D’abord le feu, puis le sel

novembre 1918

D’abord le feu, puis le sel

Car tout homme sera salé de feu, et tout sacrifice sera salé de sel. Mc. 9, 49.

Jésus dit que tout homme sera salé de feu ; cela concerne les croyants autant que les impies. Celui qui croit laisse le feu agir en lui pour mettre à part le sacrifice, alors que l’impie garde son mauvais œil, son mauvais pied et sa mauvaise main. C’est justement pour cela que leur ver ne mourra pas et que le feu ne s’éteindra pas.

Qu’est-ce donc que le feu, et qu’est-ce que le sel ? Le feu s’allume quand la volonté de Dieu s’oppose à la volonté propre pour qu’on livre le sacrifice. Ce feu continue à agir jusqu’à ce qu’on donne raison à la volonté de Dieu et que l’on accorde à Dieu ce qu’il exige.

Le sel, c’est donc l’accord que je donne pour que Dieu obtienne ce qu’il a demandé.

Le feu vient d’en-haut, mais le sel est en moi-même.

Le sel est une bonne chose ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. V. 50-51.

Le sel est une bonne chose : c’est-à-dire qu’il est bon de se décider à obéir à Dieu ; il est bon de donner à Dieu ce qui lui appartient ; il est bon de séparer, d’extraire le sacrifice spirituel par l’Esprit et le feu, et de le saler par mon consentement. Quand un homme perd la faculté de se décider, il a perdu toute sa force, sa saveur, et n’est plus bon qu’à être foulé aux pieds par les hommes. Le mal et le bien, la justice et l’iniquité sont devant nous ; notre faculté de choisir le bien et de rejeter le mal est le sel, qui ne doit pas perdre sa saveur, sa force.

Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Mc. 9, 50.

On ne sale pas une brebis qui est en train de brouter au pâturage. Elle doit d’abord être mise à part comme sacrifice, être mise à mort, et après cela, on peut la couper en morceaux et la saler.

Il faut d’abord que le feu ait agi assez longtemps pour que le sacrifice soit séparé du péché dans la chair, de sorte que le « moi » selon la chair lâche son emprise, et c’est seulement à ce moment-là qu’il peut être tué et salé. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché.

Pourquoi est-il dit : Soyez en paix les uns avec les autres ? C’est parce que je peux vouloir forcer le passage impitoyablement et m’immiscer dans la vie d’un autre, pour choisir chez lui un sacrifice qu’il n’est pas en mesure de donner, le feu ne l’ayant pas encore assez travaillé. Je peux voir clairement le sacrifice qu’il devrait faire, mais je dois garder le sel en moi-même, car si je veux lui forcer la main pour qu’il cède ce sacrifice, cela crée des querelles et du trouble, puisqu’il n’a pas encore la force de livrer ce sacrifice.

On pourrait alors dire : Oui, mais il doit accepter d’entendre la vérité et il est prié d’obéir instantanément dès qu’on lui montre la chose. C’est vrai qu’il devrait en être ainsi. Mais qu’en est-il de toi-même, es-tu toujours prêt à donner sur le champ ce qui est mis à la lumière ?? Non ! il te faut peut-être toute une année de feu puissant pour enfin lâcher tes traits de caractère particuliers. C’est ton impatience qui exige que les autres offrent immédiatement leur sacrifice. Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres. Souvenons-nous que la patience de Dieu est notre salut. Ne pourrions-nous pas être nous-mêmes une source de salut pour beaucoup plus de personnes en ayant part à la même patience de Dieu ? Notre travail sera alors d’allumer le feu de la conviction et d’attendre patiemment le sacrifice.