La grande réunion pour l’unité

novembre 1928

La grande réunion pour l’unité

Il y avait une grande inimitié entre les Juifs et les païens. Les Juifs se croyaient bien meilleurs que les païens parce que Dieu avait choisi leur peuple de préférence à d’autres. Mais étaient-ils réellement fondamentalement meilleurs ? Oh que non ! Étienne dit à leur sujet : Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers ! Ac. 7, 51-52. Paul dit aussi dans Romains 3 : Il n’y a point de juste, pas même un seul. La loi a été donnée à cause des transgressions.

Qu’ils aient été Juifs ou Grecs, ils traînaient donc avec eux une chair qui était inimitié contre Dieu.

Pour mettre fin à cette inimitié qui existait entre le peuple juif et les païens, et pour poser une base pour la paix entre les peuples et entre les individus, Jésus-Christ a dû revêtir chair et sang. Hé. 2, 14. Cette chair a été clouée sur la croix, et par cette chair, il a anéanti la loi des ordonnances dans ses prescriptions. Les ordonnances et les prescriptions avaient été données pour la chair qui était en inimitié contre Dieu et qui ne pouvait pas se soumettre à la loi de Dieu. Il est clair que lorsque cette chair a été crucifiée, les ordonnances et les prescriptions ont été abolies du même coup. Et l’honneur que les Juifs s’arrogeaient par rapport aux païens, du fait qu’ils pouvaient se glorifier d’avoir reçu une telle loi, a aussi été anéanti. De cette façon, sans avoir aucune raison de se glorifier l’un par rapport à l’autre, les Juifs et les païens ont pu être réconciliés dans un seul Esprit avec Dieu sur la croix, où l’inimitié a été détruite. Il y a eu alors la paix pour ceux qui étaient loin, et la paix pour ceux qui étaient près. Ép. 2, 15 et suivants.

Appliqué dans la pratique à notre époque, cela veut dire que tous les chrétiens peuvent être réconciliés et parvenir à l’unité dans le même Esprit, avec Dieu et les uns avec les autres, s’ils maintiennent la chair sur la croix. N’est-ce pas la chair qui crée des partis ? Et les partis ne sont-ils pas du diable ? Mais si, assurément. Si donc toute chair est mise « sur la croix », les partis – cette multitude d’« ismes », [baptisme, pentecôtisme, etc.] » – disparaîtront. Venons à la grande conférence pour l’unité sous la devise « Toute chair sur la croix ». La paix viendra alors comme un fleuve sur chacun, que nous ayons été loin ou que nous ayons été près.

C’est à la liberté que Christ nous a appelés, mais cela signifie une liberté avec une chair crucifiée. Si on parle de liberté sans être crucifié avec lui, on se trompe soi-même. Car la chair ne peut pas être soumise à la loi de Dieu. Si donc nous sommes exhortés à demeurer fermes, dans la liberté, de sorte à ne pas nous laisser mettre de nouveau sous le joug de la servitude, Ga. 5, 1, cela veut dire que nous devons continuer avec fidélité à demeurer sur la croix et à nous considérer comme morts au péché et vivants pour Dieu. La chair étant dans cette position crucifiée avec lui, nous devenons une seule chair avec lui. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Ép. 5, 31 et 32. Il ressort de cela que l’épouse est une seule chair avec Christ, et que cette chair est sur la croix. C’est pourquoi l’épouse souffre la crucifixion ici dans le monde, ce qui est en accord avec : Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Ga. 5, 24.

Sur cette croix, nous pouvons vivre par l’Esprit et marcher selon l’Esprit. Ga. 5, 25. Et nous avons accès auprès du Père dans un même Esprit. Ép. 2, 18. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est dit de Jésus qu’il est mort selon la chair, mais qu’il a été rendu vivant quant à l’Esprit. Car ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. Hé. 2, 18.

Que nous soyons Juifs ou Grecs, noirs ou blancs, pauvres ou riches, catholiques ou protestants, nous pouvons tous parvenir à une pleine unité avec Christ sur la croix ; car l’inimitié y est détruite. Nous pouvons nous y rencontrer dans un seul Esprit et un seul corps. Il n’est pas question ici de savoir qui est le plus grand ; car le plus grand de tous est le serviteur de tous et le plus grand est comme le plus petit. Quiconque est fatigué de lui-même et de sa chair, et qui est fatigué d’être esclave de la chair d’autres personnes, est invité à cette réunion pour l’unité. Glorieuse liberté !