Le premier amour. Le conseil de Dieu au fond du cœur
Mais j’ai contre toi que tu as abandonné ton premier amour. Ap. 2, 4.
Qu’est-ce que le premier amour ? Ne serait-ce pas le fait d’aimer entendre la voix de son bien-aimé ? Qu’on fait volontiers la volonté de son bien-aimé, et qu’on participe avec joie au conseil secret du bien-aimé ? Si ce n’était pas cela, que serait le premier amour ?
L’ange de l’église d’Éphèse avait abandonné son premier amour. Il ne participait plus au conseil du Très-Haut et il ne se réjouissait plus comme avant d’entendre la voix de son époux. C’est la raison pour laquelle ses dernières œuvres n’étaient pas comme les premières. Il a été prévenu que s’il continuait de la sorte, sans se convertir, Dieu écarterait son chandelier de sa place. Jésus se trouvait au milieu des sept chandeliers d’or. Ap. 1, 13. Le chandelier, c’est-à-dire l’assemblée, était donc à sa place devant la face de Christ. Si l’ange de l’église ne voulait pas se repentir et pratiquer ses premières œuvres, Dieu allait éloigner son chandelier de devant sa face pour y placer un autre ange et une autre église, qui seraient plus dignes d’être avec les six autres chandeliers.
N’y a-t-il pas aussi de nos jours des assemblées et des anges d’églises qui se trouvaient autrefois devant la face de Christ, mais dont le chandelier a maintenant été déplacé, parce qu’ils n’ont pas écouté la voix de l’Esprit au plus profond de leur cœur ? D’autres anges d’églises et d’autres assemblées ont pris leur place, et tout en gardant quelques souvenirs fanés de la gloire et de la lumière qu’on avait un jour, on est alors plein de haine et de jalousie contre l’assemblée qui a pris la place qu’on avait occupée jusque-là, et on lui fait la guerre. C’est la haine de Saül à l’égard de David qui se répète, car il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
L’ange de l’église d’Éphèse avait beaucoup de bons côtés, mais avec le temps, il s’était consacré plus à l’église qu’à Jésus-Christ lui-même. C’est très vite fait, étant donné que l’église n’est pas toujours aussi spirituelle qu’elle devrait l’être. C’est pour la même raison que Jésus a demandé à Pierre, avant de lui confier la tâche de berger dans l’assemblée : M’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? Tout serviteur dans l’assemblée doit pouvoir répondre dans son cœur : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime plus que ceux-ci. Si ce n’est pas le cas, l’oreille peut devenir plus ou moins sourde à la voix de Jésus-Christ, et devenir à l’inverse très attentive aux exigences de l’église. Il en résulte que Jésus reste à l’extérieur de l’assemblée, comme à Laodicée, où il est dit qu’il se tenait à la porte et qu’il frappait. Ap. 3, 20.
Quand l’ange de l’église (son défenseur, son porte-parole, son dirigeant) abandonne le premier amour, c’est qu’il est saisi par autre chose que l’amour pour Christ. Les « affaires » religieuses qu’il brasse lui montent à la tête, et il en résulte l’acception de personnes, l’amour des richesses, etc. Ce sont les capacités financières des uns et des autres qui sont alors mises en avant. Cette façon de faire acception de personnes aboutit habituellement à un triste clivage au beau milieu de l’assemblée : Il s’y forme une sorte de quartier « populaire » pour les pauvres, et un quartier « résidentiel » pour ceux qui sont grands aux yeux du monde. On a un Londres-Est et un West-End. Quand on en est arrivé là, c’est la preuve que le chandelier (l’assemblée) a été ôté de sa place, et la corruption sous toutes ses formes commence immédiatement à s’y développer, sous forme de jalousie, envie, querelles, etc. On a laissé entrer le destructeur dans l’assemblée. Manassé dévore Éphraïm et Éphraïm dévore Manassé, et ils fondent ensemble sur Juda. On taille à droite et on a faim. On dévore à gauche et on n’est pas rassasié. És. 9, 20-21. Le lien qu’on avait eu par le Saint-Esprit est rompu, il n’y a pas de vision (de révélation divine), et le peuple est sans frein. Pr. 29, 18. Et ce n’est pas par des paroles qu’on corrige un esclave. V. 19. Tout cela ressemble à la confusion qui a eu lieu à Babel, et on ne peut pas guérir Babel ! On a abandonné le premier amour et on n’a gardé que les dons de la grâce, mais les révélations de l’Esprit et la vision divine ont disparu depuis longtemps.
