Âme et esprit

octobre 1927

Âme et esprit

Auteur : Jessie Penn-Lewis – Mis en forme par J. O. S.
Comment l’homme psychique devient spirituel

Mais la question qui se pose, c’est de savoir comment le croyant peut quitter l’état « psychique », de manière à devenir un homme actif et « spirituel ». Fausset écrit que « l’homme spirituel » est un homme qui est connu parmi ses compagnons de route comme quelqu’un que l’Esprit dirige. Et cette « pulsion de l’Esprit » ne signifie pas simplement que l’Esprit de Dieu domine la chair ou l’homme psychique, mais que l’esprit humain régénéré a été rendu plus fort que l’âme et le corps, si bien qu’il domine sur les deux, du fait qu’il est fortifié par l’Esprit de Dieu qui habite en lui, conformément à la prière de Paul pour les Éphésiens, selon laquelle ils devaient être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur.

Un « homme spirituel » est un homme qui « marche selon l’Esprit » et dont l’entendement comprend l’Esprit. De cette façon, l’esprit humain collabore avec le Saint-Esprit, si bien que l’esprit vivifiant du deuxième Adam devient capable d’affranchir et d’animer entièrement toutes les facultés de l’âme, c’est-à-dire l’entendement, l’imagination, la réflexion et le discernement. Les membres du corps (Ro. 8, 11) sont soumis à la direction de l’Esprit, de sorte que Dieu manifeste par eux sa volonté entière et la plus élevée.

Pour que cela puisse se faire, il faut que le croyant ne saisisse pas seulement le côté négatif de la séparation mentionnée dans Hé. 4, 12, la séparation de l’âme à l’égard de l’esprit, mais le côté positif dont il est question dans 1 Th. 5, 23, par lequel la paix de Dieu « sanctifie » l’être tout entier en prenant possession de l’esprit humain et en travaillant par son moyen, de telle sorte que l’âme et le corps accomplissent chacun leur fonction.

« Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit », écrit l’apôtre. 1 Co. 6, 17. Si donc nous sommes morts à la loi par le corps de Christ, c’est pour que nous soyons unis à un autre, à celui qui est ressuscité d’entre les morts. Ro. 7, 4. Nous voyons ici clairement l’union avec Christ dans l’Esprit, laquelle est le but – ou le résultat de la croix. Cette union avec le Seigneur ressuscité et monté au ciel peut donc avoir lieu dans l’Esprit et ne se fait pas avant que l’esprit du croyant ait été affranchi (séparé) de l’enveloppe de l’âme. Car – comme le fait remarquer Stockmayer31 – on ne peut pas dire que le Seigneur ressuscité soit l’époux de l’âme, car l’âme – la personnalité de l’homme – ne peut être que le vase dans lequel le Seigneur manifeste sa vie, qui, unie à l’esprit du croyant, produit « un fruit pour Dieu ».

L’homme « spirituel » est par conséquent un homme en qui la parole de Dieu a pu séparer âme et esprit, de sorte que l’esprit a été affranchi de l’enchevêtrement avec l’âme. Ou comme Bromley l’écrivait en 1774 : « L’esprit humain a été arraché à l’emprise de l’âme et placé hors de son atteinte, et il a été uni au Seigneur en essence – esprit avec Esprit –, un seul esprit, de telle sorte qu’âme et corps servent désormais de véhicule pour manifester la vie du Seigneur lui-même, sa volonté et son amour, par le moyen du croyant. »

À la lumière de ce qui précède, l’opposition entre les œuvres « de la chair » et « les fruits de l’Esprit » dont il est question dans Ga. 5, 18-24 est très frappante, et à partir de là, chacun pourra juger lui-même dans quelle mesure les motivations de ses actes proviennent de la vie animale de l’âme du premier Adam ou de la vie de l’Esprit dans le deuxième Adam.

Les lois de la vie spirituelle

À ce stade, il est très important que le croyant connaisse les lois de l’Esprit et qu’il sache comment il doit marcher selon l’Esprit, faute de quoi il ne pourra pas collaborer avec le Saint-Esprit et il donnera aux esprits séducteurs de Satan l’occasion d’imiter la vraie vie spirituelle. Car ces esprits pénètrent dans la sphère de l’âme, où on remarque à peine que leur travail n’est pas authentique, et on peut à nouveau retomber dans le domaine de l’âme.

L’homme spirituel, dont l’esprit a été affranchi ou « séparé » de l’âme, est une personne qui marche selon l’Esprit ou est poussée par lui et non par son âme ou son corps. Mais cela ne veut pas dire qu’elle ne puisse pas être à nouveau captive de la vie psychique, si, par ignorance, elle échappe à la loi de l’Esprit, et ne peut pas être conduite par lui. Il faut qu’elle apprenne par expérience à distinguer ce qui est de l’Esprit, de l’âme ou du corps, comment elle pourra garder son esprit libre et ouvert pour l’Esprit de Dieu, et dans quel état son esprit doit obligatoirement se trouver pour pouvoir continuer à collaborer avec le Saint-Esprit. Elle a besoin d’être capable de discerner les attaques des mauvais esprits et d’être armée face à eux, quand, sous l’apparence d’anges de lumière, ils donnent l’impression de collaborer avec l’Esprit de Dieu. Il faut alors qu’elle puisse les séparer de son esprit et les enfoncer dans l’âme, et les fasse ensuite sortir par le même chemin que celui par lequel ils sont entrés. Car leur intention est de s’opposer à partir de l’âme au travail de l’Esprit de Dieu dans l’esprit humain pour que celui-ci soit paralysé et passif.

