Romains 7
Ignorez-vous, frères, – car je parle à des gens qui connaissent la loi, – que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ? Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. V. 1-2.
On est en bonne voie pour comprendre Ro. 7 lorsqu’on réalise que tout ce chapitre s’adresse à des gens qui connaissent la loi. Comme la loi est faite pour les pécheurs et qu’il n’y a point de juste, pas même un seul, ni aucun homme qui fasse le bien, on pourrait donc penser que beaucoup d’hommes connaissent la loi. Il n’en est pourtant rien, car l’incirconcision de la chair empêche la loi sainte et juste d’agir comme loi sur une conscience morte dans ses transgressions et ses péchés. Ce n’est qu’après avoir reçu le pardon des péchés et s’être dépouillé du corps pécheur de la chair par la circoncision de Christ que la conscience s’éveille assez pour que la loi puisse agir en tant que loi sur elle. C’est à de telles personnes, qui cherchent par la loi à garder leur pureté, que Paul s’adresse pour leur parler d’un salut plus profond. Mais il s’adresse aussi à ceux qui sont affranchis de la loi, et en qui la loi a fait son œuvre ; car ce n’est qu’après avoir été affranchi de la loi que l’on comprend son action et son vrai but.
Bien que nous soyons maintenant dégagés de la loi, la femme mariée reste liée par la loi à son mari aussi longtemps qu’il vit. Comment peut-on être lié par la loi tout en étant dégagé d’elle ? Tout simplement en l’approuvant. Dans celui qui apprend à aimer la loi sainte et juste, elle n’agit plus comme une loi, mais comme des liens bienfaisants, qui nous lient les uns aux autres dans la charité. La loi a été donnée à cause du péché. Si tu ôtes le péché, la loi ne sera plus ton adversaire, mais ton époux.
Mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre. V. 3.
Même en marchant de la manière la plus juste possible, selon les injonctions de l’Esprit, nous ne sommes pas affranchis de l’esprit de la loi, mais de sa lettre et de sa malédiction. La malédiction vient quand la femme épouse un autre homme du vivant de son mari. Mais la justice de la loi s’accomplit lorsque la femme demeure auprès de son mari aussi longtemps qu’il vit. La justice de la loi est accomplie en nous lorsque nous ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit. Ro. 8, 4. Je suis donc affranchi de la loi par le fait que sa justice s’accomplit, que Sa loi devient mon plaisir.
De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. V. 4.
Nous avons été mis à mort, en ce qui concerne la loi, par le corps de Christ. Prenons note de cela : par le corps de Christ. La malédiction de la loi a maintenant disparu ; mais sa justice demeure tout autant d’actualité. La lettre a été supprimée, mais l’esprit qui était derrière la lettre vit et règne. Cet esprit est l’Esprit de Christ, dans lequel nous avons été baptisés pour former un seul corps. Le vieil homme est crucifié avec lui. Ro. 6, 6. Par la croix, les transgressions disparaissent, et la malédiction disparaît donc aussi. Mais à la place de la malédiction, nous avons part aux souffrances de la croix, les souffrances de Christ, qui s’est offert lui-même à Dieu par la puissance d’un esprit éternel. Notre communion avec Christ sur la croix nous fait participer à ses souffrances ; la vraie délivrance de la malédiction de la loi est donc toujours accompagnée de la croix et de la communion aux souffrances de Christ. Désormais, nous appartenons à un autre ; car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. Les directives de l’Esprit et la justice de la loi agissent dans la même direction : notre sanctification, qui est un fruit pour Dieu.
L’Esprit n’a pas pris habitation en nous pour nous remplir de doux sentiments, mais pour nous conduire vers ce que la loi demande, vers le sang de l’alliance, vers ce qui était impossible à la loi, la chair la rendant sans force. Dans ce travail, l’Esprit s’oppose à la chair, et il en est de nous comme de notre précurseur, Christ : nous sommes mis à mort en ce qui concerne la chair, mais rendus vivants selon l’Esprit. Voilà la communion des souffrances de Christ, qui est cachée aux yeux de la foule, des ennemis de la croix de Christ.
