Faux prophètes

octobre 1933

Faux prophètes

Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité. 2 Pi. 2, 15.

Les faux prophètes ont donc dû se trouver sur le droit chemin ; mais ils ont aimé le salaire de l’iniquité plus que Christ. Ils ont fait de la voie de Dieu une voie d’accès au gain et à l’honneur. C’est à cause de telles personnes que le nom de Dieu est calomnié parmi les païens.

Il est avéré que des gens peuvent continuer à prêcher la Parole de Dieu longtemps après avoir abandonné Dieu. Ils en tirent un avantage financier et ils persistent donc. Il aurait mieux valu pour eux ne pas avoir connu la voie de la justice, que de l’avoir connue et de se détourner ensuite du saint commandement qui leur avait été donné. V. 21. Ils ont donc connu la voie de la justice. Mais ils se sont détournés du « saint commandement ». C’est justement là que se trouve l’apostasie. Comment un humain pourrait-il se tenir devant la face de Dieu sans avoir observé avec soin ses commandements ? Quand on tient le commandement pour de l’esclavage sous la loi, on glisse inéluctablement dans l’iniquité – l’absence de loi. L’évangile prêché par de telles personnes déchues devient un évangile dépourvu de commandements.

Paul exhorte Timothée avec le plus grand sérieux à garder le commandement, et à vivre sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. 1 Ti. 6, 13-14.

Quand Dieu veut s’approcher de nous les humains, cela se fait par des « saints commandements ». Notre attitude par rapport à ces commandements montre quel est notre entendement, si nous prenons plaisir à la piété ou non, si nous aimons le commandement plus que nos convoitises selon la chair.

Quel que soit le point auquel nous sommes parvenus sur le chemin de la sanctification, Dieu a encore beaucoup de saints commandements à nous confier. C’est notre fidélité à l’égard de ces commandements qui détermine dans quelle mesure notre Seigneur Jésus-Christ va continuer à se révéler à nous. Car Jésus se révèle à ceux qui ont ses commandements et qui les gardent. Jn. 14, 21.

Un homme peut rester longtemps fidèle à Dieu et à ses commandements. Tout peut bien se passer, et Dieu bénit. Mais quand ce serviteur du Seigneur a du pouvoir sur les âmes et que tout le monde l’admire, la tentation de vouloir régner survient. C’est alors l’amour de l’argent qui se manifeste. Une grande assemblée est habituellement source de grandes tentations, et il faut faire preuve d’une grande fidélité envers Dieu pour continuer à garder ses commandements et à vivre dans le contentement, sans abuser de la confiance de l’assemblée à son propre profit. Dans ce domaine, il y en a beaucoup qui déchoient. On abandonne le saint commandement et on se sert soi-même. On peut mener les choses très loin dans ce domaine, en mendiant de l’argent à des fins caritatives tout en étant le grand bénéficiaire principal de cette mendicité d’envergure, qui se déroule au nom de Dieu et qu’on appelle « la cause de Dieu ». Je crois que chacun fait bien de soumettre à l’épreuve des faits cette mendicité pour la cause de Dieu. On peut très bien prier pour les malades dans leur propre foyer, sans mendier de l’argent pour construire de grands édifices où on va prier pour eux. On peut enseigner les disciples sans collecter des milliers de couronnes pour de grandes institutions d’enseignement. Car le Saint-Esprit veut nous conduire à toute la vérité sans argent et sans se faire payer. Le vrai christianisme est très bon marché. Mais quand le christianisme passe entre les mains humaines, il devient à la fois cher et peu fiable. Ici aussi, nous pouvons apprendre du « Maître ». Il n’avait besoin que de très peu de choses. Il était lui-même celui qui servait et qui enseignait. Tout à fait gratuitement. C’est pour cela que cela a tellement mauvais goût lorsqu’au nom de Dieu, on mendie de l’argent pour la cause de Dieu. En apparence, Judas avait un grand cœur pour les pauvres. Mais en réalité, c’est de lui-même qu’il prenait soin. C’était en fait un voleur, lui qui portait la bourse. Quand des hommes éloquents dépeignent au nom de Dieu l’importance de collecter de l’argent pour telle ou telle cause, en disant que Dieu aime celui qui donne avec joie, des personnes naïves et simples peuvent certainement donner avec beaucoup de générosité. Mais c’est une tout autre question de savoir si elles ont vraiment donné quelque chose pour la cause de Dieu. C’est peut-être un Judas ou un faux prophète qui est parti avec l’argent. On ne peut jamais savoir. Et le nom de Dieu est calomnié. Lui à qui tout l’or et tout l’argent appartiennent, et qui peut en un clin d’œil rendre riche un homme pauvre, il aurait donc beaucoup de mal à mendier de l’argent pour sa cause ! Non, on n’honore pas le nom de Dieu de cette manière. Mais c’est celui qui recherche l’honneur de Dieu qui est vrai, et il n’y a pas de fraude en lui. Dieu n’a pas besoin d’argent, car le monde entier lui appartient, avec tout ce qu’il contient. Et il donne à tous la vie, la respiration, et tout ce dont ils ont besoin pour la vie et pour la piété. Mais depuis le temps de Balaam et de Judas jusqu’à nos jours, les faux prophètes ont besoin de beaucoup d’argent, car ils ont le cœur exercé à la cupidité. 2 Pi. 2, 14.

