La liberté de Christ et l’esclavage du péché dans les églises

novembre 1931

La liberté de Christ et l’esclavage du péché dans les églises

Christ nous a appelés à la liberté. Ga. 5, 1. C’est bon et béni d’être libre. Christ nous affranchit, mais le péché nous lie. L’Esprit de Jésus-Christ nous amène à trouver les liens qui nous lient, et si nous reconnaissons et confessons alors notre péché, nous devenons réellement libres. L’affection de l’Esprit, c’est toujours la vie et la paix, toujours la délivrance, toujours la victoire, la consolation et la joie. Restez donc fermes dans cette liberté, et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage, ni du péché, ni d’hommes que le péché domine. Nous avons un seul Seigneur et roi, c’est notre Seigneur Jésus-Christ. Tout ministère apostolique, tout ministère de docteur ou de berger, toute parole prophétique, doivent, quand ils sont divins, aller dans le sens de la délivrance du péché. Ils doivent amener l’homme à la communion des saints. C’est aussi de cette manière-là qu’on peut éprouver les esprits. Mais qui donc est en mesure d’éprouver les esprits s’il n’est pas libre lui-même ? Ce n’est que si je suis affranchi du péché que je peux juger de ma position. Aussi longtemps que nous sommes sous l’emprise du péché, nous avons besoin d’aide pour en sortir. Mais qui peut réellement apporter de l’aide pour cela ? Nous savons que le sacrifice unique de Jésus nous délivre du péché ; mais où se trouvent les collaborateurs de Christ, ceux qui, comme un d’entre les mille, sont capables de conduire l’homme sur la bonne voie, pour qu’il ne soit pas une fois après l’autre replacé sous le joug du péché et d’hommes qui cherchent tous leur propre intérêt ? Job 33, 23. Il y a beaucoup de brebis qui cherchent de la nourriture, mais où sont les bergers ? Où sont les pâturages ?

« La parole fut adressée à Jérémie de la part de l’Éternel, pour que le roi Sédécias publie la liberté pour tout le peuple de Jérusalem, afin que chacun renvoie libres son esclave et sa servante, l’Hébreu et la femme de l’Hébreu, et que personne ne tienne plus dans la servitude le Juif, son frère.

Tous les chefs et tout le peuple, qui étaient entrés dans le pacte, s’engagèrent à renvoyer libres chacun son esclave et sa servante, afin de ne plus les tenir dans la servitude ; ils obéirent, et les renvoyèrent.

Mais ensuite ils changèrent d’avis ; ils reprirent les esclaves et les servantes qu’ils avaient affranchis, et les forcèrent à redevenir esclaves et servantes. » Jé. 34.

Cela montre tellement bien ce qu’est l’homme. Aussi longtemps que c’est le réveil, aussi longtemps que le Seigneur est puissamment à l’œuvre avec sa grâce, on est bien disposé, on affranchit, on apporte les sacrifices, on s’écrie Alléluia, on parle en langues et on prophétise. Mais quand viennent les temps d’épreuve, chacun reprend ses anciens esclaves et servantes. On reprend contact avec ses anciens péchés et ses anciennes habitudes, c’en est fini de la liberté et de l’affranchissement. On est redevenu le vieux pécheur endurci enduit d’une couche de religiosité, on est redevenu le vieil avare qui dit toujours : Donne, donne, et qui a besoin de grâce à cause de toute cette impiété. C’est pour cela qu’ils ne supportent pas d’entendre la moindre vérité, il ne leur faut que la grâce. Et de nos jours comme à l’époque, leurs consolateurs spirituels représentent la majorité écrasante des prédicateurs. Mais que dit le Seigneur ? Vous ne m’avez point obéi, en publiant la liberté chacun pour son frère, chacun pour son prochain. Voici, je publie contre vous, dit l’Éternel, la liberté de l’épée, de la peste et de la famine, et je vous rendrai un objet d’effroi pour tous les royaumes de la terre. Verset 17.

C’est ainsi qu’agit le Seigneur quand on ne lui obéit pas. Ce sont là les lois de l’Esprit ; car le Seigneur, c’est l’Esprit. Il n’agit pas seulement de cette manière à Jérusalem et avec les Juifs ; il traite de la même manière toutes les nations de la terre.

Dans le numéro de « For Fattig og Rik »54 du 20/9 de cette année, le pasteur Fredrik Wisløff raconte beaucoup de choses sur la situation en Amérique, à quel point la déchéance est grande dans les églises. « Devant une église épiscopale à Brooklyn, il y a deux panneaux juste avant Noël, l’un annonçant la Sainte Cène, l’autre invitant à la danse. Une porte donne accès à l’église, une autre à la salle de danse. » W. est entré pour examiner la chose de plus près. « La danse battait son plein ! Il y avait plein de jeunes couples sur le parquet. Des dames en robes de bal, conformes à la dernière mode ! L’orchestre était l’un des ‘meilleurs’ de Brooklyn, jouant une musique de jazz bruyante et aguichante : batterie, saxophone, clarinette, etc. De temps en temps, les gens accompagnaient la musique en entonnant des chansons. Tout cela était diffusé à la radio.

