L’épître aux Éphésiens, chap. 3-4

février 1920

L’épître aux Éphésiens

Enracinés et fondés dans l’amour

En sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. V. 17-19.

Il faut être soi-même enraciné et fondé dans l’amour pour comprendre un peu quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ.

L’amour de Christ est plus profond que les péchés de l’impie ; il peut donc relever le pécheur de la fosse, du fond de la boue. Il est plus large que le cœur le plus élargi, il s’étend au-delà de ce que notre raison peut comprendre, et il est plus élevé que toute notre connaissance. Il surpasse donc toute la connaissance que nous pouvons en avoir.

La sagesse est la mère de l’amour. Si nous voulons apprendre à nous conduire dans la maison de Dieu, nous devons chercher les lois qui concernent cette marche dans la sagesse de Dieu. Cette sagesse engendre l’amour de Christ, qui englobe les membres les plus insignifiants du corps, en les attirant de manière irrésistible vers ce qui est plus parfait. L’amour est plein d’espérance ; c’est pourquoi il éteint toute accusation et rend pleinement patient. Il surmonte toute résistance, et aucune force ne peut lui résister, car il donne de l’espérance et trouve une issue. Il ne cherche pas son propre intérêt et n’est pas jaloux. Sa caractéristique est de communiquer, et même son châtiment ne fait qu’ôter tout ce qui peut empêcher sa bonté de s’exercer.

Il n’est pas possible de comprendre l’amour de Christ dans toute sa plénitude, mais celui qui en est saisi entrevoit sa profondeur, sa longueur, sa largeur et sa hauteur.

Au-delà de ce que nous demandons ou pensons

Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! V. 20 et 21.

Il est naturel pour un homme dans ce monde de mûrir et de se développer, pour devenir capable avec le temps de gérer des choses plus importantes qu’au début. On ne prend pas un ignorant pour en faire le chef d’une grande maison de commerce.

Puisqu’il est dit que Dieu veut faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, par la puissance qui agit en nous, il faut comprendre que de grandes possibilités s’ouvrent à nous – des choses tellement grandes que nous ne savons même pas les demander dans nos prières. Mais ces choses nous seront confiées tout à fait naturellement, selon la force et dans la direction dans laquelle l’Esprit a déjà commencé à agir.

Chapitre 4
Marcher d’une manière digne de sa vocation

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. V. 1-3.

De même que chacun a son propre corps, son propre aspect extérieur et son propre nom, chacun a aussi sa propre vocation, car Dieu a placé les membres dans le corps comme il l’a voulu. Chacun d’entre nous doit maintenant marcher d’une manière digne de la vocation qui lui a été adressée. Pour chaque vocation et pour chaque individu, les règles principales suivantes s’appliquent : l’humilité, la douceur, la patience, se supporter les uns les autres avec charité, s’efforcer de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Un peu d’orgueil, un peu d’impatience, un peu d’effronterie, peuvent occasionner des dégâts pour longtemps. Chacun doit faire tout ce qu’il peut pour conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix – là où une telle unité a été atteinte. Si cette unité et cette paix sont rompues, il n’est pas facile de les rétablir. Marchons donc avec prudence. Si l’unité de l’esprit et le lien de la paix sont malgré tout rompus, chacun doit s’appliquer à être prompt à pardonner, à être bon et compatissant (v. 32), pour que les dégâts puissent être réparés et que la communion et la paix soient rétablies.

L’unité

Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. V. 4, 5 et 6.

Nous avons été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps. Ce corps appartient à Christ. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ?

Quand le corps est présenté comme un instrument de justice, c’est une offrande qui est faite à Dieu. Les injonctions de l’Esprit ne doivent pas être entravées par la parenté et les amis selon la chair, car le corps appartient au Seigneur. La vocation de chacun est différente, mais nous avons tous été appelés à une seule espérance par notre vocation. Le péché dans la chair est le même pour nous tous, c’est pourquoi tous les frères dans le monde doivent passer par les mêmes souffrances. La seule et même foi nous amène tous, à tout moment, au jugement du corps du péché, pour que nous ayons part au salut qui donne une plus grande plénitude de Dieu, au sein du seul et même corps. Sanctifiez Christ comme Seigneur dans votre cœur. Le seul et même Dieu et Père de tous ne reconnaît aucun autre Seigneur.

Ici dans le monde, le corps peut être décomposé en plusieurs parties :

  • 1. Le corps de la chair : c’est le corps qui servait le péché et qui était présenté comme un instrument du péché, quand nous étions dans le monde. Nous nous sommes maintenant dépouillés de ce corps par la circoncision de Christ ; il a été enseveli sous les eaux du baptême. Col. 2, 11-12.
  • 2. Le corps du péché : c’est le corps dans lequel habite le péché, même après que nous avons été sauvés. Ce péché est celui que nous avons hérité, et il n’entraîne pas notre condamnation, si nous n’obéissons pas à ses désirs. Le corps du péché est anéanti au fur et à mesure que le vieil homme est crucifié et qu’on refuse de le nourrir. Ro. 6, 6.
  • 3. Le corps de mort : c’est le corps que nous portons aussi longtemps que nous avons quelque chose à faire mourir. Paul s’exclame dans une question : Qui me délivrera du corps de cette mort ? Ro. 7, 24. Mais comme lui, nous devons porter ce corps aussi longtemps que nous vivons. Aussi longtemps que nous habitons dans ce corps de mort, nous sommes comme en pays étranger, loin du Seigneur ; mais quand nous quitterons cette terre pour être auprès de Lui, nous nous dépouillerons de ce corps de mort, et notre esprit sera libre et réceptif pour un corps de gloire.
  • De même que nous sommes maintenant baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, pour que ce seul et même Esprit puisse nous conduire à la seule mort qui donne le salut, la mort de Christ, de même nous serons aussi unis dans un seul et même corps avec Christ, lors de la révélation de sa gloire, dans la force de la résurrection, cette force qui nous a conduits dans la mort.

