Réponse à « Korsets Seir »

avril 1930

Réponse à « Korsets Seir »

Numéro du 5 avril courant

Le pasteur Barratt prétend – sans preuve – que notre doctrine est sans aucun doute l’une des plus dangereuses qu’on ait vue à notre époque au sujet de Jésus, et qu’elle est purement et simplement une déformation de la Parole pure de Dieu. C’est pourquoi une responsabilité pèse sur lui, et il met en garde contre la façon de penser dont nous sommes à l’origine.

Le pasteur B. est devenu un grand homme dans notre pays, et son journal a certainement de quoi émouvoir l’esprit de personnes non éclairées, si bien qu’on peut apparemment avoir l’impression qu’il lui serait facile d’écraser notre petit groupe et notre modeste travail. Il n’a qu’à le faire, si seulement il y arrive ; car nous aimons la vérité et la justice, même si elles viennent du pasteur B.

Mais venons-en maintenant aux faits :

Le pasteur B. dit que Jésus était comme Adam avant la chute. Où trouve-t-on cela dans la Bible ? La postérité de la femme devait écraser la tête du serpent, Ge. 3, 15, et il est notoire qu’Adam et Ève ont eu leur premier-né (Caïn) après la chute. Ge. 4, 1. Ayez l’obligeance de vous expliquer plus précisément à ce sujet, pour que nous puissions corriger notre doctrine erronée. Adam avant la chute était nu et il n’en avait pas honte. Comment se fait-il alors que Jésus ait porté une tunique ? Avait-il honte ? Adam avant la chute ne connaissait pas la différence entre le bien et le mal. Ge. 3, 22. Est-ce que Jésus ne connaissait pas non plus la différence entre le bien et le mal, puisqu’il était comme Adam avant la chute ? Vous êtes enseignant, eh bien enseignez-nous maintenant. Vous avez affaire à des élèves bien disposés et nous voulons volontiers vous donner raison.

Vous vous référez au savant docteur Campel Morgan et au docteur Whedon (théologien méthodiste). Où est-il écrit dans la Bible que nous devons consulter les savants pour être convaincus de la vérité ? Répondez donc, de façon que nous ayons des lignes claires. Dans ma Bible, il est dit que l’Esprit de Vérité nous conduira dans toute la vérité. Jn. 16, 13.

Vous dites que le premier Adam était parfait, tout comme le second Adam. Dans ces conditions, ayez l’obligeance d’expliquer comment il se fait que le 1er Adam pouvait ne pas avoir la connaissance du bien et du mal et comment il se fait que le second Adam ait appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. Hé. 5, 8. Expliquez-vous exactement, car cela nous intéresse beaucoup !

Vous dites que nous employons Ro. 8, 3 d’une manière erronée pour étayer notre théorie. Dieu a envoyé son Fils dans une chair semblable à celle du péché, pas dans une chair pécheresse. Qu’on nous permette de poser la question : où le péché a-t-il été condamné ? Est-ce dans une chair semblable à celle du péché ? Car il est notoire qu’il a été condamné dans la chair, et c’est sûrement le point essentiel. Ayez l’obligeance de répondre d’une façon simple et compréhensible !

Jésus était-il souverain sacrificateur pendant qu’il vivait ici sur la terre, ou a-t-il été fait souverain sacrificateur après sa mort et sa résurrection ? Vos explications ne sont pas claires sur ce point. Ayez l’obligeance de nous dire s’il était séparé des pécheurs et élevé au-dessus des cieux dans les jours de sa chair, puisque, selon l’Écriture, il a été rendu de peu inférieur aux anges.

Il me semble que le pasteur B. a du mal à faire une distinction entre « le corps de la chair » Col. 2, 11, et « le corps du péché ». Ro. 6, 6. Il y a quelque temps, les frères Storm-Monsen ont consolé le pasteur B. en affirmant que le corps du péché a été « expulsé » et ils ont fait à cet égard référence à Col. 2, 11. B. a ensuite repris cet article dans son journal en le mettant bien en vue pour trouver de la consolation et de l’aide quant aux contradictions qui existent dans sa propre assemblée. Cela montre clairement que Storm-Monsen et Barratt sont très ignorants à l’égard de ces choses. Je crois que cela ferait le plus grand bien à ces messieurs de suivre quelques études bibliques dans le petit groupe qui se réunit à la Maison des Sports, et d’y apprendre à faire une distinction entre le corps du péché, le corps de la chair et le corps de mort.

