Le repos en Dieu

février 1931

Le repos en Dieu

Il y a probablement très peu de personnes qui ont expérimenté qu’il y a un repos dans lequel on peut entrer pendant la vie ici-bas et qui est semblable au repos de Dieu lui-même (2 Pi. 1, 4). Pourtant, c’est vrai, et la promesse d’entrer dans ce repos subsiste encore (Hé. 4, 1). C’est par la foi que nous entrons dans le repos ; c’est pourquoi tout ce qui vient de nous-mêmes doit être crucifié, pour que la foi puisse agir sans contraintes. Dès qu’on prend conseil auprès de son raisonnement, même pour un petit détail, on se retrouve dans l’agitation et les ténèbres. Il faut obéir avec exactitude aux lois de l’Esprit. Jésus veut nous apprendre à marcher comme il a marché : «Recevez mes instructions... et vous trouverez du repos pour vos âmes.» Mt. 12, 29. Il ne faisait rien de lui-même (Jn. 5, 30), mais contemplait constamment le Père devant lui (Ps. 16, 8). Plus notre foi est celle d’un enfant, plus notre repos est parfait.

Vivre dans un tel repos est le plus grand bien qu’on puisse obtenir. On ne se soucie alors plus de quoi que ce soit, et la paix du cœur surpasse toute intelligence (Ph. 4, 6-7). De son côté, on est réconcilié avec tout et avec tous. Ni la douleur ni la peine, ni le péché ni la mort ne peuvent ébranler celui qui repose en Dieu (Jb. 1, 20-22). On est invincible devant tous ses ennemis, et on peut dire en esprit et vérité : «L’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien.» On se rit de l’avenir (Pr. 31, 25) et on croit de tout son cœur que «le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie » Ps. 23.

Voilà la bonne nouvelle, et Dieu nous invite à un tel repos béni. On ne l’obtient pas en un jour (De. 7, 22) mais par un processus de longue durée, en laissant la parole de Dieu travailler en soi, avec persévérance. Nous voulons nous efforcer d’entrer dans ce repos et sommes disposés à renoncer à tout, pour pouvoir manger les meilleures productions du pays (Es. 1, 19).

Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée à deux tranchants ; elle désigne à notre conscience quels sont nos ennemis, et nous les mangeons comme une bouchée de pain.