L’épître aux Éphésiens
Au cours de cette marche, il acquérait une lumière et une connaissance du mystère de Christ qu’aucun des anciens n’avait été en mesure de recevoir. Car les innombrables sacrifices faits dans le corps mettent un terme définitif au péché, alors que les sacrifices faits en dehors du corps ne font que rappeler le souvenir du péché.
Paul était serviteur de l’Esprit et apprenait à comprendre l’opinion de l’Esprit. Mais l’opinion de l’Esprit étant l’opinion de Dieu, et l’opinion de Dieu étant l’opinion de Christ, Paul, en marchant selon l’Esprit, arrivait à la même opinion. Cela rendait la communion intime. Paul était attentif à la voix de l’Esprit, car il était bien disposé. Dieu a ainsi pu l’utiliser beaucoup, et de ce fait, Paul a eu sans cesse besoin de la lumière qu’il avait reçue, pour mettre de l’ordre dans toutes les questions difficiles au sein des assemblées. Et Dieu, qui répond à tous nos besoins selon la richesse de sa gloire, n’a pas été avare de révélations et d’intelligence à son égard. Il a donné à l’apôtre de contempler des choses glorieuses insondables, pour que cela le remplisse de zèle pour servir les assemblées, et pour que celles-ci à leur tour puissent grandir et être fortifiées dans la foi.
Si nous nous sacrifions maintenant nous-mêmes par la puissance d’un Esprit éternel, nous n’aurons pas seulement connaissance des souffrances de Christ, mais nous partagerons la souffrance avec lui, et nous partagerons aussi la gloire avec lui. C’est une loi de Dieu qui fait que la sagesse qui est en lui s’écoule en nous. Ses mystères deviennent notre vie ; c’est pourquoi toute notre vie devient un mystère. Mais même si c’est un mystère pour tous ceux qui sont à l’extérieur, elle est dévoilée et exposée à la lumière pour celui qui possède la vie.
Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus-Christ par l’Évangile, dont j’ai été fait ministre selon le don de la grâce de Dieu, qui m’a été accordée par l’efficacité de sa puissance. V. 6 et 7.
Dieu a conduit l’apôtre en Esprit, avec puissance, dans la connaissance du fait que les païens étaient cohéritiers et faisaient partie du corps. Il a vu en esprit comment le corps naturel était mis à part par l’Esprit comme sacrifice. Tu m’as formé un corps. Il a vu comment les païens étaient baptisés d’un seul Esprit pour former un seul corps.
Il a ensuite pénétré dans le corps, et il est devenu un sacrificateur de Jésus-Christ, pour les païens. L’œuvre de l’Esprit ne consiste pas seulement à baptiser pour former un seul corps ; il doit pénétrer dans le corps pour choisir les sacrifices. Dans ce travail, Paul était ouvrier avec Dieu, alors que l’assemblée elle-même était le champ de Dieu. Il dispensait l’Évangile de Dieu comme un sacrificateur, en n’éloignant pas son épée du carnage. Dieu choisissait des sacrifices, et l’apôtre s’acquittait du divin service, afin de conduire les païens par la foi à l’obéissance par la foi et les œuvres. Ro. 15.
Pour pouvoir servir comme sacrificateur, il fallait que Paul ait été lui-même mis à l’épreuve dans les domaines dans lesquels il devait aider les autres. La Parole de Dieu devait s’accomplir avec lui et en lui, pour qu’il puisse l’accomplir dans une pleine mesure dans les autres.
La connaissance relative au corps reste un grand mystère de nos jours ; combien plus grande est donc la connaissance relative aux sacrifices dans le corps ! De la même manière, le ministère par le baptême de l’Esprit devient grand, mais le ministère de sacrificateur dans le corps, par l’Esprit, devient encore beaucoup plus grand.
La gloire de l’héritage augmente en valeur suivant le nombre des sacrifices. Car plus on sacrifie, plus on est pieux, saint et pur.
Même si le corps est mis à part par l’Esprit comme un seul sacrifice entier, il n’en reste pas moins beaucoup de sacrifices à faire dans le seul corps, qui coûtent plus à sacrifier que le corps en entier.
Dieu a besoin de collaborateurs au cours de ce travail. L’avantage de l’apôtre sur les païens, de ce point de vue, était qu’il se sacrifiait lui-même par la puissance d’un Esprit éternel, comme Jésus lui-même, alors que les païens avaient besoin d’une aide pour présenter les sacrifices.
À moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses. V. 8 et 9.
On est tellement habitué à l’hypocrisie et au mensonge que personne, sans doute, ne pense que l’apôtre parle sérieusement, quand il se désigne comme le moindre de tous les saints. Et pourtant, l’Esprit le poussait à s’exprimer de la sorte.
