Les passions dans les membres ont-elles disparu ?

janvier 1918

Les passions dans les membres ont-elles disparu ?

Dans son numéro du 1er janvier 1918, « Det gode budskap »3 instruit un véritable procès contre le rédacteur de « Korsets Seir »4. Nous ne voulons pas nous mêler de leurs disputes, mais nous contenter de rappeler leurs enseignements, qui paraissent très peu en accord avec leurs pratiques.

Les rédacteurs de chacun de ces journaux enseignent qu’ils en ont fini avec le chapitre 7 de l’épître aux Romains ; ils ont tous deux sauté à Romains 8, où règnent la liberté et la perfection.

Ce qui est difficile à comprendre, c’est que bien qu’étant en plein dans le chapitre 8 des Romains, ils s’accusent mutuellement d’avoir agi de manière non chrétienne.

La loi du péché dans les membres a été ôtée chez l’un comme chez l’autre. Ils sont tous deux délivrés de ce corps de mort. Aucun d’eux ne sert la loi du péché avec sa chair ; aucun d’eux ne fait de choses haïssables. Tout ce qu’ils font est bien fait, même très bien ; et pourtant, très curieusement, l’un d’eux tombe sous la condamnation d’agir de manière non chrétienne. A-t-il donc fait un bond en arrière pour revenir à Romains 7 ? C’est curieux de constater que cette doctrine qu’ils professent ne tient pas ; et pourtant, ils ont infesté quasiment tout le pays avec ces bêtises, où l’un semble assommer l’autre.

L’Écriture dit : D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? Ja. 4, 1.

Se pourrait-il donc quand même que ces deux rédacteurs aient quelque chose qu’on puisse qualifier de « passions dans les membres » ?

On peut être tenté de le croire, bien qu’ils enseignent à qui veut l’entendre qu’ils en ont fini avec ces choses. Ou quelqu’un croit-il que l’Esprit de Dieu agit de manière non chrétienne ? Non ! c’est plutôt la chair ancestrale qui fait des siennes.

Je trouve qu’il serait temps qu’ils en perdent leur latin ; c’est en tout cas ce qui arriverait à des personnes qui réfléchissent de manière saine. Il doit y avoir quelque chose qui cloche.

Certes, le rédacteur de « Det gode budskap » est blanchi de toute faute par son propre article ; mais il n’a pas pour autant exprimé de honte pour avoir dévoilé la nudité de son frère sur la place publique en le qualifiant de personne qui agit de manière non chrétienne.

Dans Skjulte Skatte, nous avons souvent fait remarquer les interprétations erronées des Écritures que ces journaux propagent. Nous l’avons fait et nous continuons à le faire pour que les gens soient sur leurs gardes ; mais cela ne nous semble pas très chrétien d’exposer dans un journal un frère qu’on prétend aimer et pour lequel on prétend prier. C’est un tout aussi grand manque de christianisme de déformer la vérité et d’enseigner à tout un chacun des choses qu’on ne comprend pas, en fait.

Il est grand temps que ces deux rédacteurs deviennent aussi bibliques qu’ils prétendent l’être, en reconnaissant comme Paul qu’ils servent la loi du péché avec leur chair. Avec son entendement, c’est la loi de Dieu qu’il faut servir ; mais s’il faut en croire le jugement porté par « Det gode budskap », on aurait servi la loi du péché même avec l’entendement, ce qui est condamnable.

En fin de compte, on se retrouvera certainement dans ce qui est écrit : Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Ro. 7, 19.

Même si on enseigne qu’on a quitté ce verset d’un bond, il s’avère qu’en fait on vit en plein milieu du verset.

Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Ro. 7, 20.

Il y a donc du péché qui habite en moi ! Et même tellement de péché qu’on peut agir de manière non chrétienne. Qui peut donc trouver de la liberté dans une telle situation ? Un homme impie ne fait pas ce qu’il hait ; mais c’est le cas du croyant, dans les domaines où il n’a pas encore de lumière. C’est justement pour cela qu’il n’y a pas de condamnation pour lui.

Nous recommandons à ces deux rédacteurs qui n’arrivent pas à s’entendre, bien qu’ils professent la même doctrine, qu’ils étudient et méditent sérieusement le chapitre 6 de l’épître aux Romains. Nous recommandons aussi qu’ils reconnaissent publiquement qu’ils se sont occupés de choses qui étaient trop grandes et compliquées pour eux et qu’ils ne comprenaient pas !

Dieu ne nous a pas dit qu’il nous enverrait tout un tas de prédicateurs qui nous conduiraient dans toute la vérité ; mais il a dit qu’il enverrait son Esprit pour faire ce travail. Nous aussi, nous avons reçu de cet Esprit, et nous croyons, c’est pourquoi nous parlons.

Il y aurait beaucoup à dire sur le rédacteur de « Korsets Seir » ; mais Dieu l’a malgré tout utilisé comme témoin pour le salut de beaucoup de pécheurs. On ne peut pas lui ôter cet honneur.

Nous trouvons donc qu’il est indécent d’exposer ainsi publiquement ce frère. S’il a fait quelque chose de répréhensible, c’est une affaire à régler avec ses amis les plus proches. En revanche, on a le devoir d’abattre les fausses doctrines, partout où elles se manifestent, que ce soit dans des cercles restreints ou sur la place publique. Nous ne croyons guère que le rédacteur de « Korsets Seir » aurait agi comme l’a fait « Det gode budskap ». La miséricorde triomphe du jugement.