Repens-toi donc et fais les premières œuvres, avant que le chandelier ne soit déplacé, car une fois que cela a eu lieu, il n’y a plus d’espoir pour une telle assemblée de pouvoir jamais parvenir à la pleine lumière. Les individus peuvent être sauvés en quittant cette assemblée, dont le chandelier a été déplacé, pour se joindre à une assemblée qui demeure dans le premier amour.
Pour revenir au premier amour, il faut revenir à la simplicité qu’on avait au commencement. Et c’est en observant ses commandements que nous démontrons que nous possédons notre premier amour. Mais pour observer ses commandements, il faut entendre sa voix, car la foi vient de ce qu’on entend. Il nous faut donc revenir à l’amour pour la voix de l’époux – la Parole de Dieu – au plus profond du cœur. Car la Parole de Dieu juge les sentiments et les pensées du cœur. Hé. 4, 12. Dans ce faible commencement, nous avons la possibilité de juger nos propres sentiments et nos propres pensées, pour que les pensées de Dieu et ses sentiments puissent avoir accès à notre cœur. La fidélité envers la voix de Dieu au plus profond du cœur est l’artère divine qui transmet la force et la lumière à l’assemblée de Dieu. Si cette communication s’interrompt, il en résulte la mort et la ruine. C’est là que se trouve l’autel, le juge et le jugement. C’est de cet autel que jaillit le torrent de la bénédiction, pour irriguer le peuple et apporter la vie et le rafraîchissement spirituels. Les fruits du premier amour se développent dans toute l’assemblée. C’est la raison pour laquelle il est absolument vital pour l’assemblée que ses oreilles soient ouvertes pour entendre ce que l’Esprit dit à l’Église.
As-tu écouté les secrets de Dieu ? As-tu subtilisé la sagesse à ton profit ? Job 15, 8. Si une assemblée n’a pas de représentants dans le conseil secret du Très-Haut, elle est condamnée à mourir, quelle que soit sa richesse financière et quel que soit le nombre de ses membres.
David bénissait l’Éternel, qui était son conseiller Ps. 16, 7. Le conseil de l’Éternel subsiste à toujours Ps. 33, 11. Il ne sert à rien de vouloir combattre le conseil de l’Éternel, et on ne peut jamais avoir le dessus sur les témoins du Seigneur, qui reçoivent leurs ordres de son conseil béni.
Une vie vécue dans le conseil de Dieu est une vie vécue dans le premier amour. Tu me conduis par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire. Ps. 73, 24. Nous comprenons par là que ce sont les hommes qui se laissent conduire par le conseil de Dieu qui sont reçus dans la gloire. Dieu est terrible dans la grande assemblée des saints (le conseil secret des saints, autre trad.), il est redoutable pour tous ceux qui l’entourent. Ps. 89, 8.
Si donc on rejette les conseils de Dieu et qu’on ne veut pas de ses réprimandes, l’Éternel rira quand on sera dans le malheur et il se moquera quand viendra la terreur. Pr. 1, 24 et versets suivants.
Il y a dans le cœur de l’homme beaucoup de pensées, mais c’est le dessein (le conseil) de l’Éternel qui s’accomplira. Pr. 19, 21.
Tous ces passages nous montrent que si on abandonne le conseil de l’Éternel, on abandonne le premier amour. C’est une loi à laquelle nul ne peut échapper, ni individuellement, ni en tant qu’assemblée. Les lois de l’Esprit demeurent éternellement, et on apprend à les connaître en ayant une oreille attentive et par l’obéissance de la foi. Si on se réfère sans cesse à un puissant réveil qui a eu lieu il y a de nombreuses années, en rappelant les bénédictions qu’on a reçues à l’époque, on ne fait que se tromper, si on n’entend pas la voix de Dieu aujourd’hui et qu’on ne fait pas partie de son conseil secret. Car Christ est vivant pour intercéder sans cesse pour nous, pour nous parler sans cesse, et pour toujours nous conduire dans toute la vérité.
L’apôtre Paul n’a rien dissimulé, mais a annoncé tout le dessein (le conseil) de Dieu à l’assemblée d’Éphèse. Ac. 20, 27.
C’est l’étalon qui doit servir de référence à tout serviteur de Dieu pour savoir s’il est en mesure d’être trouvé fidèle au jour de l’épreuve. Si c’est le cas, il sera aussi en mesure de dire : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ. »
Les assemblées de Dieu soupirent après de tels serviteurs.