Au fil des années, j’ai lu de temps à autre les théories sur la sainteté du pasteur Barratt, mais j’ai toujours trouvé que les explications qu’il donne sont confuses. Dans une brochure du pasteur B. intitulée

Que croient les « Pentecôtistes » ?

lit-on à la page 7 : « La purification intérieure se fait comme une œuvre soudaine de la grâce, par le Saint-Esprit, le feu de Dieu tombe sur le sacrifice, consume le péché dans notre être intérieur, nous purifie “totalement” (1 Th. 5, 23, 24) et répand l’amour de Dieu dans nos cœurs. » Ro. 5.

C’est donc cela que les Pentecôtistes croient. Mais comment le mettent-ils en pratique ? Est-ce que toute la cupidité et tout l’amour de l’argent ont désormais été consumés ? Est-ce que l’acception de personnes a disparu du pasteur B. et de tous les autres ? Est-ce que toute mendicité directe et indirecte est éliminée ? On n’a plus envie de se faire offrir une voiture de loisir par les pauvres malheureux de l’assemblée. Les voyages coûteux à l’est et à l’ouest ont complètement cessé. On a pris nettement conscience qu’il ne faut pas exercer une contrainte sur la veuve et les orphelins. Le péché qui est à l’intérieur a été consumé et l’amour de Dieu règne dans une mesure telle que la femme est soumise à son mari, que le plus grand est comme le plus petit. On n’a jamais besoin d’appeler la police à la rescousse, car le péché a disparu, et on n’a pas besoin de serviteurs dans ce monde, car l’amour qui supporte tout est la puissance dominante. Plus personne ne tombe dans l’adultère, car ce genre de convoitises a été ôté. L’esprit de parti n’existe plus.

Si c’est ainsi que le pasteur B. et les Pentecôtistes vivent et pratiquent leur doctrine de la sainteté, moi-même et tout le groupe de la Maison des Sports, nous nous réconcilierons immédiatement avec nos chers amis d’en face39. Mais s’il se trouve que nous avons découvert tout à fait autre chose, excusez-nous de garder nos distances.

À la page 6, il est écrit : « Le péché qui habite en nous et “l’affection de la chair” sont supprimés (Ro. 8, 4-9), et “le vieil homme” n’est pas seulement lié, il est même expulsé ! »

Le pasteur B. ne fait pas de différence entre le fait d’avoir du péché et celui de commettre le péché. La Bible dit : Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. 1 Jn. 1, 8.

Barratt n’ayant plus de péché dans sa chair, il doit par conséquent être séduit. En lui, la chair n’a plus de désirs contraires à ceux de l’Esprit et l’Esprit n’a plus de désirs contraires à ceux de la chair. Nous voyons dans sa doctrine de la sainteté « La sanctification », page 9, que « la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit » – et règne dans tous ceux qui sont charnels. On a l’impression, après cela, que le pasteur B. pense que celui qui a reçu le Saint-Esprit n’a pas une chair qui a des désirs contraires à ceux de l’Esprit.

Si le pasteur Barratt est lui-même aussi embrouillé dans sa doctrine de la sainteté, et qu’il est de notoriété publique que les Pentecôtistes qui sont avec lui ne l’approuvent pas, comment un tel homme peut-il avoir l’audace d’enseigner et de corriger d’autres assemblées ? Il sent une responsabilité, dit-il. Je peux dire au pasteur B. que Dieu ne l’a jamais chargé d’une responsabilité dans des domaines où il tourne lui-même en rond en vacillant dans les ténèbres. Nous aussi, nous avons entendu ce que l’Esprit dit à l’Église. On peut simplement s’étonner que les Pentecôtistes de Norvège se laissent conduire par un homme qui a des idées aussi fantaisistes au sujet de la sainteté.