Pour que le croyant marche selon l’Esprit, il faut qu’il sache ce qui est de l’Esprit et ce que l’Esprit exige pour ne pas être étouffé. Il sent par exemple qu’un fardeau oppresse son esprit, mais il continue à travailler sous cette pression sans y prêter particulièrement attention. Le travail semble dur, mais il ne prend pas le temps d’examiner quelle peut en être la cause, jusqu’à ce que la charge soit totalement insupportable, et il est alors obligé de s’arrêter et de chercher ce qui ne va pas, – de se demander si ce n’est pas à lui que revient la responsabilité initiale d’avoir donné à une chose ou une autre l’occasion de s’attacher à son esprit. Il apporte ce « poids » à Dieu dans une courte prière, rejette toute pression causée par l’ennemi, et il est à nouveau libre.

Il faut qu’il devienne capable de comprendre son esprit et de discerner immédiatement quand il est en dehors de la collaboration avec le Saint-Esprit, et de refuser tout de suite toutes les attaques qui veulent que son esprit perde l’équilibre et que la communion avec Dieu soit rompue.

Il faut qu’il sente quand son esprit a été en contact avec le poison de mauvais esprits qui lui injectent par exemple du découragement, des préoccupations, des murmures, le fait de trouver des fautes, une pierre d’achoppement, de l’amertume, le fait de se sentir vexé, la jalousie etc., choses qui sont toutes des manifestations directes de l’ennemi contre l’esprit humain. Il doit s’opposer à tout découragement, toute oppression et tout murmure qui sont injectés dans son esprit, car une vie victorieuse et un esprit libéré signifient de la joie. Ga. 5, 22. Lorsque les choses qui viennent d’être mentionnées sont en contact avec l’esprit humain, ce ne sont pas des « œuvres de la chair » manifestes, puisque le croyant sait marcher selon l’Esprit, mais elles ne tarderont pas à atteindre le domaine de la chair si on ne les discerne pas et qu’on ne leur oppose pas un refus catégorique et de la résistance.

Il faut qu’il sente quand son esprit est dans la position qu’il faut, de sorte qu’il dirige l’âme et le corps. Et il faut qu’il comprenne quand son esprit, à l’occasion de conflits critiques, se trouve hors d’équilibre, et comment il peut alors à nouveau prendre la position qu’il faut, en poursuivant le but fixé. Pour mieux faire une distinction entre les différents états de l’esprit, il faut que le croyant sache faire une différence entre les trois principales positions de l’esprit humain, à savoir :

  • 1. Un esprit oppressé.
  • 2. L’esprit dans la position qu’il faut, en plein équilibre et sous un contrôle que rien n’entrave.
  • 3. L’esprit tiré hors de sa « position » quand il est exalté, excité, ou « en fuite ».
  • Quand un homme marche selon l’Esprit et comprend que son esprit est dans l’une de ces positions, il sait « l’élever » et « le contrôler » par un acte de volonté rassurant, s’il a été tiré hors de sa position parce qu’il a agi trop vite ou que des ennemis spirituels l’ont poussé à fuir.

    L’Esprit peut être comparé à la lumière électrique. Si l’esprit humain est en contact avec l’Esprit de Dieu, il est plein de lumière, mais en dehors de lui, tout est obscurité. L’esprit de l’homme est élastique. Lorsqu’il est lié ou pressé ou accablé, il cesse pour ainsi dire d’agir ou d’être la source de force de la vie ou son origine. Si quelqu’un se sent oppressé, il doit trouver ce qui l’oppresse. Si on lui demande : « Est-ce ton corps qui est oppressé ? », il répondra sans doute que « non », mais qu’il sent des liens intérieurs. Et que sont donc ces liens ou cette pression ? N’est-ce pas l’esprit qui est lié ou oppressé ? Car l’esprit humain peut être comprimé ou dilaté, s’élever ou s’abaisser, entrer ou sortir pour occuper la place qui lui revient, être lié ou libre.

    Quand on a de la lumière sur ces choses, on peut faire soi-même en sorte que tout cela fonctionne correctement, étant donné que les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes. On a reçu le pouvoir de faire cesser l’agitation quand on sait ce qui dérange et, de cette manière, on peut « entrer dans le repos » par la foi, comme le dit Hé. 4.

    On ne connaîtra les « nombreuses possibilités » de l’esprit humain qu’après qu’il aura été rendu fort dans le Saint-Esprit par des exercices faits en relation avec Christ pour s’opposer au pouvoir des ténèbres, qui est aussi le pouvoir de l’ignorance. Sous la direction de la lumière de l’Esprit de Dieu, et au cours du développement vivifiant du deuxième Adam, il arrivera à exercer un plein contrôle sur l’âme et le corps, Christ étant sanctifié comme Seigneur dans son cœur.