Elles ne supportent pas, et n’ont jamais supporté dans les jours de leur chair la gloire de Dieu et la lumière de l’Agneau ; elles ne le supporteront jamais, de toute l’éternité. Elles n’ont pas supporté le jugement dans la lumière et elles n’ont jamais perdu leur propre vie, comme l’ont fait le Maître et son épouse. C’est pour cela que la lumière des nations doit être masquée par la pierre de jaspe transparente comme du cristal. Mais la ville elle-même n’est éclairée ni par le soleil ni par la lune, mais par la gloire de Dieu et par la lumière de l’agneau. V. 23. Il se trouve que la plupart des gens, qui constituent les nations, se contentent de la grâce du pardon des péchés, comme on a l’habitude de dire. La vie chrétienne ne va pas plus loin, en règle générale, et pourtant ce n’est que le commencement. Ils qualifient la lumière de l’agneau de jugement et disent qu’on juge [quand on l’expose]. Et en fait, c’est correct ; car le jugement, c’est que la lumière est venue au monde. Si donc on se retire de la gloire de Dieu et de la lumière de l’Agneau dans la vie présente, on s’est aussi privé de cette gloire et de cette lumière dans l’éternité. Et pourtant, ces nations invoquent le nom du Seigneur, et elles sont sauvées pour marcher à la lumière de la ville, la lumière de l’Épouse. Nous retrouvons ici le sanctuaire (le tabernacle) et le parvis. Les chrétiens du parvis et les chrétiens du temple. Les nations seront dirigées et conduites par la lumière qui émane de la ville.
Dieu a montré à Jean au travers de signes ce qui allait arriver bientôt. Et il fait interpréter les signes. Et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes (le Dieu qui distribue son Esprit aux prophètes, trad. norvégienne), a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. Ap. 22, 6. Nous comprenons par là que ce sont uniquement ses serviteurs qui reçoivent en Esprit l’interprétation des signes qui révèlent ce qui va arriver bientôt. Tout se fait de manière naturelle.
La ville avait la forme d’un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades ; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. Ap. 21, 16.
La ville est donc cubique. La longueur, la largeur et la hauteur sont égales. Tous ceux qui marchent sur la route nouvelle et vivante au travers du voile, qui est la chair, deviennent des personnes qui ont du contenu. Elles deviennent des chrétiens cubiques par l’obéissance de la foi et en se chargeant chaque jour de la croix et en renonçant à elles-mêmes. En revanche, ceux qui ne se chargent pas de leur croix et ne renoncent pas à eux-mêmes, mais qui pèchent en comptant sur la grâce et finissent par s’en remettre à la grâce du pardon des péchés, deviennent des chrétiens superficiels, des chrétiens carrés, et ils peuvent avec raison recourir à leur devise éculée : Ne regardez pas à nous, regardez à Jésus ! Car quand on regarde le carré depuis le côté, on ne voit rien du tout. Paul, lui, pouvait dire : Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Christ ! Il y avait de l’épaisseur de matière dans son christianisme ; celui-ci avait pris corps en lui, ou on peut dire qu’il était devenu cubique. Tout homme qui combat contre le péché jusqu’au sang, reçoit de la profondeur dans sa vie, et c’est cette profondeur que l’ange a mesurée avec son roseau d’or. On ne peut pas mesurer le pardon des péchés, car il n’y a pas de vie derrière ; mais on peut mesurer l’obéissance de la foi. Cela fait sens. Réfléchis à cela pour ta propre part, et Dieu t’accordera de la lumière.
