La conférence du Jour de prière

décembre 1929

La conférence du Jour de prière

Je crois que nous avons tous tiré un riche profit de la conférence. Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de conférences à différents endroits ; nous étions donc contents qu’il y ait quand même autant de monde qui soit venu. Le fr. E. Skogsrud et ses trois enfants adultes étaient présents. Ils forment un très bon quatuor et ne se sont pas ménagés. Le fr. Edw. Johnson, qui a été musicien dans l’armée américaine pendant 30 ans environ, était aussi présent. Dieu nous a enrichis de manière étonnante de forces musicales remarquables. Nous n’avions aucune compétence pour chercher de la bonne musique et de bons chants, puisque nous avons exclusivement pris à cœur d’annoncer la parole de Dieu. Mais Dieu, qui sait de quoi une assemblée a besoin, a pris soin de l’ensemble. C’est pourquoi nous lui rendons gloire pour tout.

Comme d’habitude, nous avons eu des réunions le matin et l’après-midi, ainsi que de la musique et des entretiens bien au-delà de l’heure à laquelle on s’endort habituellement. Le samedi de 22 h 30 à 23 h 00, le fr. Aslaksen a réuni les jeunes frères dans le réfectoire pour un « examen de qualification théologique », comme il l’a appelé. Tous étaient munis de papier et d’un crayon, et avaient une demi-heure pour écrire tout ce qu’ils avaient à dire sur « le jugement ». Vous pourrez lire à la suite dans ce numéro les meilleures contributions des uns et des autres sur ce thème du « jugement ».

Il est bon pour des frères de demeurer ensemble, et c’est béni de se rencontrer aux conférences. Même si on ne dit rien, rien que le fait de se voir fait du bien. Mais venons-en aux témoignages :

* * *

J. O. S. Hé. 9, 11-14. Il y a des biens à venir que nous pouvons nous approprier. En suivant notre Maître, nous comprenons des choses qui ne sont pas de ce monde, et que nous ignorions complètement auparavant.

C’était l’affaire du Père de mener le Fils aux biens à venir. Le Fils ne pouvait rien faire de lui-même. Par amour pour Jésus-Christ, nous cherchons à devenir le plus possible semblables à lui. Il n’y a pas d’occasion de chute en celui qui fait quelque chose par amour. 1 Jn. 2, 10. Nous non plus ne pouvons rien faire de nous-mêmes. Ce que le Père faisait, le Fils le faisait de même. C’était l’amour qui le poussait. Mais les magiciens égyptiens ont essayé d’imiter Moïse parce qu’ils voulaient être aussi grands et aussi bons que lui. C’est notre responsabilité de vouloir ressembler à Jésus parce que nous l’aimons et parce que nous comprenons que ça vaut la peine de vivre une telle vie. Il ne recherchait que l’honneur du Père ; mais les magiciens recherchaient leur propre honneur. Celui qui fait quelque chose de lui-même pour être estimé, ne cherche pas la volonté et l’honneur de Dieu. Tout comme le Père a la vie en lui-même, il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il a la vie en lui-même pour nous rendre vivants ; car il rend vivant qui il veut.

La vie s’approche de nous par le châtiment ; retiens-le donc, car c’est ta vie. La Parole juge, châtie, exhorte et vivifie. Ayons donc des cœurs ouverts et des oreilles ouvertes !

Le but est donc d’avoir la vie en soi. Mais comment le Fils a-t-il eu la vie en lui-même ? En s’humiliant, en reconnaissant ce qui était humain et dont il s’était revêtu à cause de nous. Cela l’a conduit jusqu’à la mort, et ensuite est venue la vie. Il a enduré la mort selon la chair et a été rendu vivant quant à l’esprit. Le Fils de l’homme a engagé le combat contre sa propre chair et a ainsi condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3. Il a suivi le chemin de la croix, et c’est sur ce chemin que nous aussi, nous pouvons remporter la victoire. Satan n’a pas pu accomplir sa volonté dans la chair de Jésus, et ce dernier a donné sa chair pour la vie du monde, pour que Satan perde aussi le pouvoir sur notre chair.

Du temps de Jésus, peu nombreux étaient ceux qui voulaient le suivre. La chair, qui cherche toujours son propre intérêt, ne voulait pas lâcher son butin. Et quand Jésus a témoigné de renoncer à tout dans ce monde, ils ont été très irrités et ils ont demandé qu’on libère Barrabas.

Suivre Jésus sur le chemin qu’il a frayé, cela signifie avoir une vie crucifiée, au travers de la chair et à l’opposé de ma propre volonté. On ne l’a pas supporté à l’époque, et on ne le supporte pas non plus de nos jours.

Dans la première alliance, il y avait une tente avec deux parties, dont la première renfermait le chandelier et la table et les pains de proposition. Ce sont des choses saintes. Dieu avait ordonné à Moïse de faire tout ce qui lui avait été montré sur la montagne. Et puisque la loi est une ombre des biens à venir, nous trouvons aussi dans la réalité à la fois ce qui est saint et ce qui est très saint, à la fois la tente antérieure et le second voile. Celui qui se contente d’être dans la tente antérieure et qui ne s’empare pas [du royaume de Dieu] avec violence, ne parvient jamais à la seconde tente, au lieu très saint. Il en reste au service à la tente, au pardon des péchés, au chandelier, et aux pains de proposition.

Le second voile est une vie crucifiée. C’est à travers ce voile que Jésus a frayé une route par la croix et la mort de l’homme psychique. Derrière le second voile se trouve l’autel des parfums en or, l’arche de l’alliance, où se trouve un vase d’or avec la manne, la verge d’Aaron qui avait fleuri, et les tables de l’alliance.

Les pains de proposition dans la première tente avaient été cuits par des hommes, alors que la manne dans la seconde tente venait du ciel. Cela représente la différence entre la voix qui parle de la terre et celle qui parle du ciel. Dans la première tente, on n’est pas encore mort aux convoitises dans la chair. Mais quand on pénètre derrière le second voile, la mort de Jésus agit dans notre chair mortelle. La verge d’Aaron, qui fleurit, s’y trouve. C’est de là que [le Seigneur] dirige les choses. Il en va de même des tables de l’alliance, la Parole de Dieu. La nouvelle alliance nous conduit dans le Lieu Très Saint, et c’est Jésus qui est le médiateur de cette alliance. Nous avons un grand souverain sacrificateur pour les biens à venir, et nous naissons au fur et à mesure pour le monde à venir. Satan veut nous en empêcher, mais par la force de Dieu, nous sommes capables d’avancer. Par la foi, nous foulons aux pieds les convoitises, et de ce fait Satan. Si quelqu’un ne vainc pas, c’est parce que des esprits faux ont des points d’attache dans son cœur. Celui qui confesse Christ manifesté en chair est de Dieu, car il a la connaissance de Dieu sur le chemin au travers de la chair, et il comprend la réconciliation dans le corps de sa chair, par la mort. C’est pour la même raison que nous entrons dans le repos par la foi. Il faut croire et obéir à des commandements intérieurs pour pénétrer au travers du voile et entrer dans un repos plus profond.