Morsures de serpent autrefois et maintenant

juillet/août 1921

Morsures de serpent autrefois et maintenant

Brevet d’authenticité de « la doctrine pure »

Sous le titre « Faux enseignements », le numéro de « Missionæren » daté du 10 juin a cité nommément plusieurs personnes qui, selon ce journal, diffuseraient les faux enseignements mentionnés par les apôtres. À la fin de cette liste de faux prophètes, on trouve les frères Smith, raison pour laquelle il peut être intéressant de considérer cette affaire d’un peu plus près. Le journal écrit entre autres ceci :

« Origène a vécu au troisième siècle, Arius au quatrième siècle. Et puis Edvard Irving, prédicateur remarquable et apprécié, a vécu à Londres (1822) et a annoncé la même doctrine, selon laquelle Jésus avait une nature pécheresse. Comme il annonçait aussi le retour proche de Jésus et le réveil des dons spirituels (plusieurs ont en effet commencé à parler en langues et à prophétiser), beaucoup de gens ont eu confiance en lui, de sorte qu’il y a eu sept assemblées irvingiennes à Londres. Mais il a été révoqué par le synode écossais en 1833, parce qu’il enseignait que Jésus avait une nature pécheresse.

Dans notre pays, cette conception est défendue par les théologiens modernes, et parmi les „pentecôtistes“, les frères Smith ont annoncé il y a quelques années la même doctrine anti-biblique. Un des traits caractéristiques de leurs adeptes est qu’ils essaient de s’introduire sournoisement dans les groupes de chrétiens évangéliques libres pour y apporter leur fausse doctrine, et qu’ils créent des tensions et des divisions. Ce sont en même temps d’ardents défenseurs de la cause militaire. „Vous les reconnaîtrez à leurs fruits.“ Comme les „smithiens“ ont aussi le parler en langues, il est d’autant plus facile pour les chrétiens évangéliques libres de se laisser séduire par eux. »

Arrêtons là cet extrait de « Missionæren », dont le rédacteur, C. M. Seehus, s’il n’est pas l’auteur de cet article, a néanmoins accepté qu’il soit publié dans son journal, ce qui fait que nous nous permettons de le considérer comme responsable de son contenu.

À cet égard, je ne peux pas m’empêcher de penser à Paul qui, après avoir échappé aux périls de la mer, put se réfugier sur l’île de Malte. Les indigènes lui témoignèrent une bienveillance peu commune ; ils allumèrent un feu et prirent soin de chacun parce que la pluie tombait et qu’il faisait froid. Ac. 28, 1 et 2.

Il se passe aussi la même chose dans les assemblées. Aussi longtemps qu’on leur permet de jeter eux-mêmes du bois sur le feu, ils font preuve de bienveillance. Aussi longtemps qu’on veut se réchauffer près de leur feu et de leur discours, tout va bien. Mais Paul ramassa un tas de broussailles et le jeta dans le feu, et un serpent sortit sous l’effet de la chaleur, le mordit et s’attacha à sa main. Lorsqu’on est arrivé à un âge où on est en mesure de ramasser soi-même des broussailles pour les jeter sur le feu, le serpent sort et s’accroche. Car ce sont uniquement les dirigeants qui doivent penser, parler et entretenir le feu. L’obscurité et le sacerdoce catholiques doivent régner, sinon, le serpent vient et mord. Cette fois-ci, il a mordu et s’est accroché aux frères Smith, qui osent penser par eux-mêmes, et ont l’audace d’écouter la voix de l’Esprit et d’examiner eux-mêmes leur Bible. Ils ont commencé eux-mêmes à jeter des broussailles sur le feu et c’est intolérable. Et tout le monde attend un peu partout et se demande comment tout cela va finir pour ces gens qui osent engager le combat contre toute la papauté libre et auxquels le serpent venimeux s’est accroché.

Tout le monde leur prédit la mort et la ruine, car il est bien connu que les dirigeants pentecôtistes détiennent le brevet d’authenticité de « la doctrine pure ». Comme des meurtriers, nous avons été sauvés de la mer, mais la Justice n’a pas voulu nous laisser vivre et elle a fait en sorte qu’un serpent venimeux nous rencontre. Si, malgré tout cela, nous secouons le serpent dans le feu, est-ce que, comme les païens, ils changeront d’avis et croiront que nous sommes des dieux ??

