Combat contre les esprits méchants
On entend souvent dire de personnes qui sont de mauvaise humeur qu’elles ont revêtu une « peau de loup ». À leur procès, des meurtriers peuvent expliquer qu’ils n’étaient pas eux-mêmes quand ils ont commis leur crime. Saül était tourmenté par un mauvais esprit, qui s’éloignait de lui pour un temps quand David jouait de la harpe, mais qui à d’autres moments l’a amené à jeter sa lance contre David et à le pourchasser. Le diable ne vient pour rien d’autre que tuer, dérober et détruire.
Paul dit que nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. Ép. 6, 12.
Toute personne qui a pris à cœur de suivre Christ a fait l’expérience, dans une mesure plus ou moins grande, que nous avons vraiment à mener un combat contre une armée d’esprits méchants et contre les princes de ce monde de ténèbres. Quand on a saisi Jésus pour le crucifier, il a dit : C’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. Il est dit que nous sommes passés des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu. C’est justement à cause de cela que nous avons ce combat à mener, pour lequel nous avons besoin de toutes les armes de Dieu. Au moment même où tout semble aller pour le mieux, une tempête de méchanceté surgit d’un côté ou de l’autre, venant de telle ou telle personne que Satan peut employer comme son instrument. L’apôtre dit que nous n’ignorons pas ses desseins, et nous pouvons probablement dire la même chose. La tempête se présente sous forme de mauvais soupçons, de désir de dominer, de jalousie ou de ce qu’on regarde une autre personne de travers. Aussi longtemps que cette tempête fait rage, il faut faire comme le marin, bien enfoncer sa capuche sur la tête et s’emmitoufler dans son ciré, rassembler ses forces en Dieu et résister à Satan, ferme dans la foi, pour qu’il fuie loin de nous. Ce sont des tempêtes terribles. Les esprits méchants dans les lieux célestes mènent une guerre contre les saints. Dieu veut nous protéger dans son tabernacle au jour du malheur. Cela signifie qu’on se cache dans le roc, Christ, jusqu’à ce que la tempête soit passée ; que l’on s’attend au Seigneur dans la prière jusqu’à ce que la tempête soit derrière soi.
Nous avons un combat contre les autorités dans le royaume du mal. N’as-tu jamais été attaqué avec méchanceté et autorité ? D’où l’homme tient-il cette autorité, si ce n’est de l’armée des esprits méchants ? Les princes de ce monde ne trouvent pas qu’il suffit que tu fasses ton service pour eux avec exactitude ; ils veulent dominer ton esprit. S’ils n’y arrivent pas, peu importe que tu fasses tout ce qu’on te demande en temps et en heure. Il se trouve que l’Esprit qui est en nous est plus fort que l’esprit qui est en eux. Ils ne supportent pas cette force, et engagent le combat, un combat que les princes de ce monde perdent toujours si nous sommes fidèles et que nous gardons notre dignité en Jésus-Christ. Une conséquence de cela, c’est qu’on se retrouve isolé ; les princes de ce monde ne veulent rien avoir à faire avec de telles personnes. Ils préfèrent des gens qui peuvent les flatter et être hypocrites à leur égard. Ce sont de telles personnes qui accèdent à des positions élevées et qui en fin de compte deviennent elles-mêmes des princes de ce monde, exigeant la même conduite de la part de leurs subordonnés. Une âme dont on peut dire « En vérité, il n’y a pas de fraude en elle », ne peut guère gravir les échelons dans ce monde, où ce sont les princes du monde qui ont le pouvoir.
Tout ce qui est glorieux est mis à couvert. Ce que Dieu trouve glorieux n’a jamais d’apparence dans le monde. C’est pourquoi Jésus n’avait pas non plus d’apparence pour que l’on prenne plaisir à lui. Mais le Père prenait plaisir à lui et lui a donné ce témoignage, en présence de témoins : Ceci est mon Fils, en qui j’ai mis toute mon affection. La considération du monde reçoit son éclat des puissances du mal. Ce sont elles qui ont fait obstacle aux prières de Daniel. Mais celles-ci ont fini par triompher ; car l’ange lui dit : Daniel, ne crains rien ; car dès le premier jour où tu as eu à cœur de comprendre, et de t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et c’est à cause de tes paroles que je viens. Le chef du royaume de Perse m’a résisté vingt et un jours ; mais voici, Micaël, l’un des principaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse.