Le dirigeant a sifflé pour demander le silence. Il a annoncé la danse suivante. Et ainsi de suite. Il n’y avait presque que des jeunes. Un homme plus âgé collectait les billets. Deux dames plus âgées faisaient cuire des saucisses dans la cuisine. À part eux, il n’y avait que des jeunes. Une affiche annonçait : Hot Dogs 10 c. Hot Dogs, c’est le nom qu’on donne aux saucisses chaudes.

Il y a eu une petite pause. On a sorti les cigarettes. Mais c’était juste un petit répit. Après, on s’est remis à la danse.

Le dirigeant a alors proposé qu’on éteigne les lumières. Applaudissements. On éteint donc les lampes colorées au plafond, et on allume une lampe près de la porte, qui change sans cesse de couleur : rouge, vert, violet, etc. Cela produit des jeux de lumière sur les vêtements des dames, quand celles-ci passent au centre de la pièce en dansant. Pour le reste, la salle est plongée dans l’obscurité complète.

Un jeune couple est assis en face de nous. Elle s’installe sur ses genoux. Les recoins sont sombres. Nous nous levons, nous prenons nos pardessus et nous partons. Nous en avons assez ! Nous nous sentons vides, blessés et en colère. » Le pasteur Fr. W. continue :

« Ce soir-là, je me suis mis à genoux au bord de mon lit et j’ai fait une prière fervente pour ‘l’église chrétienne’. Je me souviens de la parole de l’abomination de la destruction dans le lieu saint. Je me souviens de l’image affreuse de ‘la grande prostituée’ qui se trouve dans notre Bible. Je l’avais maintenant vue de manière plus horrible que jamais auparavant. »

Quand les prêtres acceptent ces danses et ces soirées saucisses, dont le bénéfice va dans la caisse de « la cause de Dieu », on peut s’imaginer à quel point l’obscurité règne. Les affaires tournent et on « laisse faire ».

Mais n’en a-t-il pas été de même à toutes les époques ? Ézéchiel dit au chapitre 22 : « Ses sacrificateurs violent ma loi et profanent mes sanctuaires, ils ne distinguent pas ce qui est saint de ce qui est profane, ils ne font pas connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur, ils détournent les yeux de mes sabbats, et je suis profané au milieu d’eux.

Ses prophètes ont pour eux des enduits de plâtre, de vaines visions, des oracles menteurs ; ils disent : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel ! Et l’Éternel ne leur a point parlé.

Le peuple du pays se livre à la violence, commet des rapines, opprime le malheureux et l’indigent.

Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en trouve point. »

Oui, les sanctuaires de Dieu sont en vérité profanés de nos jours. On n’a pas besoin d’aller en Amérique pour s’en rendre compte. Où se trouvent les pasteurs qui apprennent au peuple à distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ce qui est impur de ce qui est pur, qui se tiennent à la brèche devant la face de Dieu ? Il en va de même qu’aux jours d’Ézéchiel : « Je répandrai sur eux ma fureur, je les consumerai par le feu de ma colère, je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, dit le Seigneur, l’Éternel. » Verset 31.

Il est bon de s’en tenir à la parole de l’Éternel et de ne s’en détourner ni à droite, ni à gauche.

De nos jours, on enseigne au peuple qu’il est juste de faire la volonté de Dieu. Mais si quelqu’un fait la volonté de Dieu et qu’il est de ce fait complètement chamboulé, on dit tout de suite : Cet homme est fou. Aussi bien le pasteur que le prophète sont d’accord sur ce point. La parole de Dieu et la volonté de Dieu transforment l’homme ; toutes choses deviennent nouvelles. Les anciennes choses sont passées. Mais en fait le pasteur et le prophète trouvent tous les deux que les vieilles choses étaient très bonnes et que les nouvelles choses sont complètement insensées. N’est-ce pas une preuve puissante de ce que la « voie de Dieu » est complètement cachée ? Le salaire et les collectes sont beaucoup plus précieux que le chemin qui est la route nouvelle et vivante et qui passe au travers du voile, qui est sa chair. L’homme naturel ne peut pas faire des études pour devenir sacrificateur. On le devient en naissant de nouveau, comme Pierre le dit :

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Des pasteurs qui ne seraient pas passés des ténèbres à son admirable lumière ne peuvent pas annoncer les vertus de Christ, et de ce fait ils ne sont pas non plus des sacrificateurs de Dieu, même s’ils ont été embauchés par le peuple. Un sacrificateur doit avoir quelque chose à sacrifier. Ce qui doit être sacrifié de nos jours se trouve dans le corps, et comment pourrait-on sacrifier quelque chose dans le corps si on ne peut pas s’affranchir du péché en dehors du corps ? 1 Co. 6, 18.

Notre « Sainte Église », comme on dit, ne peut venir au secours de personne ; elle ne peut même pas se sauver elle-même de cette désolation. Les initiatives personnelles sont bien plus efficaces que les pasteurs ou les institutions ecclésiastiques. Il faut en effet que chacun veille à s’emparer avec violence du royaume des Cieux. On ne peut pas s’attendre à recevoir de l’aide pour cela de la part des pasteurs ou des églises.