L’unité entre les assemblées évangéliques libres et les pentecôtistes est d’ailleurs assez fragile, car l’autre jour, j’ai vu qu’un des principaux dirigeants des assemblées évangéliques libres a donné libre cours à sa rage dans les colonnes de son journal, parce qu’un cordonnier avait été à Horten et, à partir de l’ancienne assemblée, qui chantait les cantiques du recueil « Schibbolet », avait créé une assemblée pentecôtiste, qui chantait les cantiques de « Maran Ata ». On a conseillé au cordonnier de s’occuper de ses chaussures, car le degré de dignité que le dirigeant de l’assemblée libre avait acquis était plus élevé et ne lui permettait pas de retourner à son pinceau. Une fois que la nouvelle assemblée pentecôtiste a été formée, on a évidemment institué des anciens, suivant le modèle biblique. J’ai rencontré l’un d’entre eux un soir dans la rue. Il a été assez honnête pour me dire qu’il ne savait pas du tout quoi faire, car il n’avait rien à donner à l’auditoire et il avait malgré tout été élu comme ancien. Je lui ai demandé de venir à la maison de temps à autre pour que nous puissions examiner ensemble quelques questions bibliques qu’il pourrait à son tour transmettre à ses amis pentecôtistes. Il m’a remercié, mais il n’est pourtant pas venu ; en revanche, il a quitté les pentecôtistes et il vit maintenant à l’écart et dans la tranquillité. Il s’avère donc que, pour mettre quelque chose sur pied, on contraint plus ou moins des gens à accepter des positions pour lesquelles ils sentent eux-mêmes qu’ils ne sont pas mûrs pour les porter. Mais on peut ainsi faire état de victoires éclatantes. La chair vit longtemps de ces choses : foin, chaume et paille.

Il y a quelques années, les actrices pouvaient passer directement du théâtre à la chaire. Les exploits de ces actrices alimentaient des comptes rendus à n’en plus finir. On avait l’impression qu’elles projetaient un éclat charmant sur tout le royaume de Dieu, et qu’elles rendaient un grand service à Dieu en se convertissant. L’éducation mondaine et le charme qui, aux yeux des dirigeants pentecôtistes, semblaient manquer au royaume de Dieu, rejaillissaient avec force sur l’assemblée grâce à ces actrices. De l’avis des dirigeants pentecôtistes, les employées de maison pieuses qui avaient servi Dieu pendant des années avaient beaucoup à apprendre aux pieds de ces actrices. Aujourd’hui encore, les dirigeants pentecôtistes sont aveugles à l’égard de cette comédie.

Mais à quoi sert-il de dire quelque chose ? Ils sont tous tellement « bibliques » et ils ont tous « la doctrine pure ». Il leur manque simplement un collyre pour qu’ils puissent voir la supercherie. Mais laissez-les faire des fêtes, donnez la place d’honneur aux habits magnifiques, veillez à ce que l’éducation mondaine et les positions élevées ne cèdent pas la place à la piété, la pauvreté et l’humilité, car tout doit être « biblique » et sans doute enraciné dans Ja. 2, 2 ??? Si quelqu’un est en désaccord avec cela, abattez-le en utilisant la devise « fausse doctrine ». Mais quant à vous, continuez à suivre les mêmes traces et haïssez ceux qui font des réprimandes au vu et au su de tout le monde, et je suppose que vous remporterez la victoire pour finir, même si la vie prend un cap opposé à celui de « la doctrine pure ??? »

Nous n’avons pas à regretter que, dès notre jeunesse, Dieu ait exercé nos mains à la guerre, et nous n’aurons aucune difficulté à naviguer dans les angles morts des dirigeants pentecôtistes, car il y en a beaucoup. Il est pourtant vrai que nous aimons parler de guerre ; de même que nous estimons qu’il est juste d’obéir aux autorités qui ont été instituées par Dieu et ne portent pas l’épée en vain. Ro. 13. L’esprit du siècle glorifie les objecteurs de conscience dans les assemblées évangéliques libres, mais cela ne doit pas nous entraîner à déposer les armes, car il me semble qu’il est plus efficace de combattre l’épée à la main plutôt que, comme « Missionæren », de traîner des personnes dans la boue. Nous devons néanmoins nous laver pour être purs, et ne pas déclarer la guerre à « Missionæren » pour ce genre de bagatelles. Mais s’il veut avoir la guerre, il faut qu’il utilise des méthodes de guerre tout à fait différentes. Car il me semble que « Missionæren » ne connaît même pas les rudiments des méthodes de guerre. Comment pourrait-il alors combattre suivant les règles, comme le dit l’Écriture ? L’honnêteté et la vertu existent, même dans les périodes de guerre, mais cela ne peut pas s’apprendre avant qu’on ait appris à combattre.

