Affermir sa vocation et son élection

février 1929

Affermir sa vocation et son élection

C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection. 2 Pi. 1, 10.

Tout homme a une vocation spéciale et une élection spécifique. De même qu’il y a beaucoup de membres dans un même corps, il y a aussi beaucoup de vocations dans le même corps. Mais ils peuvent tous croître en celui qui est la tête – Christ. Un enfant de chœur à la campagne peut tout aussi bien croître en celui qui est la tête qu’un évêque en ville, et une servante aussi rapidement que sa maîtresse. Cela ne dépend que de l’obéissance de la foi. Mais il nous faut maintenant comprendre clairement de quelle manière nous pouvons affermir notre vocation et notre élection. Nous sommes certainement tous d’accord que sur ce point aussi, Jésus a été le Maître, de qui nous pouvons tous apprendre.

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom. » Ph. 2, 5-9.

Le chemin pour affermir sa vocation et son élection passe donc par le fait de s’humilier soi-même. Quel que soit l’état dans lequel on est ou la position qu’on occupe, il est possible de s’humilier. Tous les efforts pour s’élever contribuent donc à détruire l’œuvre de Dieu. Ce n’est pas dangereux que l’on se mette à chanter pour nous faire taire à une réunion, comme l’ont fait des personnes stupides envers le missionnaire qui priait, John Nelson Hyde35. Cet homme de Dieu s’est contenté de se taire, et quand plusieurs personnes ont été scandalisées de ce qu’on l’ait traité de cette manière, il s’est contenté d’excuser ceux qui l’avaient traité de la sorte. Il n’y a pas non plus quelque raison que ce soit d’aspirer à être le dirigeant d’une assemblée, si la meilleure manière pour moi d’affermir ma vocation et mon élection est de m’asseoir tout au fond. Notre responsabilité est de descendre le plus bas possible. C’est l’affaire de Dieu de nous élever en son temps. Tous les serviteurs de Dieu ont compris le mystère de s’abaisser. Paul dit : « Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. » Ph. 3, 7-8. L’apôtre souligne ici que toute autre connaissance constituait un obstacle à la connaissance de Jésus-Christ. Combien c’est alors ridicule quand on expose si joliment à ses auditeurs, depuis le pupitre, la liste de tous les examens qu’on a passés. Nous avons besoin de passer un examen en obéissance et en foi, en abaissement de soi-même, dans le fait d’oublier ce qui est en arrière. Quand Dieu finit par nous élever, il le fait à sa manière merveilleuse, pour rendre confus ceux qui pensent être quelque chose. Il a procédé de cette manière au fil de tous les âges et de toutes les générations. La mère de Jésus avait une opinion modeste d’elle-même, et elle avait prêté attention à la manière dont Dieu traitait les orgueilleux. Nous le voyons par ce qu’elle dit elle-même : « Le Seigneur a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse. Il a déployé la force de son bras ; il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses. Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide. » Luc 1. Voici une nouvelle preuve que la vocation et l’élection passent par le fait de s’humilier. « Il conduit les humbles dans la justice, il enseigne aux humbles sa voie. » Ps. 25, 9. « L’humilité précède la gloire. » Pr. 15, 33. Jésus est descendu jusqu’aux régions inférieures de la terre. C’est justement à cause de cela que les personnes les plus misérables louent son nom, car son esprit béni est à l’œuvre au milieu d’elles.

Hé. 12, 3. Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs (c’est-à-dire des dirigeants du peuple, leur souverain sacrificateur et leurs sacrificateurs, ainsi que tous les autres qui ont écouté leurs dirigeants, ou plutôt ceux qui les fourvoyaient).

Là où cette vie de Christ se manifeste en chair, elle doit encore de nos jours supporter l’opposition des pécheurs. Mais cela contribue aussi à affermir notre vocation et notre élection ; car le temps viendra où le Seigneur mettra tout sens dessus dessous, de sorte que ce qui est admiré sera méprisé et ce qui est méprisé sera admiré. Ils regarderont alors avec effroi celui qu’ils ont transpercé.