Il était en vérité très petit à ses propres yeux. La moindre pensée consacrée à soi-même, ou la moindre tendance à s’enfler d’orgueil, fait que l’Esprit se retire. Mais la dispensation du mystère que Paul annonçait lui avait été maintenant révélée en Esprit. L’Esprit ne rend témoignage d’aucun homme ; il ne rend même pas témoignage de lui-même. Il rend témoignage de Christ. Les révélations de l’Esprit exigent donc que l’on soit très petit à ses propres yeux. Si on veut s’arrêter sur ce que dit l’Esprit, faire des découvertes en Esprit, et servir tout de suite les autres avec ces découvertes, il faut que l’on ait une opinion modeste de soi-même.
Il sentait qu’il était donné en spectacle à la fois aux anges et aux hommes – qu’il était le rebut de tous. Cela provenait du fait que dans tout son ministère, il était poussé par l’Esprit à s’opposer à la chair des autres, pour l’apporter comme un sacrifice sur la croix. Cela lui apportait beaucoup d’opposition et de tribulations. Celles-ci, à leur tour, faisaient sur lui un tel effet qu’il se considérait comme le plus petit et le plus misérable de tous les saints.
On se sent misérable quand on rencontre de l’opposition de tous côtés. C’est pourquoi il est dit de Jésus qu’il a été tourmenté, frappé et rendu misérable. Et quand la vraie lumière ne témoigne elle aussi que de la misère qui est en nous, et exige de notre part de nombreux sacrifices, par les jugements de la lumière, la misère croît à un tel point qu’on se sent le moindre de tous les saints. Car on ressent l’opposition de la part des hommes pour ce qui est de l’esprit, et celle de Dieu pour ce qui est de la chair.
Dans un tel état, on est assez humble pour éclairer tout le monde, pour ce qui concerne la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu.
La dispensation devient claire par les jugements de la lumière. Le grand nombre des sacrifices, lié à un ministère de sacrificateur très varié, fait apparaître des procès où des jugements sont prononcés par la lumière et la perfection (les urim et les thummim). De cette manière, on s’en prend au péché dans la chair, et on atteint le but. C’est ce qu’a fait Dieu, quand il a envoyé son Fils dans une chair semblable à celle du péché, et à cause du péché, et qu’il a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3.
La dispensation de cette lumière et de ces jugements reste encore un mystère de nos jours, car la chair se rebiffe quand elle fait l’objet d’un traitement aussi radical. Mais quand on souffre avec Christ, et que l’on supporte tout à cause de son nom, on exerce une dispensation de ces choses très secrètes et mystérieuses de l’autre côté du voile – sa chair.
Il y a là une dispensation d’heure en heure avec des valeurs vitales ; on ne cesse d’y perdre sa vie et d’y trouver sa vie. C’est cela qui rend cette dispensation beaucoup plus intéressante et passionnante que toute autre dispensation.
Oses-tu entrer et participer à cette dispensation ? Acceptes-tu de te laisser servir par le plus petit ?
Afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd’hui par l’Église la sagesse infiniment variée de Dieu, selon le dessein éternel qu’il a mis à exécution par Jésus-Christ notre Seigneur. V. 10 et 11.
Dès les temps éternels, Dieu avait pris la résolution de faire connaître par l’Église sa sagesse infiniment variée aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes.
Il nous a tirés de l’abîme ; il a appelé son fils hors d’Égypte. Il relève le pauvre de la boue et le place parmi des princes. Dieu place à sa droite, pour qu’il dirige le monde à venir, celui qui a été maltraité, battu et opprimé, celui dont on n’a fait aucun cas. Dieu a choisi les choses viles du monde, celles qui ne sont point, pour confondre celles qui sont.
La sagesse de Dieu germe parmi les pauvres, ceux qui n’ont pas une belle prestance. C’est du milieu d’eux que sort un peuple qui portera le sceptre éternellement.
Lorsque les dominations et les autorités dans les lieux célestes verront cela, elles qui ont toujours vécu dans leur puissance et dans leur gloire, elles seront fort étonnées de la sagesse de Dieu. Cela les disposera à louer Dieu du plus profond de leur âme, en toute connaissance de cause. De cette manière, le sang de Christ aura, par l’Église, un effet direct puissant sur les autorités dans les lieux célestes, pour les réconcilier avec Dieu dans une mesure plus profonde. Les anges avaient pu tuer 3000 hommes en un seul jour dans le désert, et ils s’étaient dressés comme une protection pour les armées de l’Éternel. Ils avaient pu délivrer Lot de Sodome et Pierre de la prison. Mais ils n’avaient aucune expérience de la force et de la sagesse de Dieu qui se déploie dans un fils de l’homme pauvre et misérable, de sorte qu’il est capable, dans toute sa misère, de vaincre Satan lui-même. Ils désiraient plonger leurs regards dans cette sagesse infiniment variée, pour comprendre comment la postérité de la femme peut devenir capable d’écraser la tête du serpent – malgré un état tellement misérable.
