Romains chapitre 6

septembre 1921

Romains chapitre 6

Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? V. 3.

On parle souvent d’une façon superficielle de « prendre le baptême », mais ce n’est pas une chose superficielle de se faire baptiser. Ignorez-vous, dit l’apôtre, que nous sommes baptisés en la mort de Christ. Mort au péché. De même qu’autrefois Dieu a enseveli dans l’eau le monde impie et qu’il a sauvé Noé au travers de l’eau, nous ensevelissons par le baptême la personne qui vivait dans l’impiété, pour que la personne qui se relève vive en nouveauté de vie. L’impie reste sous l’eau, et le juste sort de l’eau. Le péché dans la chair n’est pas ôté par le baptême, car ce n’est pas une purification de l’impureté de la chair, 1 Pi. 3, 21, mais c’est l’engagement envers Dieu de ne pas marcher selon la chair et de ne pas obéir au péché dans la chair. C’est l’engagement d’une bonne conscience.

Nous avons été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais par le dépouillement du corps pécheur de la chair, par la circoncision de Christ, ayant été ensevelis avec lui par le baptême, Col. 2, 11 et 12. Le corps pécheur de la chair est ici le corps qui se livrait au service du péché. Nous nous en sommes dépouillés par la circoncision de Christ et il a été enseveli dans l’eau. Le corps qui sort de l’eau doit maintenant être conduit et poussé par le Saint-Esprit. Sous cette impulsion, l’exigence de la loi est accomplie. Mais comme le péché dans la chair n’est pas encore anéanti, on se sent en communion avec Christ dans les souffrances que ce combat provoque. L’impulsion de l’Esprit s’oppose toujours aux convoitises de la chair.

En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. V. 5.

Si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Tous ceux qui ont été baptisés en Christ ont revêtu Christ. C’est d’abord un état, et ensuite une vie. À quoi sert-il de se faire baptiser si on vit ensuite la vieille vie ? Dans ces conditions, il serait préférable de ne pas être baptisé. Nous devons vivre avec lui dans le Saint-Esprit, dans la vie de résurrection et la force de la résurrection. La mort dont il est question ici n’est pas la mort finale dans le corps, par laquelle le corps du péché a été détruit, mais c’est une mort qui frappe les actions pécheresses, pour que nous vivions en nouveauté de vie.

Sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. V. 6.

Qu’est-ce que le vieil homme ? C’est l’homme qui vit suivant ses convoitises. Il est crucifié. Nous devons nous-mêmes le maintenir sur la croix – par la force de Dieu. Dieu ne le garde pas crucifié sans que je le veuille. Je connais la loi et la volonté de Dieu et je dois m’y conformer par sa force. C’est ainsi que le vieil homme est crucifié. Il ne doit pas rester assis au pied de la croix, il doit être crucifié avec lui. De cette façon, le péché dans la chair est empêché de régner. La soupape de sécurité se trouve à cet égard dans mon entendement. Du même coup, le péché dans la chair se trouve pris entre deux. Nous souffrons la mort selon la chair, mais nous sommes rendus vivants quant à l’Esprit, comme notre précieux Seigneur Jésus-Christ. Le corps du péché est détruit, et on perd de plus en plus la capacité d’être esclave du péché.

Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. V. 12.

Nous voyons ici que le péché habite encore dans notre corps mortel, mais il n’est pas sous le coup d’une condamnation ; c’est seulement lorsque nous obéissons à ses convoitises que le jugement et la condamnation viennent.

Dieu dit à Caïn : Et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi. Mais toi, domine sur lui. Ge. 4, 7

Un homme qui a été baptisé du Saint-Esprit a reçu la force de régner sur le péché, c’est-à-dire les actions pécheresses. Pour autant, le péché dans la chair n’est pas ôté par le baptême de l’Esprit. Mais si nous vivons et marchons selon l’Esprit, le péché dans la chair perd petit à petit le pouvoir. Le témoignage de Christ : l’Esprit, l’eau et le sang, pénètre alors de plus en plus profondément dans notre vie et notre manière d’être.

Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. V. 13.

Lorsque nous recevons ici l’ordre de livrer nos membres comme des instruments de justice, nous avons la force et la grâce de Dieu pour ce faire. On doit le faire en étant pleinement conscient et pleinement vigilant jour après jour.

Lorsque nous sommes exhortés à ne pas livrer nos membres au service du péché, cela veut dire clairement que le péché est là, et qu’il lui manque simplement un instrument pour agir. Deux forces sont à notre disposition : le péché et la force de Dieu. L’une mène à la vie, l’autre à la mort. À laquelle de ces deux forces livres-tu tes membres ? L’Esprit de Dieu est vivant et il rend vivant notre esprit humain. Les œuvres qu’on fait sous sa direction sont viables. Considérons-nous donc comme vivants, car nous sommes ressuscités avec lui et rendus vivants avec lui.

Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? V. 16.

