Ouvriers

novembre 1922

Ouvriers

«Car nous sommes ouvriers avec Dieu.» 1 Co. 3, 9. «… car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte.» Hé. 13, 17.

Beaucoup de ceux qui doivent rendre compte des âmes prétendent que les gens sont paresseux, rebelles, qu’ils ne veulent rien, qu’ils sont charnels. Mais comment as-tu travaillé avec les âmes ? Comment t’es-tu toi-même comporté dans ton travail ?

On n’aura pas seulement à rendre compte des résultats de son travail, mais aussi de la manière dont ce travail a été fait. Toutes choses seront examinées avec soin.

«Mes frères, qu’il n’y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner…» Ja. 3, 1.

En rapport avec le ministère, Paul exhorte à ne pas avoir de soi-même une trop haute opinion. Ro. 12, 3. Il y en a plusieurs qui n’ont pas des pensées mesurées et équilibrées quant à leur propre part de grâce dans le ministère. Paul ne dépassait pas ses limites. Il voyait la tâche qu’il avait à accomplir, et il voyait aussi les limites fixées à son ministère. Jésus dit : «J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire.» Rien de plus, et rien à côté, mais exactement l’œuvre à laquelle il avait été appelé.

Dieu appelle un homme précisément au travail qui correspond à sa capacité. Mt. 25, 15. Il ne demande à personne de faire quelque chose dont il est incapable. Celui qui outrepasse ces limites est un homme téméraire, qui sort de la volonté de Dieu dans son travail pour Dieu. Les fruits sont à l’avenant.

Il est bon de sentir ses limites, et il est bon d’être prudent dans les domaines où on n’a pas de sagesse. Il vaut mieux être trop prudent que trop brusque quand on travaille avec une âme.

Fais preuve d’humilité avant de faire preuve d’autorité. Ne te considère pas comme capable de tout, et ne te comporte pas comme quelqu’un qui sait tout.

Il y en a beaucoup qui se considèrent comme capables d’être des conducteurs, des docteurs et des bergers, bien que Dieu ne les ait pas appelés à cela. Ils se comportent de manière très «pieuse», ils se revêtent de beaucoup de connaissance et de lumière, ils se placent à la hauteur d’un maître, ils sous-estiment la lumière des autres et font une croix sur leurs expériences.

Les âmes sont des valeurs éternelles, que Jésus a rachetées par son sang. Elles ne doivent pas faire l’objet d’expérimentations de la part de personnes qui s’estiment elles-mêmes vertueuses. Jésus dit : «Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson.» L’Assemblée de Dieu éviterait alors beaucoup de ces ouvriers autoproclamés, qui détruisent ce que d’autres ont semé et qui ravagent tout le champ.

Si nous estimons les âmes à la même valeur que Christ les estime, nous sommes tout disposés à travailler avec sagesse, amour, longanimité et patience, pour les extirper des couches épaisses du péché et du pouvoir de Satan, de tout ce qui est charnel, de l’orgueil, des fausses doctrines et de toutes les ruses du diable, pour que Christ puisse obtenir ce qu’il a payé tellement cher.

Mais il s’avère souvent qu’il y a peu de sagesse, que la patience est denrée rare, que l’amour est froid et que le cœur est à l’étroit. C’est pourquoi on commet tellement de fautes, et c’est pour cela qu’on a si peu de patience avec les âmes ; on préfère laisser partir les gens, plutôt que de souffrir pour eux. Il est plus facile de dire que les âmes sont rebelles et les laisser partir, que d’être soi-même humble et de souffrir. Il faut être grand à ses propres yeux charnels pour se comporter d’une telle manière. Paul est venu chez les Corinthiens dans un état de «crainte et de grand tremblement» ; il n’était pas un maître prêt à corriger, il ne dépassait pas ses limites, mais en venant chez eux, son but était d’entrer jusque dans leurs cœurs.

Efforce-toi d’établir le contact avec les âmes au point où elles sont parvenues. 1 Co. 9, 22. Donne-leur de l’amour. 1 Pi. 3, 8. Détourne leurs pensées de ce qui est humain et dirige-les vers ce qui est divin. Encourage-les, ne les abats pas ! 1 Th. 2, 11–12 et 5, 14.

Cherche à être une voix, et montre leur la route qui mène droit à Dieu, selon leurs besoins ; mais n’exerce pas de pression sur elles. Sois prêt à te retirer toi-même, et donne à chacun richement l’occasion de «s’éduquer» lui-même. Ne t’attarde pas sur le fait que c’est toi qui es utilisé.

Cherche à trouver le domaine dans lequel Dieu travaille avec l’âme, et collabore avec l’Esprit de Dieu, tout en étant prêt à faire preuve de beaucoup de patience envers cette âme. Ja. 5, 7. Veille à ne pas les pousser en dehors de leurs limites, pour que tu n’empêches pas le travail que Dieu est en train de faire. «Nous n’avons ruiné personne», dit Paul. 2 Co. 7, 1. És. 42, 3.

Ne balaye pas les expériences qu’un frère a faites dans sa vie, comme si ce n’était rien. Reconnais ce qui est vérité en lui, et conduis-le de sa lumière vers une nouvelle lumière. Ne reproche pas à une âme de ne pas tout voir ni tout comprendre d’un seul coup. Job 36, 15. Job 16, 12. 1 Co. 3, 2.

Efforce-toi de faire progresser l’unité de l’Esprit. Ép. 4, 3. Et ne fais de personne un pécheur à cause d’une seule parole qu’il a prononcée. Ne sois pas téméraire, mais aie de la crainte !