Le travail de la prostituée
Le fr. Elias Aslaksen et moi avons passé un mois environ au Danemark, avant Noël, pour annoncer la Parole de Dieu. Nous sommes allés à Copenhague, où nous avons fait quelques réunions avec le fr. Bratlie et les amis danois. Nous avons aussi eu toute une série de réunions à Copenhague après notre passage dans le Jutland. Les amis de Norvège se réjouiront d’apprendre que l’assemblée de Copenhague se développe en foi, en force et en amour, de sorte que les liens fraternels se renforcent dans l’unité d’esprit du corps de Christ. Ils ne sont plus des chrétiens carrés, ils commencent à devenir cubiques. Voir Ap. 21, 9 et 16.
Nous sommes ensuite allés à Fredericia où notre cher frère Th. Ellefsen habite depuis deux ans environ. Il nous a accompagnés à Kolding, Vejle, Esbjerg, Haderslev, Tinglev et Bylderup-Bov.
Au cours de ces visites, nous avons rencontré beaucoup d’âmes sincères qui ont reçu la Parole avec beaucoup de joie ; mais nous avons aussi rencontré des adversaires qui étaient ensorcelés par l’évangile sans commandements. Des assemblées entières en étaient prisonnières et étaient enfermées dans des partis, de sorte qu’elles n’osaient même pas écouter d’autres personnes que les prédicateurs de leur propre parti. L’inimitié contre les commandements de Dieu est un signe caractéristique de leur activité. Et pourtant, Paul ordonne à Timothée d’observer les commandements de Dieu en des termes forts : Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ, qui fit une belle confession devant Ponce Pilate, de garder le commandement, et de vivre sans tache, sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ. 1 Ti. 6, 13-14.
Les commandements dont il est question ici sont les commandements de la nouvelle alliance, des commandements qui se trouvent dans le Saint-Esprit et qui sont inscrits dans le cœur et dans l’esprit. Hé. 8, 10. Mais la prostituée, qui a corrompu toutes les nations de la terre en leur faisant boire du vin de la fureur de son impudicité, a dépouillé la nouvelle alliance du commandement. Ap. 18, 3. Cette alliance que Jésus-Christ a scellée pour son peuple par son sang précieux, la prostituée la met à mort et lui enlève toute force en la dépouillant du commandement. Et s’il y a ici ou là une âme qui considère le commandement comme saint et qui l’honore, on se moque d’elle comme si elle était dans l’esclavage et qu’elle n’y comprenait pas grand-chose à la liberté.
Nous savons bien que la prostituée catholique a fait des ravages et a amené la désolation sur des peuples et des pays ; mais on est probablement moins au courant de ce qu’une de ses filles, que nous pouvons appeler « la prostituée de notre époque », est en train de détruire le peuple de Dieu. En opposition aux commandements de Dieu, ils se sont mis à l’abri en créant des divisions et des partis, Ga. 5, 20, de sorte que pour être fidèle à la ligne de son parti, on se prive de la possibilité d’entendre la Parole de Dieu. Il y a en effet une forme de fidélité dans l’infidélité, et il y a dans cette prison des gens qui mériteraient qu’on leur rende visite. J’étais malade et en prison, et vous m’avez rendu visite. Mais les gardiens de prison montent bien la garde !
On ne peut pas montrer du doigt le royaume de Dieu. Ses membres sont inscrits dans le livre de la Vie, auprès de Dieu et de l’Agneau. Mais ces pauvres brebis qui sont inscrites dans les différents registres d’églises deviennent forcément des ennemis et des opposants de tous ceux qui ne sont pas inscrits dans le même parti qu’elles. Elles n’osent pas non plus écouter d’autres personnes, même si c’était le Maître lui-même. Cela nous montre bien que les partis sont une œuvre du diable ; Christ, en effet, n’est pas divisé et partagé.
En créant un cadre visible autour de ces partis, on peut leur imposer la dîme et exercer du pouvoir sur eux. C’est un pouvoir que Dieu n’exerce jamais sur son peuple. On peut instituer des apôtres et des prophètes de manière humaine, des gens qui n’ont aucune expérience de la voie de Dieu, et qui ne sont pas capables de se tenir debout sur leurs propres jambes, et encore moins de veiller sur leurs brebis, pour que leurs bateaux ne fassent pas naufrage sur des écueils et des rochers. Et comment peut-on avoir de l’expérience de la voie de Dieu si on dépouille l’Évangile de ses commandements, qu’on ôte l’obéissance de la foi et qu’on la qualifie d’esclavage ? Les occasions d’être mis à l’épreuve sont ôtées, car on enseigne que le péché dans la chair a été ôté par le baptême de l’Esprit. Et de ce fait, le vieil homme est donc là, sans protection, prêt à toute chute ; et il s’avère que les chutes se produisent.