Jésus lui-même est allé en profondeur. En tant qu’homme, il a été obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. Il a livré son âme à la mort. Paul lui aussi était considéré comme une brebis qu’on mène à la boucherie ; mais dans toutes ces choses, il était plus que vainqueur. Et puisque Jésus l’avait précédé et avait vaincu les principautés et les puissances, et ce dans les jours de sa chair, Paul a pu dire ces paroles cubiques : Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. Ro. 8, 37-39. Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Col. 2, 9. C’est pourquoi tout homme qui se trouve dans le corps recevra toute l’aide dont il a besoin pour parvenir à l’état d’homme fait, pour croître en celui qui est la tête du corps, qui est l’Assemblée. C’est pour la même raison que c’est dans le corps de Christ qu’il faut rechercher toute la connaissance et toute la sagesse. Même la lumière sur la ville, la Jérusalem céleste, doit être cherchée dans le corps. Et toute personne qui cherche la connaissance biblique et la lumière en dehors du corps, cherche en vain. Nous comprenons par là que seuls les hommes pieux, ceux qui observent ses commandements, reçoivent de sa vraie lumière. Toute lumière qu’on croit recevoir en dehors du corps n’est qu’une fausse lumière. Affirme-le avec certitude, et ne l’oublie jamais ! Car en dehors de la ville (avec la lumière de l’Agneau) se trouvent des meurtriers, des enchanteurs, et tous ceux qui pratiquent des choses abominables et le mensonge.
La compréhension de l’Épouse, qui est la Jérusalem céleste, doit aussi se trouver dans le corps, dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Car l’Épouse est une seule chair avec Christ, qui a enduré la mort quant à la chair. As-tu réfléchi à cela ? L’Épouse doit donc elle aussi endurer la mort quant à la chair. C’est là tout à fait autre chose que la grâce du pardon des péchés, comme on dit. Quand la chair qui peut pécher est crucifiée et qu’elle endure la mort, cela mène à la victoire sur le péché. Jésus a supporté la lumière de Dieu et s’est offert lui-même par la puissance d’un Esprit éternel. L’Épouse supporte la lumière de l’Agneau et se sacrifie elle aussi par la puissance d’un Esprit éternel. De cette manière, Jésus reçoit son épouse, celle qui est son égale ; car ils sont tous deux passés par la même école de la vie et de la mort. Jésus aimait le Père et observait ses commandements jusque dans la mort. L’Épouse aime Jésus et observe ses commandements jusque dans la mort.
Ce n’est pas une bagatelle d’être une même chair avec Christ. Ceux qui souffrent avec lui seront aussi glorifiés avec lui. Ceux qui meurent avec lui seront rendus vivants avec lui. Ce sont ceux-là qui reçoivent la gloire de Dieu et la lumière de l’Agneau. C’est la ville à la lumière de laquelle marcheront les nations.
Nous voyons ici le roi, son épouse et son peuple dans le monde à venir.
En ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l’Éternel ; toutes les nations s’assembleront à Jérusalem, au nom de l’Éternel, et elles ne suivront plus les penchants de leur mauvais cœur. Jé. 3, 17.
Ainsi parle l’Éternel : Je retourne à Sion, et je veux habiter au milieu de Jérusalem. Jérusalem sera appelée ville fidèle, et la montagne de l’Éternel des armées montagne sainte. Za. 8, 3. En ce jour-là, des eaux vives sortiront de Jérusalem. Za. 14, 8.
Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Ap. 22, 1.
Toute bénédiction, toute gloire et toute lumière émanent de la ville. Car Dieu et l’Agneau y habitent, ainsi que les plus précieuses et les plus fidèles de leurs créatures, ceux qui suivent l’Agneau partout où il va et qui ont déjà reçu part à la nature divine dans cette vie-ci. Les jaloux restent au dehors, car cette maladie doit mourir. Il y a largement l’occasion de renoncer à soi-même et de se charger chaque jour de sa croix. Il y a largement l’occasion de souffrir avec Christ. Il suffit d’être disposé à le faire. Celui qui veut s’approcher s’approche par le sang de Jésus, par l’obéissance de la foi. Ce sont de telles personnes fidèles qui bâtissent la ville. Nous sommes édifiés les uns avec les autres pour former une habitation de Dieu en Esprit. Ép. 2, 19 et jusqu’à la fin du chapitre.
Abraham obéit et partit pour un lieu qu’il devait recevoir en héritage. Il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. Hé. 11, 8-10.
Nous aussi, nous sommes des étrangers aussi longtemps que nous sommes dans cette demeure. Nous aussi, nous attendons la ville qui a de solides fondements, et dont Dieu est l’architecte et le constructeur. C’est pourquoi nous faisons bien de ne pas enfoncer les piquets de notre tente trop profondément ici-bas, mais de regarder à ce qui est invisible et éternel.