La patience remporte la victoire

septembre 1928

La patience remporte la victoire

La patience considère la fin d’une chose et ne se laisse pas ébranler par ce qui arrive entre temps. Il y a beaucoup d’exemples d’impatience, mais les exemples de patience sont malheureusement peu nombreux. Lorsqu’Hénoc marchait avec Dieu, sa patience fut mise à rude épreuve. Il est impossible qu’il ait marché avec Dieu sans que cela ait attiré sur lui le mépris du monde mauvais, et il est impossible qu’il ait continué à marcher avec Dieu sans passer par l’école de la vie, avec tous les détails que peut rencontrer un homme dans les tentations de toutes sortes. Dans tout cela, il a remporté la victoire, il est resté debout après avoir tout surmonté, il a continué à marcher avec Dieu, puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit.

Noé était un homme juste et irréprochable parmi ses contemporains. Noé marcha avec Dieu. Ge. 6, 9. Il a construit l’arche selon l’ordre de Dieu, et pendant toutes ces années de construction, ses paroles et ses actes ont été un jugement pour les impies. Mais ce travail à long terme demandait du temps, et le déluge se faisait attendre. Les impies ont eu de multiples occasions de se moquer et de cracher tout leur fiel. Même ceux qui ont aidé Noé à rassembler des poutres et qui ont travaillé à la construction de l’arche étaient sans doute de la main-d’œuvre embauchée pour cela, et ils ne se sont sûrement pas privés d’exprimer régulièrement leur mépris, surtout quand ils voyaient le ciel sans nuages, et que tout suivait son cours habituel. Au milieu de tout cela, Noé marcha avec Dieu. Il avait une alliance avec le Dieu de la patience. Ge. 6, 18. Et le résultat ne fut-il pas qu’il remporta une victoire divine sur tout l’ancien monde ? Un peu d’impatience aurait tout détruit.

Joseph fut haï par ses frères lorsqu’il leur raconta ses deux songes :

  • 1. Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs ; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle. Ses frères lui dirent : Est-ce que tu nous gouverneras ? Et ils le haïrent encore davantage, à cause de ses songes et à cause de ses paroles. Il eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères :
  • 2. Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi.
  • Ses frères eurent de l’envie contre lui, mais son père garda le souvenir de ces choses.

    Ces deux songes furent comme de l’eau vive pour Joseph dans toutes ses afflictions au cours des années qui suivirent. Lorsqu’il fut jeté dans la citerne, il comprit grâce à ses songes que c’était le début des souffrances qui devaient lui procurer le pouvoir que Dieu lui avait promis. Lorsqu’il fut vendu par les marchands du pays de Madian, et qu’il souffrit pendant qu’ils l’emmenaient en Égypte, il se souvint de ses songes et fut patient. Dans la maison de Potiphar, la gloire à venir lui fut rappelée quand il eut toute la maison sous ses ordres. Mais Joseph connaissait Dieu et il comprenait que pour arriver à la dignité qui lui avait été promise dans les songes, il fallait qu’il marche sur la voie de la pureté et de la piété. C’est pourquoi il s’enfuit en courant lorsque la femme de Potiphar le tenta, délaissant ainsi cette gloire passagère, où se trouvait Satan en personne. Il fut jeté en prison, mais il attendit patiemment l’heure du Seigneur. Le chef de la prison lui confia tous les prisonniers, sans vérifier quoi que ce soit, car le Seigneur était avec Joseph, et le Seigneur bénissait tout ce qu’il entreprenait. Tout ce succès au milieu du malheur venait du Seigneur et avertissait Joseph que les songes qu’il avait eus quand il était auprès de son père et de ses frères étaient toujours d’actualité. Il a traversé patiemment cette humiliation, jusqu’au moment où il fut finalement présenté au Pharaon pour qu’il résolve et interprète tous ses songes, après que les magiciens et les sages eurent épuisé toute leur science sans obtenir aucun résultat. Joseph se retrouva alors d’un seul coup à la tête de tout le pays d’Égypte, immédiatement au-dessous du Pharaon. Et ce qu’il y a de curieux, c’est que les songes du Pharaon étaient en harmonie et en rapport avec ceux que Joseph avait eus quand il était un jeune garçon. Lorsqu’il prit possession du pouvoir sur l’ensemble de l’Égypte, qu’il acheta tout le blé, lorsque la famine survint, et qu’il vendit ce blé, jusqu’à ce que les Égyptiens se vendent eux-mêmes comme esclaves au Pharaon, Joseph s’est constamment souvenu des songes de sa jeunesse et il a attendu patiemment le jour où la famine pousserait ses frères à venir se présenter à lui et où ils se prosterneraient devant lui. Ce n’était pas par fierté ni par vanité, mais c’était une révélation divine dont il attendait l’accomplissement. Et après qu’il eut attendu patiemment, le moment arriva, ses frères vinrent acheter du blé, il les fit entrer, et ils se courbèrent et se prosternèrent devant lui. Ge. 43, 27. Mais Joseph n’était pas un maître brutal, il n’avait pas l’intention de se venger. Il était guidé par le Dieu de la patience et il comprenait que s’il avait dû passer par des voies étranges, c’était pour que tout un peuple ait la vie sauve. Comme Joseph était un serviteur du Seigneur, il n’a cependant pas révélé qui il était avant que Juda, en tant que représentant de toute sa parenté, se soit expliqué à titre personnel et au nom de toute sa maison, et qu’il se soit porté garant de la libération de Benjamin, pour que leur vieux père n’entre pas avec tristesse dans la tombe. À ce moment-là, Joseph n’y tint plus, il fit sortir toutes les personnes présentes, et il éclata en sanglots en se faisant connaître à ses frères.

