L’épître aux Éphésiens Éphésiens, chap. 1

mai 1919

L’épître aux Éphésiens Éphésiens

Nouvelle dispensation
Dieu réunit tout en Christ

Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution (pour une dispensation, autre trad.) lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. V. 9 et 10.

Quand il est écrit ici que Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, les personnes dont il est question sont celles qui se sont laissé influencer et convaincre, et qui ont reçu l’enseignement de l’Esprit, selon son bon plaisir. Dieu convainc l’homme en faisant appel à son libre arbitre. Des pensées s’élèvent dans le cœur de l’homme pour savoir s’il faut ou non recevoir les choses dont l’Esprit convainc. Si on choisit alors de son plein gré de recevoir les mystères de la volonté de Dieu selon son libre dessein, on apprend à connaître la dispensation qui réunira toutes choses en Christ, quand les temps seront accomplis.

Quand un homme et une femme se marient, ils commencent une dispensation. Mais l’épouse de Christ est encore en formation. Au fur et à mesure qu’elle croît en celui qui est la tête, elle apprend à connaître la nouvelle dispensation. Elle se concerte avec son époux en esprit, pour savoir comment toutes les choses doivent être. Le fait que ce soit de leur plein gré, de part et d’autre, rend les choses intéressantes, et l’époux explique à son épouse les secrets les plus profonds de la dispensation. La formation, la croissance et l’apprentissage de l’épouse ont lieu dans le secret. Elle est formée selon le bon plaisir des mystères de sa volonté, et selon sa puissance créatrice. Elle se développe au beau milieu de la foule, mais elle en est séparée en esprit. Alors que les foules se démènent pour trouver quelque chose à manger et à boire, et de quoi se vêtir, elle a une nourriture inconnue pour les autres. Ses œuvres sont un fin lin, éclatant et pur, dont il lui est donné de se vêtir. Ap. 19, 8. Le monde impie ne comprend pas ce qui est formé et créé dans le secret, dans une compréhension mutuelle, selon le bon plaisir de sa volonté, bien que cela se déroule sous ses yeux. Quand elle sera un jour révélée pour son époux, munie de beauté corporelle et revêtue du fin lin, éclatant et pur, Christ pourra dire : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! Ces deux sont maintenant un.

Mais ce ne sont pas seulement l’épouse et l’époux qui doivent être réunis – toutes choses doivent être réunies en Christ, ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre.

Tel que le monde est maintenant, il est loin d’être réuni en Christ. Les hommes sont trompés par Satan et ne peuvent pas saisir les choses de Dieu ; ils en sont éloignés et ne peuvent pas comprendre le bon plaisir de sa volonté. L’endurcissement du cœur agit comme un blindage contre la compréhension des choses divines. Mais même si les hommes ne peuvent pas plonger leurs regards dans les plans de Dieu et dans la nouvelle dispensation, ils n’en sont pas moins l’objet de ses plans. Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. Seul un homme mauvais peut faire une œuvre mauvaise, et les bonnes œuvres sont faites par les hommes bons. Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Mt. 25.