Aussi longtemps que ces « smithiens », comme « Missionæren » les appelle, chantent et jouent devant Saül, on a l’impression que le mauvais esprit se retire de lui, mais lorsque Saül part à la guerre et qu’ils le « prennent par surprise » tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, la colère de Saül s’enflamme, car tantôt ils s’emparent de ses cruches d’eau, tantôt ils découpent de grands pans de son manteau et ils lui envoient des salutations triomphales. On dit qu’ils sont dangereux à la guerre et qu’ils vont où ils peuvent. 1 Sa. 23, 13 et 22. Il paraît qu’ils ont un don particulier pour capturer les gens des églises évangéliques libres et les pentecôtistes, et à ce qu’on dit, leurs dirigeants ont eux-mêmes bien du mal à s’opposer à eux, car, l’autre jour, il est arrivé ici cette chose inouïe que Seehus lui-même, à Skien, a demandé à l’un d’entre eux de prendre place parmi les frères qui se réunissent autour de lui, ce qui revenait à inviter le loup à partager la compagnie des agneaux. Sois donc très vigilant et cherche tous les recoins où ils se cachent et les endroits qu’ils fréquentent, car on dit qu’ils sont très rusés et tu vois qu’ils sont capables de jouer des tours au meilleur [de leurs opposants].

Je comprends bien qu’il est ennuyeux que quelqu’un se mette à enseigner dans l’assemblée, car les profondes ténèbres russes permettent au dirigeant de prendre pied et de s’enraciner dans l’assemblée. En revanche, lorsque la lumière commence à briller pour chacun, on a l’impression que les dirigeants vacillent sur leur fondement, car il s’avère que leur dignité prétendue d’apôtre, de prophète, docteur, pasteur et évangéliste n’apporte rien à l’intérieur de l’assemblée. La seule chose qu’ils savent faire, c’est d’inviter les pécheurs à se convertir. Et une fois qu’ils sont convertis, ils n’ont rien de plus à leur apporter. Il y a là un point final.

Pour éviter eux-mêmes tous les récifs et tous les écueils, et pour que toute leur entreprise soit aussi sauvée, ils donnent à des brebis insignifiantes, auxquelles ils peuvent faire confiance, le titre d’ancien, de pasteur et de docteur, afin que tout soit « biblique » et en pleine harmonie avec « la doctrine pure ». Malheur à celui qui dérange cette bonne organisation, le serpent le mordra. Si nous avions vécu à l’époque de Louis XIV, nous serions certainement depuis longtemps dans la prison de sinistre réputation qui s’appelait la Bastille. À l’époque, il n’y avait qu’un pape, mais maintenant, dans ce siècle où règne la liberté de religion, de petits papes apparaissent en foule, et ils doivent la plupart du temps leur disposition de cœur à leur parent selon la chair qui habite à Rome. Celui qui ose leur dire la vérité est un hérétique. Il ne leur manque que le pouvoir de brûler et de faire mourir.

Que « Missionæren » nous pardonne si nous nous permettons de croire et d’enseigner « Christ manifesté en chair ». Nous croyons aussi qu’il était plus qu’une statue incapable d’avoir des sentiments. Nous croyons qu’il souffrait quand il était tenté. Nous croyons aussi qu’il avait la victoire, si bien qu’il n’a jamais commis de péché. Nous croyons par conséquent Romains 8, 3, qui dit que Dieu a envoyé son Fils à cause du péché, et qu’il a condamné le péché dans la chair de son Fils par le fait que Jésus a toujours dit « non » à sa propre volonté. Nous croyons qu’il a souffert la mort selon la chair et qu’il a été rendu vivant quant à l’esprit, mais le mensonge dont « Missionæren » veut nous accuser publiquement, à savoir que nous enseignons que Jésus avait une « nature pécheresse », est plutôt malvenu et nous le réexpédions par conséquent à « Missionæren ». « Nature pécheresse » et « pécher » vont de pair. Mais avoir du péché dans la chair et ne pas le laisser régner est tout à fait autre chose.

