Le dieu de ce monde
Notre Évangile est voilé pour ceux qui périssent, et la raison en est que le dieu de ce monde a aveuglé l’intelligence des incrédules, afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ. 2 Co. 4, 3-4.
La formation selon ce monde est un dieu que l’on adore au point de perdre complètement de vue la gloire de Christ. La gloire de l’instruction fait de l’ombre à la gloire de Christ. Combien de gens sont dans le brouillard sur ce point ; ils rêvent de leur grandeur et de la supériorité de leur éducation, ou alors ils admirent des hommes dont ils croient qu’ils sont bien éduqués. Un péché en entraîne un autre, et dans le sillage de l’éducation, on trouve l’orgueil de la vie et l’acception de personnes. Cela est à son tour à la source de toutes sortes de choses démoniaques : la cupidité, l’amour de l’argent, la coquetterie, le mépris des petites gens, l’orgueil et toutes sortes d’autres bêtises qui emmènent l’homme dans les ténèbres et qui lui donnent un entendement et un cœur qui ne sont pas éduqués. On est haï et rejeté par son entourage, au lieu d’en être aimé et apprécié.
La gloire de Christ est cachée dans la force de Dieu, capable de mettre les choses sens dessus dessous, de sorte que ce qui est glorieux pour la chair devienne répugnant. Cette répugnance se transforme en haine, et la haine mène à la mort et à la séparation. Celui qui dérive vers cet esprit de perdition du monde s’y perd et sombre lui-même dans la perdition. La gloire de Christ n’est plus rien pour de telles personnes, ni ceux qui recherchent sa gloire et son honneur. On prend l’éducation du monde comme élément de mesure du peuple aimé de Dieu et on trouve qu’ils ne sont pas à la hauteur, ni à l’oral, ni à l’écrit, ni dans les bonnes manières du monde. Alors on secoue la tête en disant : ce genre de christianisme n’est pas à la hauteur.
La cupidité aveugle. Elle mesure la piété à l’aune de ce qu’on donne. Elle aveugle dans une telle mesure qu’on appelle des dons le « chemin ». Nous avons besoin d’une vache, d’argent pour des maisons, nous avons besoin de pommes de terre, de légumes, de draps, d’oreillers – tout pour les malades, rien pour nous-mêmes. Voici le chemin, marchez-y ! La cupidité rend tellement bête que même des yeux du monde et le bon sens populaire s’en rendent compte et comprennent d’où cela vient. Jésus parcourait les chemins et guérissait tous ceux qui venaient à lui. Cela semble trop difficile. Il vaut mieux inviter les malades à sa villa, et on peut alors mendier à l’infini ; les malades ont en effet besoin de toutes sortes de choses. C’est honnête de quémander pour avoir du pain et de l’argent pour s’acheter du café, quand on a faim, car on mendie pour soi-même et on ne donne pas l’impression que c’est pour les malades. Cela reste à petite échelle. Mais quand des champions de mendicité mendient au nom de Jésus pour avoir des centaines de couronnes et qu’ils appellent cela « le chemin », marchez-y, alors on éprouve vraiment de la répugnance pour une telle misère. Jésus n’avait pas de lieu où poser sa tête, et c’est lui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Ce n’est donc pas la mesure de la cupidité qui est le chemin de la vie et de la paix ; ce n’est que le chemin de plus de cupidité, c’est de l’idolâtrie.
Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu. 1 Jn. 4, 1-2.
Puisque Christ est venu en chair, il se rend maître des convoitises de la chair et les cloue toutes à la croix. C’est ce qu’il a fait quand il était dans sa propre chair, Hé. 2, 14, et c’est ce qu’il fait dans notre chair. Nous pouvons vivre de la même manière qu’il a vécu ; car il est le « modèle » et il est le « chemin ». Celui qui annonce un autre chemin annonce en fait un chemin de la cupidité et de son propre intérêt. Certains se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam. Jude verset 11. Ils admirent les personnes par motif d’intérêt et ont à la bouche des paroles hautaines. V. 16. Tenons-nous-en à la Bible ; car la parole de Dieu examine toutes choses. Elle examine le passé, le présent et l’avenir. Nous devons nous contenter d’avoir de quoi nous nourrir et nous vêtir. Nous n’avions rien, en effet, quand nous sommes venus au monde, et nous ne pourrons rien emporter non plus en le quittant.
Les excès de table, l’ivrognerie et le luxe aveuglent. On considère le luxe comme quelque chose de glorieux et on étudie ses droits avec soin. Cela fait de l’ombre à la gloire de Christ, et on fait de son ventre son dieu. Quelles gloires le monde peut-il offrir qui n’abêtissent pas et n’aveuglent pas, de manière à cacher la gloire de Christ ??? La vie dans le monde a pour issue la mort ; comment la vie de Christ peut-elle donc se manifester, si on recherche de toutes ses forces à nourrir la chair, pour qu’elle vive et qu’elle ait du bon temps ?
Ôtons tout ce qui aveugle les yeux et qui fait de l’ombre à la gloire de Christ ! Voici le chemin, marchez-y !!!