Cette séparation fait partie de la dispensation. Chacun est mis à la juste place qui lui revient. Ceux qui étaient à sa gauche pensaient qu’ils faisaient beaucoup de bien, alors que ceux qui étaient à sa droite étaient habitués à s’entendre dire qu’ils ne faisaient rien de bien. Ils en avaient été tellement imprégnés qu’ils ne pouvaient pas admettre à ce moment-là non plus qu’ils avaient fait quelque chose de bien. Dieu réunit maintenant les brebis et les boucs en Christ, en les plaçant selon le bon plaisir de son cœur. Ceux qui sont du côté gauche sont envoyés dans l’étang de feu, qui est préparé pour le diable et ses anges. Il est donc bien préparé, mais c’est Dieu qui prépare toutes choses ! Ceux qui sont du côté droit doivent hériter du royaume préparé pour eux dès avant la fondation du monde. Nous comprenons par là que dès avant l’existence du monde, Dieu avait décidé, selon son bon plaisir, où il voulait placer les méchants et où il voulait placer les bons dans la nouvelle dispensation. Il matérialisera la séparation qui existe déjà en réalité. Dieu ne se reposera pas avant que cela ait eu lieu. Et quand tout aura ainsi été mis à sa place, selon la lumière et la vérité de Dieu, suivant ses jugements justes, alors toutes choses seront réunies en lui, qui est la vérité même, Jésus-Christ. C’est la volonté de Dieu qui réunit toutes ces choses. Si nous obéissons à cette volonté, nous y gagnons, mais si nous suivons nos propres voies, nous sommes perdants. Celui qui s’oppose à sa volonté se place lui-même en dehors de Lui – à une très grande distance – et c’est juste de la part de Dieu de le laisser là où il a lui-même choisi de se trouver.

Il sera rendu à chacun selon ses œuvres, aussi bien dans le salut que dans la perdition. On est placé à l’endroit où on doit être en vérité. C’est ainsi que toutes choses sont réunies dans la vérité, Christ. Quelle dispensation bénie ! Nul besoin d’être hypocrite ou d’user de flatterie pour se retrouver à une place plus élevée que celle dont on est digne. Son corps, l’Assemblée, qui a combattu violemment toute cette injustice, aura alors un plein repos en Lui, car chacun aura été placé là où il doit être, et non pas là où il pense qu’il devrait être. L’enfer lui-même n’a rien à dire contre cette dispensation. Tout genou fléchira, chacun à sa place, pour confesser qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Il réunit toutes choses en un – pas seulement sur la terre, mais aussi au ciel. Il est bien connu qu’il y a beaucoup de choses à mettre en ordre et à redresser sur la terre, mais on est peut-être moins au courant des choses dans le ciel qui doivent aussi être réunies en un, au temps voulu.

Le ministère des anges en notre faveur dépend de notre bon plaisir, du bon plaisir de Dieu et du sang de Christ. Il n’y a pas de paix parfaite et profonde au ciel, dans une pleine mesure, aussi longtemps que la volonté de Dieu n’est pas faite sur la terre comme elle est faite au ciel. On peut attrister le Saint-Esprit en s’opposant à lui. De même, il y a de la joie dans le ciel pour chaque pécheur qui se convertit. Tout cela indique clairement que le ciel suit attentivement ce qui se passe sur la terre, et participe à ses peines et à ses joies. L’Esprit est du ciel. Il s’unit à l’eau et au sang, qui appartiennent à la terre. Quand le sang aura purifié et réconcilié toutes choses et tous ceux qui veulent être purifiés et réconciliés, et quand tous ceux qui veulent rejeter le salut l’auront rejeté, alors Dieu aura des matériaux à réunir en Christ.

En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté. V. 11.

Par l’obéissance de la foi, Abraham a eu la promesse qu’il hériterait le monde. Ro. 4, 13. Nous pouvons avoir l’impression que ce sont les impies qui possèdent le monde, car ce sont eux qui jouissent de toutes ses gloires et qui se l’approprient, comme s’ils devaient vivre éternellement ici-bas. Cependant, ce n’est pas de ce monde-ci qu’Abraham hérite, car le monde et sa convoitise passent. Ce serait donc un piètre héritage. Non ! Dieu crée une nouvelle terre, où règne la justice. Abraham – celui qui est juste par la foi – pourra dresser ses tentes et prendre possession de son héritage sur cette nouvelle terre. Et pas seulement Abraham : tous ceux dont les péchés auront été purifiés dans le sang de l’Agneau en prendront possession.

Abraham a des promesses terrestres. Ce sera magnifique d’être sur la nouvelle terre ; la justice y régnera ! Il n’y aura plus ni chagrin ni tourment.