    Distribution de dons

    Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. C’est pourquoi il est dit :

    Étant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. Or, que signifie : Il est monté, sinon qu’il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. V. 7-10.

    Si Jésus n’était pas d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre, sa gloire actuelle ne nous serait d’aucun profit.

    Quand il existait sous forme de Dieu, il n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.

    C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom. Ph. 2, 6-10.

    Le mystère de la piété consiste à descendre dans les régions inférieures de la terre. C’est ce qu’a fait Jésus, en revêtant la chair et le sang, et en devenant à tous points de vue semblable à ses frères. On n’a pas une haute opinion de soi-même là en bas, dans les régions inférieures de la terre. Le péché dans la chair y est révélé ; on peut y voir Christ manifesté dans la chair. On ne peut jamais voir de telles choses sur le mont Thabor. Tenons-nous donc là, dans les régions inférieures de la terre, et ce sera l’affaire de Dieu de nous élever en son temps. Plus nous descendons dans les régions inférieures de la terre, plus notre entendement est noble et plus grands sont les fardeaux que nous sommes en mesure de porter. Maintenant que Christ a été élevé, il prend à cœur les humbles, qui descendent dans les régions inférieures. Il donne à de telles âmes les dons les plus grands et les plus glorieux, car ce sont elles qui en ont le plus besoin.

    Le monde veut s’élever, le plus haut possible. Il veut s’asseoir, si possible, sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion. És. 14, 13.

    Jésus est descendu et a été maltraité, méprisé ; il était misérable, et il n’a pas ouvert la bouche, comme un agneau qu’on mène à la boucherie… Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment. És. 53, 7-8.

    Jésus englobe tout le monde, car il est descendu plus bas que tous. Lorsqu’il a paru comme un simple homme, il a poursuivi la marche vers le bas, en se rendant obéissant jusqu’à la mort de la croix.

    Aucun d’entre nous ne peut exiger quoi que ce soit, mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. Les dons de la grâce sont répartis de manière très différente, mais nous comprenons cependant que la grâce et les dons sont répartis de telle manière que la grâce de l’un vient au secours de la faiblesse de l’autre. Par la grâce qui lui a été donnée, un membre peut donc être une houlette pour un autre membre, dont la grâce et les dons se trouvent dans d’autres directions. Un membre donné sera donc ainsi toujours une aide pour les autres membres, aussi bien consciemment qu’inconsciemment, de sorte qu’il apparaît que même le membre dont on ne peut pas dire qu’il soit un serviteur dans l’Assemblée est quand même, par sa grâce et par ses dons, dans une relation « magnétique » (spirituellement parlant) avec le serviteur de l’Assemblée, à qui il donne de l’aide et du soutien là où il est faible.

    Par cette distribution des dons de la grâce, nous avons de nouveau un aperçu de l’amour de Christ, qu’il répand sur nous avec toute sagesse et connaissance, pour favoriser notre bien-être et notre croissance dans la grâce.

    Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs

    Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. V. 11.

    Dieu accorde à ces personnes des dons particuliers pour servir l’Assemblée. Les dons de ces personnes sont tellement manifestes que toute leur personne devient un don à l’Assemblée.

    Apôtres :

    Personne ne peut prendre les choses entre ses propres mains et dire : Je veux être un apôtre. C’est Dieu qui choisit ceux qu’il veut. Jésus a trouvé un Pierre, il a trouvé un Jacques, un Marc, un Matthieu et un Jean. Il leur a dit : Suivez-moi, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. La tâche d’un apôtre, c’est donc avant tout de pêcher des hommes. Avec ces hommes, il doit former des assemblées ; cela signifie qu’il doit enseigner la piété à chacun en particulier, et il doit apprendre à tous à avoir des rapports mutuels empreints de l’amour de Christ. Ce n’est pas là une tâche facile. Personne ne peut donc être apôtre sans entendre ce que l’Esprit dit dans les assemblées.

    L’apôtre Jean a eu pour tâche d’écrire aux anges des sept Églises d’Asie mineure. Pour pouvoir le faire, il devait lui-même entendre et voir, pour pouvoir ensuite faire part avec précision de ce que Dieu lui avait révélé. Les anges (défenseurs) ou responsables de l’Église devaient se conformer à ce que disaient les apôtres, tout comme les apôtres devaient se conformer à Jésus-Christ.

    Puisque la tâche d’un apôtre est de pêcher des hommes dans le monde et de leur enseigner la piété dans l’Assemblée, nous comprenons que les apôtres doivent être tout à la fois prophètes, pasteurs, évangélistes et docteurs. S’ils n’avaient pas tous ces dons, ils ne pourraient pas remplir la tâche difficile qui consiste à faire sortir une assemblée du monde pour la conduire vers ce qui est parfait en Jésus-Christ. L’un ou l’autre de ces dons peut être plus ou moins manifeste, mais ils doivent obligatoirement être tous présents.