Difficultés Internes

avril 1924

Difficultés Internes

N’est-il pas triste que de telles difficultés puissent naître dans l’Assemblée, parmi des personnes qui craignent vraiment Dieu ? Non ! car les difficultés sont au service de Dieu pour faire progresser la vie intérieure, c’est-à-dire pour que nous soyons transformés de façon à avoir part à la nature de Dieu.

Dieu souhaite et veut que nous progressions le plus possible dans notre vie intérieure, que nous vainquions le plus d’ennemis possible, et que nous traversions victorieusement les difficultés les plus grandes possible, même plus grandes qu’on ne peut l’imaginer.

De telles difficultés ne peuvent pas venir de rien, et elles ne peuvent pas non plus venir de l’extérieur. Les difficultés externes ne sont utiles qu’au début ; ensuite, elles sont trop faciles. Il faut alors, pour qu’elles aient assez de poids, que les difficultés viennent des nôtres.

Quand ces difficultés surgissent, nous pouvons être pleins de courage ; car justement ces difficultés-là ont plus de valeur que toutes les autres, et c’est justement là qu’il y a plus d’espérance que dans d’autres circonstances d’avoir part à la nature divine.

Pour notre propre part, de telles difficultés sont donc tout à fait appropriées. Mais qu’en est-il de la chère personne qui nous cause ce chagrin et cette difficulté ? Puisse-t-elle tirer elle aussi du profit de cette circonstance ! C’est ainsi que pense l’amour de Christ. — Aussi bien Dieu que les personnes divines pensent ainsi. Mais bien évidemment, c’est à la personne elle-même d’en tirer profit, et la mesure dans laquelle elle en profite dépend d’elle-même.

Il y a un chagrin et une compassion qu’il faut avoir à l’égard de son frère ; mais il y a aussi un chagrin plein de soucis, inutile et déplacé, que nous faisons bien de remplacer par le repos — en nous disant que Dieu tire le maximum de chacun d’entre nous.

Quand nous avons l’impression que notre frère se comporte vraiment de manière «impossible», nous pouvons nous demander comment cela peut se faire. Un membre du corps de Christ peut-il vraiment se comporter de manière tellement déraisonnable et «impossible» ? Il y a des gens de l’extérieur qui se comporteraient bien mieux dans une situation semblable ! ! La clé de cette énigme est sûrement cachée dans des endroits secrets, tout en bas, couverte par une énorme quantité de longanimité et de grâce. On ne peut pas acheter cette clé avec de l’argent ; il faut payer avec sa propre vie.

Si quelqu’un veut trouver la clé, il doit suivre le chemin qui y mène. Tu y parviendras le moment venu, et tu comprendras alors ces choses aussi clairement que tu comprends toutes les autres choses sur lesquelles tu as réellement reçu de la lumière.

Par la direction sage et toute puissante de Dieu (il a même compté tous les cheveux de notre tête), nos pas sont conduits de telle manière que tout devient source de salut et contribue au bien de tous.

Quand deux personnes se heurtent l’une à l’autre, il peut en résulter soit que les deux succombent, soit que l’un progresse. Par exemple, celui qui est prétendument «impossible» peut être mis aux côtés d’une âme particulièrement fidèle et persévérante, pour que celui qui est «impossible» parvienne au salut que Dieu veut lui accorder, justement par la persévérance de celui qui est persévérant ; et pour que celui qui est fidèle et persévérant puisse découvrir encore plus de sa propre vie — par la conduite déraisonnable de l’autre — et devenir encore plus fidèle, persévérant, sage et bon, en livrant sans cesse à la mort tout ce qu’il découvre en lui-même.

Salutations dans l’amour de Christ, à tous ceux qui se sentent de cette manière entre les mains du Potier, de la part de votre frère, qui participe à un tel amour.