Il faut certes des moyens pour travailler et pour voyager. Mais si l’activité ne peut pas se faire sans qu’on soit obligé de « lancer sa propre entreprise », laisse-la plutôt dépérir. Dieu va certainement veiller à ce que le travail qu’il initie soit viable. On enfreint les commandements de Dieu à cause de dispositions qu’on a prises, et on anéantit les commandements de Dieu à cause de statuts humains. Mt. 15, 3-6. On appelle le statut « la cause de Dieu » et on appelle le commandement saint « de l’esclavage ». Les temps n’ont pas changé. De tout temps, la chair a toujours eu les mêmes tendances.

Si tu veux donner à un pauvre, à un malade ou à un serviteur du Seigneur, donne-le directement. N’utilise pas un intermédiaire mendiant, car tu ne serais jamais sûr du récipiendaire effectif de ton don. Il y a quelque chose qui s’appelle un « discours pour la collecte ». C’est habituellement un discours séducteur, et ta conscience ne doit pas s’y conformer. Tu dois te tenir devant la face de Dieu dans toutes les circonstances de la vie. Et ta conscience doit être pour Dieu et pour toi-même. Tu ne dois pas la laisser tanguer au gré de l’influence des uns et des autres.

Les faux prophètes disent : L’Éternel a dit ! alors que l’Éternel n’a point parlé. C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Parce que vous dites des choses vaines, et que vos visions sont des mensonges, voici, j’en veux à vous, dit le Seigneur, l’Éternel. Ma main sera contre les prophètes dont les visions sont vaines et les oracles menteurs ; ils ne feront point partie de l’assemblée de mon peuple.

Ces choses arriveront parce qu’ils égarent mon peuple, en disant : Paix ! quand il n’y a point de paix. Et mon peuple bâtit une muraille, et eux, ils la couvrent de plâtre. Dis à ceux qui la couvrent de plâtre qu’elle s’écroulera. Éz. 13, 7-11.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les faux prophètes ont le même langage de nos jours : Paix, paix, alors qu’il n’y a pas de paix. Et cela vient de ce que la justice est très éloignée. Ce ne serait pas rentable pour eux de réprimander le péché, car cela ferait disparaître le peuple, et de ce fait l’argent. Mais en recouvrant le tout de plâtre et en disant que c’est bien, les affaires peuvent continuer. C’est cependant une consolation de savoir qu’ils ne s’assiéront pas dans le conseil de l’Éternel. Nous le voyons bien. Ils sont très loin du conseil de l’Éternel. Mais ils sont assis en compagnie de personnes non affermies et naïves. C’est là qu’ils mènent leurs affaires. Et tout est question d’argent, d’argent et encore d’argent. Pour la cause de Dieu, bien sûr.

Écoutez, chefs de Jacob, et princes de la maison d’Israël ! N’est-ce pas à vous à connaître la justice ? Vous haïssez le bien et vous aimez le mal ; vous leur arrachez la peau et la chair de dessus les os. Ils dévorent la chair de mon peuple, lui arrachent la peau, et lui brisent les os ; ils le mettent en pièces comme ce qu’on cuit dans un pot, comme de la viande dans une chaudière.

Ainsi parle l’Éternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, qui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, et qui publient la guerre si on ne leur met rien dans la bouche :

À cause de cela, vous aurez la nuit…, et plus de visions ! Vous aurez les ténèbres…, et plus d’oracles ! Le soleil se couchera sur ces prophètes, le jour s’obscurcira sur eux. Les voyants seront confus, les devins rougiront ; car Dieu ne répondra pas.

Mais le prophète Michée, qui parlait contre les faux prophètes, dit de lui-même : Mais moi, je suis rempli de force, de l’esprit de l’Éternel, je suis rempli de justice et de vigueur, pour faire connaître à Jacob son crime, et à Israël son péché. Michée 3.

C’est de tels prophètes que nous avons besoin de nos jours. Nous vivons en effet à une époque qui fourmille de faux prophètes, à tous les coins de rue. Et le peuple croit que ces faux prophètes sont des vrais, et que les vrais prophètes sont faux. Mais l’amour de l’argent colle aux faux prophètes de nos jours comme jadis. Les chefs d’Israël jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes prédisent pour de l’argent. Et ils osent s’appuyer sur l’Éternel, et disent : L’Éternel n’est-il pas au milieu de nous ? Le malheur ne nous atteindra pas.

C’est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, et la montagne du temple une sommité couverte de bois.

Les péchés de la grande prostituée s’accumulent jusqu’au ciel. Elle a corrompu la terre entière par son impudicité. Ap. 18, 5 et 19, 2. Et qu’est-ce que la prostituée, si ce n’est des hommes, des hommes impies, qui se sont détournés du commandement saint ? Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. Ap. 18, 4.