Quand Daniel a eu à cœur de comprendre et de s’humilier, ses prières ont été exaucées ; mais il y avait des princes puissants à vaincre dans les lieux célestes, parmi les esprits méchants, avant que la victoire définitive n’atteigne Daniel. Nous aussi, nous devons attendre le Seigneur et persévérer dans la prière, si nous voulons accéder à la victoire définitive. Quand nous prions pour un pécheur qui est prisonnier des filets de Satan, Dieu doit intervenir d’une manière ou d’une autre dans le monde des esprits méchants et libérer cette âme. Cela peut nécessiter du temps, mais par la prière et par la foi, nous entretenons le travail de Dieu avec cette âme, jusqu’à ce qu’elle finisse par être affranchie et délivrée. Dieu n’est pas lent à entendre ; car dès le premier jour, les prières de Daniel avaient été entendues, et dès le premier jour, Dieu avait débuté un travail qui a conduit à l’exaucement des prières de Daniel. Dieu fait tout conformément à des lois précises ; c’est pour cela que ça prend du temps. Mais Daniel avait eu à cœur de comprendre, c’est pourquoi il comprenait qu’il serait exaucé si seulement il persévérait dans la prière.
De nos jours, beaucoup de personnes se sont tournées vers Dieu pour recevoir le pardon de leurs péchés, et elles ont reçu ce qu’elles cherchaient ; mais combien peu nombreux sont ceux qui ont eu à cœur de comprendre, de sorte que leurs prières dans leur service pour Dieu soient exaucées, pour qu’elles comprennent ce qui fait obstacle à leurs prières et ce qu’il faut ôter pour que les âmes soient délivrées.
Il faut de la force pour être orgueilleux et fier. L’homme reçoit cette force de l’armée des esprits méchants. C’est aussi de là qu’on reçoit la force de tuer, de commettre l’adultère, de mentir, de donner un faux témoignage, etc. Nous avons à combattre contre des puissances et des dominations. Et c’est un désastre quand ces puissances réussissent à pénétrer dans l’assemblée du Dieu vivant, par l’intermédiaire d’une âme qui n’est pas vigilante. C’est comme lâcher un serpent dans une fourmilière. Tout se concentre sur ce mal, jusqu’à ce qu’il ait été chassé. C’est pourquoi nous sommes tous exhortés à ne pas donner accès au diable. Ép. 4, 27.
Jésus est descendu vers les régions inférieures de la terre. Il y a été en contact avec l’armée des esprits méchants, qui avait aussi poussé les hommes à le crucifier. Mais il a vaincu dans son esprit toutes les puissances et les dominations et a triomphé d’elles sur la croix. Il a remporté la victoire et il est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Ép. 4, 9 et 10. Sur la croix, nous aussi, nous pouvons triompher de ces puissances spirituelles, mais sans la croix, on ne peut jamais espérer vaincre. L’apôtre nous exhorte à nous revêtir de toutes les armes de Dieu dans ce plus grand combat de la vie : la vérité pour ceinture aux reins, revêtus de la cuirasse de la justice, avec comme chaussures à nos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix, avec le bouclier de la foi, le casque du salut, et l’épée de l’Esprit. En même temps, on a besoin d’être vigilant à tout moment dans la prière pour sa propre personne et pour tous les saints. Ce n’est qu’en étant armés de la sorte qu’il peut être question de victoire.
Dans l’assemblée de Dieu, on souffre sans cesse de défaites sur quasiment tous les fronts, parce que ni l’armure, ni la vigilance dans la prière ne sont dans l’état dans lequel elles devraient être. Des esprits méchants nous grimacent à la figure de tous côtés, ou presque. Oh ! si seulement la muraille était complète, si seulement il y avait beaucoup de réparateurs de brèches ! Il y a bien assez de gens qui signalent à grands cris les trous dans la muraille par lesquels Satan peut pénétrer, mais combien sont attristés par cela et sont affairés à tout moment pour réparer les brèches ? On entend de partout les appels : Viens donc voir ceci ! Le fr. X a dit ceci, et la sœur Y a fait cela. On se réjouit presque de pouvoir montrer quelque chose du doigt. On se réjouit du malheur des autres. Ce n’est là en aucune manière l’entendement de Christ. Il dit : Heureux les affligés, car ils seront consolés. Ceux qui sont affligés de l’état lamentable de l’un ou de l’autre, comme de l’assemblée tout entière. Ceux-là seront consolés. Oh ! que nous soyons nombreux à avoir part à cette affliction-là et à cette consolation !