Mais Dieu ne crée pas seulement une nouvelle terre, il crée aussi un nouveau ciel, où règne la justice. Le pays dont nous héritons ne se trouve pas dans la Palestine des Juifs. Il se trouve dans le royaume des cieux, qui consiste en justice, paix et joie dans le Saint Esprit. Notre corps est le champ d’opération pour le travail de Dieu. Les injonctions de l’Esprit apportent la sagesse et la force, ce qui nous transforme en hommes de Dieu, qui sont rendus capables d’hériter des énormes richesses que Dieu nous a réservées. Plus l’héritage est important, plus la formation que Dieu nous donne doit être poussée – cette formation qu’il nous donne déjà pendant les jours de notre chair. Ce n’est pas la lumière en elle-même qui est l’héritage, mais l’héritage se trouve dans la lumière. Il faut déjà beaucoup de sagesse pour se conduire de manière juste dans l’Assemblée de Dieu ici sur terre ; il en faut encore bien plus pour se comporter comme il convient face à l’héritage glorieux qui nous attend dans l’au-delà.

Notre corps, et la sagesse qui est en lui, sont sans doute les plus magnifiques dons qui soient, mais ce n’est pas l’héritage lui-même, de même qu’il ne s’agit pas de notre propre corps terrestre, quand il est question de l’héritage. S’il est dit que toutes choses sont à nous, cela signifie toutes choses en dehors de moi-même, puisque j’appartiens à Christ et que je ne peux pas me réjouir en moi-même, l’amour n’étant pas de cette nature. Nous en concluons donc que tous les saints nous appartiennent, tous les apôtres et les prophètes, et même Dieu et notre Seigneur Jésus-Christ. Il y a une seule personne que nous ne possédions pas : nous ne nous possédons pas nous-mêmes, car nous appartenons à Christ, comme Christ appartient à Dieu.

Si donc les personnes sont formées avec une telle sagesse et qu’elles sont glorieuses à ce point, combien tout ce qui est créé pour ces êtres magnifiques ne doit-il pas être plein de gloire ! Nous pouvons apprécier notre héritage dans la mesure où nous avons la sagesse et l’intelligence pour juger de sa valeur. Mais cette sagesse et cette intelligence sont individuelles, et dépendent de notre fidélité personnelle et de notre obéissance [à la voix de Dieu] pendant la vie ici-bas.

Serviteurs choisis

Nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés… Alors que Saul de Tarse, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, était en route pour Damas, une lumière venant du ciel a tout à coup resplendi autour de lui. Cette lumière était tellement forte qu’il est resté trois jours sans voir, sans manger ni boire. Dieu a alors amené Ananias vers lui, au moyen d’une vision, pour qu’il lui impose les mains et qu’il recouvre la vue. Mais avant cela, Ananias avait dit : Seigneur, j’ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël. Ac. 9.

Dieu connaissait Saul de Tarse alors qu’il respirait encore la menace et le meurtre contre les saints. Il l’avait déjà choisi, il l’avait formé pour être l’instrument qu’il était appelé à être. Mais du fait de son incrédulité, Saul faisait fausse route. Dieu savait qu’il avait en Saul un homme dans l’esprit duquel il n’y avait pas de fraude ; ce n’était pas un homme lâche ou mou. Il y avait beaucoup de chrétiens déjà à cette époque, mais aucun d’eux n’a été choisi pour l’œuvre grande et intrépide que Saul de Tarse a accomplie. Il était tellement fidèle à la vérité qu’il pouvait accomplir la parole de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur, qui le connaissait d’avance, dit : Je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom.

Dieu ne peut pas choisir n’importe qui pour de grandes œuvres, car beaucoup sont ceux qui flanchent le jour où Dieu leur montre tout ce qu’ils doivent souffrir pour le nom de Jésus. Personne n’a jamais reçu de lumière et de sagesse de la part de Dieu sans que cela ne passe par des épreuves et des souffrances. Ce sont de tels hommes éprouvés qui tiennent bon au jour du combat, et qui sont aptes à conduire le peuple du Seigneur.