Le repos de Dieu, notre repos en Dieu, et le repos des dominations et des autorités dans les lieux célestes, deviennent parfaits, lorsque le dessein éternel de Dieu, qu’il avait résolu d’accomplir en Jésus-Christ, est réalisé dans toute sa plénitude – sans limitations.
À ce moment-là, les dominations et les autorités seront parvenues, par l’Église, à une pleine intelligence des profondeurs de Dieu. L’honneur qu’ils peuvent de ce fait rendre au Père devient ainsi parfait, puisque l’œuvre de Dieu dans le Fils est parfaite.
Aussi je vous demande de ne pas perdre courage à cause de mes tribulations pour vous : elles sont votre gloire. V. 13.
Tous les serviteurs du Seigneur en Esprit et vérité savent qu’il y a deux sortes de tribulations. D’abord, il y a les tribulations à cause de soi-même ; ensuite, celles par lesquelles on passe à cause de l’Assemblée.
Dieu dispose ainsi les choses pour que celui qui sert dans l’Assemblée ait une certaine avance, en ayant été éprouvé dans les domaines dans lesquels il doit servir les autres.
Les tribulations à cause de l’Assemblée sont bien plus grandes que les tribulations personnelles ; c’est pourquoi elles donnent au serviteur dans l’Assemblée un développement bien plus grand que ce que donnent les tribulations personnelles.
L’apôtre voulait que les Colossiens sachent combien était grand le combat qu’il soutenait pour eux, et pour ceux qui étaient à Laodicée. Col. 2, 1.
Toutes les querelles internes retombaient sur l’apôtre, qui devait régler les difficultés. C’est pourquoi il souhaite ardemment qu’ils aient le cœur rempli de consolation, et qu’ils soient enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ.
Le fait qu’ils sachent combien était grand le combat qu’il soutenait pour eux devait éclairer leur manière de voir les choses. Paul, qu’ils considéraient comme tellement petit parmi eux, dans leur ignorance, devenait tout à coup grand, et ses tribulations pour eux, qui auraient dû être un sujet de honte pour eux, devenaient un sujet de gloire, lorsque leurs yeux s’ouvraient sur tout ce que Dieu et les hommes sacrifiaient pour eux.
Il souhaitait ardemment qu’ils parviennent au mystère de Dieu. Toute force est fondée sur un mystère. Même la force de l’iniquité a ses racines dans des mystères ; c’est pourquoi il est question du mystère de l’iniquité. Celui qui a ses racines dans les mystères de Christ ne se laisse pas entraîner par toutes sortes de doctrines humaines et d’interprétations étrangères des Écritures. Avec l’apôtre, nous souhaitons de tout cœur que le peuple de Dieu puisse parvenir à une pleine intelligence, pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ. Mais quand on est en route vers ce but élevé, on doit passer par des tribulations de toutes sortes, qui deviennent un sujet de gloire pour l’Assemblée comme pour ses apôtres, une fois qu’elles sont connues.
À cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père. V. 14.
Que pouvait-il faire d’autre ? Pour leur faire comprendre dans quelle mesure il les aimait d’un amour entier et profond, il lui était en effet impossible d’user de la compréhension qu’il avait et de la sagesse infiniment variée qu’il possédait. Leur état charnel était un obstacle, qui les empêchait de comprendre cet apôtre tellement riche et puissant en Dieu. Il aurait bien voulu les entourer avec toute sa plénitude d’amour de Dieu, mais il était loin de recevoir en retour un amour compréhensif. Bien au contraire, ils manquaient d’amour à son égard, ils étaient sages à leurs propres yeux et enflés d’orgueil. Cela occasionnait chez lui de grandes souffrances, et c’est dans ces souffrances qu’il fléchissait les genoux devant celui qui est le vrai Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre.
Afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur. V. 16.
C’était la prière sincère de l’apôtre pour les Éphésiens. Les richesses de la gloire se trouvent en Dieu. Mais Paul demande dans ses prières que ces énormes richesses soient confiées par l’Esprit à l’Assemblée, comme elles lui avaient été confiées. Si l’apôtre n’avait pas lui-même possédé ces trésors précieux, il lui aurait été impossible de prier Dieu de les donner à d’autres – il aurait en effet ignoré l’existence de choses aussi glorieuses.
Ces richesses de la gloire, dont les Éphésiens ignoraient l’existence, se développent pour devenir une puissante force par l’Esprit pour l’homme intérieur. On les obtient par la communion des souffrances de Christ.
Si on pouvait les obtenir sans souffrances, sans tribulations, tout un chacun se présenterait directement devant Dieu pour exiger de lui toutes ces choses glorieuses. Mais la sagesse de Dieu a fait passer le chemin qui mène à la gloire de Christ au travers du voile, la chair. Que chacun donc fasse tout ce qu’il peut pour s’emparer de ces choses glorieuses.
La lumière que l’apôtre possédait sur ces choses lui donnait un ministère profond et caché pour l’Assemblée et pour les assemblées.