Je sais bien que les dirigeants pentecôtistes croient que Jésus ressemblait simplement à un homme. Qu’il n’est pas venu sur terre autrement que sous une forme extérieure qui ressemblait à la chair pécheresse. Et pourtant, l’Écriture dit que le péché a été condamné dans cette chair, qu’elle ait seulement ressemblé à de la chair pécheresse ou qu’elle ait vraiment été telle. Cette question présente peu d’intérêt pour l’homme naturel, mais si on veut changer de nature et obtenir la nature de Dieu, il faut obligatoirement obéir à l’Esprit. Cela produit des souffrances dans la chair, le péché dans la chair doit être condamné. Dans de telles circonstances, la connaissance concernant les souffrances de Christ sont une aide et une consolation pour nous. Mais les chrétiens évangéliques « libres » n’ont besoin de rien de tout cela. C’est de l’esclavage d’obéir à Dieu. La chair ne veut pas être obéissante et souffrir. Une doctrine plus facile est plus agréable et plus « biblique ». Il est curieux que les gens des assemblées libres qui viennent chez nous soient tellement affamés et réduits en esclavage qu’ils témoignent tous que bien qu’ils se vantent de leur liberté, ils n’ont même pas la victoire sur des péchés ordinaires.

Il est facile de « bluffer » en utilisant la devise « doctrine biblique » et, en vertu de cela et en opposition avec cela, d’imprimer le tampon « faux docteurs » et « fausse doctrine » sur ses frères qui s’efforcent eux aussi du mieux qu’ils peuvent de vivre pour Dieu avec une bonne conscience. Je comprends bien qu’il n’est pas évident de trouver une matière diversifiée pour un journal de cette importance qui paraît aussi souvent. « Missionæren » a publié récemment un bel article sur le grand-père du rédacteur. Il pourrait maintenant écrire un peu sur sa tante et son oncle, de la même manière que nous avons appris des tas de choses sur « notre cher fils » dont les exploits et les combats contre le pouvoir pastoral à Bergen sont, à l’en croire, tout à fait remarquables. Et puis le journal a un correspondant à Copenhague qui se dore au soleil d’anciens acteurs et qui éprouve un bonheur béat à fréquenter des comtesses. Si toute cette matière ne suffit pas, fais encore un voyage d’agrément et admire vallées et montagnes, jouis de la nature, écoute l’alouette chanter, etc., etc. J’imagine que la quintessence de ce bric-à-brac, mêlée à une imagination fertile, sera une nourriture remarquable pour les nouveaux convertis qui doivent vivre de lait spirituel non frelaté. Ceux qui ont besoin d’une nourriture plus solide peuvent certainement digérer cela sans plus d’explications. Peut-être qu’un tel « non-sens » suit immanquablement dans le sillage de « la doctrine biblique et pure » ?

Dommage que ces frères Smith ne puissent pas se taire. Que l’imprimerie et l’écriture soient également à leur disposition, de sorte que la folie, au lieu de jouir des hautes considérations comme elle le devrait, est mise à la lumière d’une manière aussi crue.

La deuxième édition de la brochure « Égaré dans la foi » vient de sortir et nous la conseillons à tous les lecteurs de « Missionæren », qu’ils soient pentecôtistes ou qu’ils fassent partie des assemblées évangéliques libres. Ceux d’entre eux qui n’ont pas encore fait un saut en arrière pour revenir au chapitre 7 des Romains pourront y apprendre qu’ils peuvent faire leur apprentissage là où ils vivent leur vie de tous les jours.

Cher « Missionæren », si tu sais quoi dire, réponds-moi, parle ! Car je veux volontiers te déclarer juste. Si ce n’est pas le cas, écoute-moi ! Tais-toi et je t’enseignerai la sagesse. Job 33, 32 et 33.

Je comprends que nous sommes des serviteurs d’autrui pour « Missionæren », mais qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui ? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir. Ro. 14, 4.

Certes, « Missionæren » et ses alliés haïssent la guerre et les armes, mais maintenant que les socialistes commencent à comprendre qu’ils n’arriveront à rien en faisant taire les fusils, on a l’impression que « Missionæren » a aussi changé d’avis. Car le fait est qu’aucun des ennemis qui sont dans le pays ne se rendra volontairement ; ils seront tous pris à la guerre. Jos. 11, 19. C’est sans doute pour cela que le journal vient de faire cette première tentative.