La chute est entrée dans le monde par la désobéissance, et maintenant, la chute est chassée hors du monde par l’obéissance. En Christ, nous avons la grâce et la force. Il ne sert à rien d’avoir une doctrine correcte si on ne vit pas la vie dans la pratique, dans la foi et par l’obéissance. Les pharisiens avaient une doctrine tellement irrépréhensible que Jésus pouvait dire : Faites ce qu’ils disent, mais n’agissez pas selon leurs œuvres. On peut avoir beaucoup de notions doctrinales, mais l’Écriture dit que c’est la vie qui est la lumière des hommes. Jn. 1, 4. Ce qu’on lit et ce qu’on apprend ne sert donc à rien si la vie ne suit pas. La vie est la lumière des hommes. C’est pourquoi il arrive que des gens pauvres et ignorants aient une lumière plus grande que de grands théologiens. La vie et la lumière sont tellement simples qu’elles scandalisent ceux qui veulent faire bonne figure avec leur savoir religieux. C’est pour cela que cette vie de Christ simple est devenue une pierre d’achoppement et un rocher de scandale. La parole de la croix est un scandale pour les Juifs et une folie pour les Grecs, mais pour nous qui croyons, elle est une puissance de Dieu.

Mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine [forme de doctrine, trad. norv.] dans laquelle vous avez été instruits. V. 17.

Chaque vie crée une forme, car nous sommes limités. Comme les enseignements de l’Esprit se manifestent en tant qu’enseignements de vie, les enseignements créent aussi des formes. L’apôtre remercie Dieu de ce que les Romains avaient obéi à ces formes de doctrine. Ils n’avaient pas eux-mêmes vécu la vie dans la pratique de sorte à créer une forme, mais l’apôtre l’avait vécue dans la pratique et il avait trouvé la forme à laquelle les Romains pouvaient conformer leur vie. La forme de doctrine de la vie mène à la piété – la mort de la vie propre.

Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. V. 18.

Le péché fait de l’homme un esclave. Avec la meilleure volonté, l’homme ne peut pas s’affranchir de ses tentacules. Il oblige l’homme à refaire sans cesse le même péché. Le péché règne par la mort. Ro. 5, 21. Pour être affranchis du péché, il faut que nous soyons passés de la mort à la vie. La mort est un royaume dans lequel Satan a le pouvoir. C’est un royaume de ténèbres où on commet des œuvres des ténèbres. En passant de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, de la puissance de Satan à Dieu, nous sommes en même temps affranchis du péché. Cela nous rend capables de devenir des serviteurs de la justice, du fait que la lumière brille maintenant dans les ténèbres et les dissipe. Là où les serviteurs de la justice projettent de la lumière sur les ténèbres et où les ténèbres trouvent quelqu’un pour les défendre, les gens sont scandalisés. L’homme préfère les ténèbres à la lumière, car ses œuvres sont mauvaises. Et pourtant, il est stupide de défendre les ténèbres contre la lumière. On est alors obligé de s’enfoncer plus profondément dans les ténèbres pour pouvoir se cacher. Mais on peut s’enfoncer dans les ténèbres autant qu’on veut, Christ a malgré tout frayé une route et un accès, si bien qu’on ne peut pas échapper à ses jugements. Il est le fils des hommes, et c’est pourquoi il doit être le juge des hommes. Cela fait partie du ministère de la justice de rencontrer tout homme à l’endroit où il se trouve. Mais aussi longtemps que celui qui est injuste se trouve encore dans la splendeur de sa chair, il lui est extrêmement désagréable de sentir qu’un serviteur de la justice lui inflige un traitement. Mais pour celui qui a un esprit brisé, cela sert à son salut.

Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. – De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. V. 19. L’apôtre parle ici à la manière des hommes à cause de la faiblesse de la chair. Mais malgré cela, nous voyons que, de nos jours, beaucoup de chrétiens ne comprennent pourtant pas ces choses. L’apôtre veut attirer l’attention sur la vie. La forme de doctrine ne sert à rien si elle n’est pas remplie de vie. Comme c’est simple et compréhensible : livrez vos membres comme esclaves à la justice pour parvenir à la sanctification. Y a-t-il moyen de se tromper ? N’est-ce pas dit à la manière des hommes ? Après cela, l’apôtre est obligé de s’exprimer « d’une manière qui n’est pas celle des hommes » pour pouvoir expliquer la sagesse de Dieu. Dans de tels cas, il voulait avoir recours à des paroles que le Saint-Esprit enseigne, et non des paroles que la sagesse humaine enseigne. Le ministère de la justice mène à la sanctification, car la volonté de Dieu est notre sanctification. Ce n’est pas que nous soyons sanctifiés d’un seul coup, mais la sanctification avance à chaque acte d’obéissance – avec le ministère de la justice.

Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. V. 23.

Si tu pèches, tu mourras. Tu t’enfonceras dans les ténèbres où Satan a le pouvoir. Un jour, tout ce séjour des morts sera jeté dans l’étang de feu, Ap. 20, 14, c’est pourquoi fuis hors de ce royaume. Une fois que tu en seras sorti, ne cherche plus à y retourner. Les convoitises de la chair nous attirent vers le séjour des morts, tandis que l’affection de l’Esprit nous entraîne vers la vie et la paix, car l’affection de l’Esprit est la vie et la paix.

Nous sommes maintenant dans le monde et nous subissons l’influence de deux puissances, l’une d’elles est mauvaise et l’autre bonne. Nous pouvons choisir ce que nous voulons, mais si tu choisis la justice, ton salaire sera en accord avec ce que tu auras choisi. Si tu choisis le péché, ce sera pour la mort, mais si tu choisis la justice, ce sera pour la vie. Ce choix est ouvert chaque jour pour nous tous.