Il est dit de Jacob et d’Ésaü : quoique les enfants ne soient pas encore nés et qu’ils n’aient fait ni bien ni mal – afin que le dessein d’élection de Dieu subsiste, sans dépendre des œuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle – il fut dit à Rébecca : L’aîné sera assujetti au plus jeune ; selon qu’il est écrit : J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü. Ro. 9.

L’Esprit de Dieu – l’Esprit de vérité – ne s’empare jamais d’un homme par la force, mais il convainc et il dirige. Il faut beaucoup d’amour pour la vérité pour l’entendre parler tranquillement au plus profond du cœur. Dieu savait d’avance qu’Ésaü était une personne qui s’opposerait à l’Esprit de Dieu, qu’il mépriserait son droit d’aînesse, etc., c’est pourquoi Dieu l’a haï, même avant sa naissance. Il connaît et il juge les sentiments et les pensées cachés du cœur chez l’homme, même avant qu’il ne sorte du sein de sa mère. C’est sur la base de cette même prescience que nous avons été choisis pour servir à la louange de sa gloire ; c’est pourquoi nous devons maintenant affermir notre vocation et notre élection. Tout est disponible pour nous dans la grâce au bénéfice de laquelle nous sommes, et nous pouvons pénétrer profondément dans le royaume de Dieu, à condition de le souhaiter nous-mêmes. Nous vivons ici selon la loi parfaite de la liberté. Les rêves que Joseph a faits, sur le soleil, la lune et les douze étoiles qui se prosternaient devant lui, montrent que Dieu l’avait choisi pour être le sauveur d’Israël à l’occasion d’une grande famine. Les combats avec le lion et l’ours ont rendu David capable de combattre Goliath. C’est pourquoi il dit : L’Éternel, qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. Dieu l’avait élu pour l’œuvre qu’il avait à accomplir, avant même sa naissance, et il a commencé à exercer ses mains au combat dès son enfance. C’est pourquoi Huschaï, en conseillant Absalom, pouvait dire de David dans sa vieillesse : Ton père est un homme de guerre, et il ne passera pas la nuit avec le peuple. 2 Sa. 17, 8.

À Jérémie, Dieu dit : Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu sois sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations. Jé. 1, 5.

Les anciens d’Israël s’assemblèrent, et vinrent auprès de Samuel à Rama. Ils lui dirent : Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations. Samuel vit avec déplaisir qu’ils disaient : Donne-nous un roi pour nous juger.

Et l’Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira ; car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. 1 Sa. 8, 4-7.

Les hommes restent toujours les mêmes, au fil des siècles. Ils voulaient qu’un roi domine sur eux, parce que tous les autres peuples avaient un roi. C’était une croix pour eux d’être différents de tous les autres. Ils ont donc eu un roi, mais ce n’était pas selon la volonté bonne et agréable de Dieu.

Dieu a choisi pour eux un homme qui correspondait à la façon dont ils se représentaient la dignité royale, car Saül était jeune et beau, plus beau qu’aucun des enfants d’Israël, et les dépassant tous de la tête. 1 Sa. 9, 2.

Mais nous savons ce qu’il est advenu de Saül ; il est tombé quand il fallait rester debout. Les enfants d’Israël avaient poussé l’Éternel à leur donner un roi, et il en a choisi un qui leur ressemblait. À la longue, il a été un sujet de honte pour eux.

C’est de cette manière que Dieu choisit un Pharaon pour manifester sa puissance contre lui, un Judas pour montrer la fausseté de l’homme, etc. Tout est fait pour que Dieu soit glorifié en fin de compte.

Selon le sage dessein de Dieu, l’héritage se trouve dans la lumière. Il se trouve dans le jugement. C’est pourquoi l’héritage de Dieu, son peuple acquis et élu, est formé et rendu capable pour le ministère au travers du jugement.