Il se trouve qu’on peut être accueilli dans l’église de Pentecôte à condition d’en faire la demande. On doit pour cela reconnaître et accepter toute une quantité de règles que les dirigeants pentecôtistes ont trouvé bon de fixer. Il est dit dans Hé. 12, 23 que nous nous sommes approchés du chœur des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux. Si nous sommes arrivés là et que nous y sommes inscrits, comment les dirigeants pentecôtistes peuvent-ils alors faire imprimer des formulaires de demande d’admission ? Celui qui demande à être admis reconnaît par là-même qu’il n’a pas été admis jusque-là, en conséquence de quoi l’église de Pentecôte devrait être uniquement composée de membres qui ont été admis par des hommes. Je me permets de demander qui a donné les pleins pouvoirs aux dirigeants pentecôtistes pour qu’ils puissent dominer sur leurs frères, de sorte qu’il faut leur demander d’être admis ? Où cela est-il écrit dans la Bible ? Il faut être passablement présomptueux et enflé d’orgueil pour s’arroger une telle autorité papale. Et en vertu de toute cette folie, ils ont l’audace de passer en revue le peuple de Dieu du haut de leur piédestal et de dire : Toi, tu as « la doctrine pure », mais toi, tu as « la fausse doctrine ». Remballez toutes vos théories. Revêtez-vous d’un sac, versez de la cendre sur vos têtes, allez tous vous cacher dans un coin jusqu’à ce que l’Esprit qui juge et dévore ait consumé votre « doctrine pure ».

Il va de soi que, parmi toutes sortes de grandes choses, les dirigeants pentecôtistes ont aussi eu une maison au fond de leur cœur. C’est la raison pour laquelle, il y a quelques années, le fondateur de l’église de Pentecôte est allé en personne en Amérique pour exposer le désir de son cœur et quémander de l’argent pour cette « grande maison ». Mais les Américains, qui sont habitués à ce que les gens mendient, ne lui ont pas donné grand-chose, si bien que tout cela s’est terminé par un fiasco. Dans sa détresse, il s’est humilié et Dieu l’a béni en lui accordant le baptême de l’Esprit. Mais les racines de cette « grande maison » n’ont pourtant jamais été arrachées, si bien que le même homme a repris sa grande campagne de mendicité. On pourrait croire que le royaume de Dieu consiste en argent, beaucoup d’argent, en maisons, de grandes maisons. Ce serait plus profitable pour le royaume de Dieu que tout échoue à nouveau, comme cela a été le cas en Amérique. Ou n’avez-vous jamais lu : Voilà tout ce que Dieu fait, deux fois, trois fois, avec l’homme. Job 33, 29.

Si on ne nous autorise pas à avoir une place à l’intérieur des assemblées évangéliques libres dans notre pays et à enseigner la voie de Dieu, il faudra vous résigner à ce que nous disions un mot de temps à autre depuis l’extérieur. Dans Ésaïe 54, 17 il est dit : Toute arme qui sera forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue qui s’élèvera en justice contre toi, tu la condamneras. Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel, tel est le salut qui leur viendra de moi, dit l’Éternel.

Si donc « Missionæren » et les dirigeants du « peuple de Pentecôte » et les « chrétiens évangéliques libres » sont vraiment des serviteurs du Seigneur, faites en sorte que notre doctrine soit condamnée par une argumentation convaincante. Si vous n’y arrivez pas, je conclurai que vous n’êtes pas des serviteurs du Seigneur pour nous. Nous ne devons pas nous glorifier au-delà de la mesure que Dieu nous a assignée, mais, dans sa force et par sa sagesse, nous avons l’audace de dire que vous aurez bien du mal avec ce que vous appelez « fausse doctrine », si vous avez envie de regimber contre cet aiguillon. Vous reconnaîtrez par là que votre service pour Dieu contre nous est pire que rien.

Si, malgré tout, vous deviez avoir envie de vous lancer dans une guerre contre nous, ne vous laissez pas entraîner par la chair comme « Missionæren » l’a fait. Attendez jusqu’à ce que vous entendiez un bruit de pas dans les cimes des mûriers ; on s’expose à la mort et à la ruine si on pointe son nez avant ce temps. 2 Sa. 5, 24.

Je comprends bien que le repos peut être doux dans les assemblées des morts (Pr. 21, 16), et qu’on peut dormir en toute sécurité sur la « doctrine pure » ; mais même si les rêves et ce que produit l’imagination peuvent être grandioses, la bataille est tout de même perdue le jour où on se réveille.

Et pour finir, cordiales salutations avec Job 12, 2.