Dès le réveil de 1907 et les années suivantes, la prostituée a commencé à faire des ravages avec son évangile sans commandements, parce que les dirigeants ont commencé à faire croire à leurs auditeurs que le péché dans la chair avait été ôté par le baptême de l’Esprit, ce qui rendait évidemment les commandements de Dieu superflus. Mais les conséquences ne se sont pas faites attendre. Le royaume des ténèbres s’est réjoui de cette tromperie de la prostituée ; car nombre de dirigeants sont tombés dans l’adultère. On s’est enivré du vin de l’impudicité de la prostituée et on a été séduit par ses enchantements. Ap. 17, 2 et 18, 23.
Voilà ce qui arrive quand on contourne la Parole de Dieu et qu’on annonce un évangile sans commandements. Toutes les nations ont été séduites par les enchantements de la prostituée. Et en quoi consistent ces enchantements ? Dans le fait qu’avec toute la dextérité de Satan, on extirpe le saint commandement de l’Évangile, qu’on remplace de ce fait par un évangile terne et sans commandements, un autre évangile et un autre Jésus.
Le pasteur N. P. Wetterlund écrit : Annonce le commandement dans l’Évangile, et l’évangéliste de la prostituée aura l’impression que tu lui piques le nez avec une alêne. Nous aussi, nous avons fait cette expérience. Quand nous parlons de l’obéissance de la foi et du fait de garder les commandements de Dieu, on s’écrie à l’unisson : Prêche Christ ! Et quand ils parlent de prêcher Christ, ils veulent dire de prêcher Christ comme celui qui a observé tous les commandements à notre place, pour que nous n’ayons pas à le faire. La déviation se trouve juste à côté du chemin, et on s’empare avec joie d’un chemin plus agréable pour la chair. Car le nom de la prostituée est un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Ap. 17, 5. C’est la prostituée de notre époque qui a divisé le réveil de Pentecôte en partis. L’Esprit nous a baptisés pour former un même corps, qui est l’Église, pour que le monde croie en voyant son unité. Mais la prostituée a séduit les dirigeants en les amenant à inscrire les gens dans les registres de leurs assemblées. Ce faisant, ils ont exclu des âmes sincères et ont admis beaucoup de gens qui se sont introduits par ruse. Jude verset 4. Mais c’est tellement rassurant pour la chair de pouvoir compter le peuple ; car lorsque cela est en ordre, c’est d’autant plus facile de soumettre les gens à un impôt et à faire des affaires avec la Parole de Dieu, se procurer un salaire, etc. Tout cela est l’œuvre de la prostituée : incrédulité, soucis pour ce dont on va se nourrir, inquiétudes quant à l’avenir et soif de pouvoir. C’est seulement triste que des personnes sincères se laissent mener par le bout du nez et séduire, de sorte qu’elles se font enrôler comme les brebis de bergers aussi mauvais.
Il faut d’abord éprouver les serviteurs dans l’assemblée ; ensuite, ils peuvent exercer leur ministère, s’ils sont sans reproche. 1 Ti. 3, 10. Mais la prostituée recrute des gens qui ont l’apparence de la piété, des dons d’éloquence et une bonne réputation charnelle. On ne s’enquiert pas de leur fidélité ou de leur droiture – ce qui est invisible. Si seulement les choses visibles sont en ordre, on peut être élu apôtre, prophète ou évangéliste. Dans de telles circonstances, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des défections et toutes sortes de désordres ; car c’est la prostituée qui dirige.
Cet évangile de la prostituée est pris pour l’évangile de l’amour de Christ, et les serviteurs de la prostituée sont pris pour de véritables serviteurs de Christ, qu’on apprécie tout particulièrement pour leurs discours sur l’amour. Il n’y a pas de commandements ou de châtiment dans leur bouche. Tout est liberté, tout est amour. La prostituée des Juifs a crucifié Christ et a lapidé Étienne. De nos jours aussi, elle répand sa colère sur les témoins du Seigneur, tout comme la prostituée a répandu sa colère sur Hans Nielsen Hauge10.
On a trouvé chez elle le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre. Ap. 18, 24.
Il faut vraiment être éveillé et beaucoup prier pour ne pas être contaminé par la prostituée. Ce n’est qu’en ayant l’entendement de l’épouse qu’on peut haïr la prostituée et l’éviter.
La prostituée trône comme une reine, elle est victorieuse, elle bat des mains, frappe du pied, et se réjouit dédaigneusement et du fond de l’âme au sujet de la terre d’Israël. Voici, l’Éternel étend sa main sur toi, et te livre en proie aux nations (les partis se dissolvent) ; je t’extermine du milieu des peuples, je te retranche du nombre des pays, je te détruis. Et tu sauras que je suis l’Éternel. Éz. 25, 6-7.
Ce jour-là, on cherchera la prostituée et on ne la trouvera pas. Puisse Dieu nous donner grâce de pouvoir garder le commandement sans tache et sans reproche, pour que la prostituée n’ait pas l’occasion de faire ses ravages parmi nous aussi !