    Joseph a marché avec Dieu, et par sa persévérance et sa patience, il est devenu le sauveur de toute sa famille.

    L’impatience de Caïn a fait de lui le meurtrier de son frère. Ésaü n’avait pas non plus le temps d’attendre, il s’est laissé séduire par le plat de lentilles, et il a vendu son droit d’aînesse. Les frères de Joseph ont perdu patience à l’égard de Joseph, et ont fini par devenir ses esclaves.

    L’impatience du peuple a poussé Moïse à frapper le rocher au lieu de lui parler. Cela eut pour conséquence que Moïse n’eut pas le droit d’entrer dans le pays promis. David, qui était pourtant l’homme selon le cœur de Dieu, perdit patience au moment de la tentation et il pécha contre la femme d’Urie. La plupart des rois d’Israël furent impatients, alors qu’ils auraient dû servir l’Éternel, et ils se sont tournés vers les convoitises charnelles et les idoles. Cela a mené à leur propre ruine et à celle du peuple.

    La foi et la patience vont de pair. En vue de la gloire qui l’attendait, Jésus a souffert patiemment. La patience mène au repos en Dieu et à une œuvre parfaite. L’impatience est de l’orgueil, elle pousse à s’opposer à la patience de Dieu, et cela vient de ce qu’on oublie ses propres péchés.

    L’ange de l’église de Philadelphie a reçu un bon témoignage parce qu’il avait gardé la parole de Dieu qui concerne la patience. C’est pourquoi il a reçu la promesse d’être affranchi de la tribulation qui devait frapper toute la terre pour mettre à l’épreuve tous ceux qui y habitaient. Ap. 3, 10.

    C’est pourquoi, si nous comprenons que cela vaut la peine d’être patients, et que cela nous amènera à régner éternellement avec Christ, exerçons-nous à la patience !

    Combien Dieu fait preuve d’une patience exceptionnelle, lui qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons ! Il comble de bien les hommes qui vivent jour et nuit dans le péché et en directe opposition avec les lois divines. Les lieux de plaisir où règne l’iniquité, et où on se moque de la sagesse de Dieu en se livrant à toutes sortes de transgressions, de même que les fausses religions, ou la persécution des saints – Dieu supporte patiemment la vue de tout cela. Jour et nuit, il tend les bras vers un peuple rebelle. Quelle ne doit pas être notre reconnaissance à l’égard de Dieu qui a été patient avec nous dans toute notre ignorance, notre incrédulité et notre corruption ! Même après que nous avons saisi la foi, combien de manque de sagesse ne doit-il pas supporter de notre part, et combien de bêtises ne doit-il pas tolérer, même chez les plus pieux !

    Il est bien certain que nous avons toutes les raisons de nous exercer à la patience.