L’ouvrage loue son créateur

Afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ. V. 12.

Un artiste est honoré par son œuvre. Plus l’œuvre est bien faite, plus l’artiste est compétent. Un pécheur qui a été sauvé par grâce, qui a été rempli de l’Esprit de Dieu, et qui est formé à l’image du Maître, est une œuvre d’art inégalable. Plus une personne est remplie de la nature de Dieu et des vertus de Christ, plus Dieu est honoré par cette personne. Avant les siècles, Dieu a destiné pour notre gloire le mystère de Dieu, qui est Sa sagesse, mystérieuse et cachée. 1 Co. 2, 7. C’est par l’Église – l’Assemblée – que Dieu veut faire connaître sa sagesse infiniment variée aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes, selon le dessein éternel qu’il a mis à exécution par Jésus-Christ notre Seigneur.

Nous sommes le matériau, il est l’artiste. Notre propre volonté est une force de résistance dans le matériau, contre le travail de l’artiste. Si notre volonté propre est plus forte que la volonté de Dieu, il nous arrive la même chose qu’à l’argile dans la main du potier : le vase se brise, et le potier doit refaire un autre vase. C’est pourquoi, plus vite nous apprenons à dire : Non pas comme je veux, mais comme tu veux, plus vite nous serons formés à l’image et à la louange de celui qui nous a créés.

Espérant contre toute espérance

L’apôtre dit : nous qui d’avance avons espéré en Christ. Est-ce à dire que nous n’espérons plus en lui ? Si ! nous espérons encore en lui. Mais il y a une délivrance dans l’espérance, au fur et à mesure que nous sommes formés à son image, dans la mesure où la mort de Christ commence à agir en nous et que nous obtenons la justice de Christ à laquelle nous aspirions en espérance. L’espérance ne nous rend pas confus au cours de notre marche, pas plus que l’accomplissement final de ce que nous avons espéré ne nous rendra confus le jour où nous serons rendus semblables à Lui et que nous le verrons tel qu’Il est. Pendant notre marche, l’espérance trouve son aboutissement dans la foi. Quand la foi vient, nous pouvons dire que l’espérance ne nous a pas rendus confus. Néanmoins, la foi elle-même est une espérance aussi longtemps que nous sommes dans cette tente ; elle attend avec une pleine assurance que la gloire que l’on possède déjà dans son esprit soit dotée d’un corps. Pour l’instant, cette vie est cachée, mais un jour, elle sera manifestée pour tous.

Espérant contre toute espérance (« avec espérance contre espérance », autre trad.), Abraham a cru qu’il deviendrait le père d’un grand nombre de nations. Ro. 4, 18. « Avec espérance » – nous espérons une promesse, mais quand la promesse est venue et nous a été donnée par la délivrance et la rédemption dans le sang de Christ, « avec espérance » disparaît pour être remplacé par « Christ en vous, l’espérance de la gloire ».

Notre âme est livrée à la mort par le sang de Christ. De cette manière, l’esprit humain est délivré de la chair et est rendu vivant par le second Adam. On parvient ainsi à un plein repos en esprit et on parvient à l’espérance qu’on espérait « avec espérance ». Car c’est de la foi que nous attendons, par l’Esprit, l’espérance de la justice. Ga. 5, 5. La première espérance nous rend participants de l’œuvre de Christ « pour nous », alors que la dernière nous rend participants de l’œuvre de Christ « en nous ». Car ce qui a été fait pour nous doit aussi être fait en nous, par l’impulsion de l’Esprit et l’obéissance de la foi. Quand nous avons obtenu la justice par la foi, nous attendons encore en Esprit ce que cette justice nous donne l’espérance d’obtenir. Plus on a obtenu de justice par la foi, plus grande et plus glorieuse est l’espérance, et l’espérance ne rend pas confus.