Le péché tombait sous le coup de la malédiction de la loi quand il sortait du corps, mais maintenant, il reçoit son jugement dans le corps ; et ce qui était impossible à la loi devient possible par le corps de Christ.
Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. V. 5.
Lorsque nous étions dans la chair ! Ne sommes-nous donc pas encore dans la chair ? Certes, nous habitons toujours dans notre corps, mais notre entendement demeure dans l’Esprit. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit. Ro. 8, 9. Lorsque nous étions dans la chair, les convoitises et les passions de la chair agissaient ; notre entendement et toutes nos pensées étaient dans la chair, et tous les efforts que nous faisions avaient pour objet d’entretenir et de satisfaire la chair. Puisque l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, nous étions voués à la malédiction de la loi. Mais maintenant, nous ne vivons plus selon la chair, et nous ne sommes plus non plus sous la malédiction, ni en inimitié contre Dieu. Lorsque nous étions dans la chair, les convoitises et les passions agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. Mais maintenant, étant passés de la mort à la vie, de la puissance de Satan à Dieu, de la chair à l’Esprit, nous sommes sous l’influence de l’Esprit, qui procure la vie et la paix.
Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli. V. 6.
Nous sommes maintenant libres à l’égard de la loi, puisque nous sommes morts à ce qui nous retenait captifs. De quoi étions-nous captifs ? Des désirs et des convoitises de la chair, qui rendaient la loi active ; car sans la loi, le péché est mort. Nous étions esclaves de toutes sortes de convoitises, et de ce fait, la loi apportait tout autant de malédictions, car elle est une lumière de Dieu qui montre les transgressions. Mais maintenant, nous sommes morts à ce qui nous retenait captifs. Nous ne pouvions pas échapper au péché sans un renoncement complet et total à nous-mêmes, c’est-à-dire la mort. C’est alors que Dieu nous a délivrés par la vie de son Fils bien-aimé, lui qui nous a affranchis des tourments de la mort et qui a apporté la vie et l’immortalité. Par sa vie, nous avons maintenant été introduits dans le royaume de son Fils bien-aimé, un royaume qui consiste en justice, paix et joie dans le Saint-Esprit. Lorsque nous étions dans la chair, nous servions Dieu selon la lettre qui a vieilli, alors que maintenant, nous le servons selon l’Esprit qui vivifie.
Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit : Tu ne convoiteras point. V. 7.
La loi est sainte, juste et bonne, mais tout péché vient du diable. Il y a un abîme énorme entre la loi et le péché. Mais comme la loi poursuit le péché dans toutes ses ramifications, Paul en est venu à penser que l’on pouvait confondre la loi et le péché. C’est pourquoi il demande : la loi est-elle péché ? Loin de là ! Tous les hommes ont des convoitises, mais cela n’est pas compté comme péché. Mais la loi dit : tu ne convoiteras pas ! Il y a une différence entre le fait d’« avoir des convoitises » et celui de « convoiter ». L’homme qui convoite le fait avec son entendement, alors que la convoitise dans la chair est morte, et ne peut tout au plus que se manifester comme une tentation, sans que l’entendement y consente. Quand on résiste à cette tentation, on est vainqueur par la puissance de l’Esprit ; mais si la convoitise prend le dessus, de telle sorte qu’on soit obligé de dire que l’on convoite, on devient immédiatement un transgresseur, et on est sous la malédiction. Si la loi n’avait pas dit : « Tu ne convoiteras pas ! », on n’aurait pas connu la convoitise. Nous voyons par là que la loi est une lumière qui dévoile les convoitises et leur oppose un commandement. Celui qui transgresse le commandement agit contre ce qu’il sait être bien et subit le châtiment et la malédiction de la loi.
Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans la loi le péché est mort. V. 8.
Par le commandement, le péché dans la chair est poussé à convoiter. Le commandement se manifestait dans tous les domaines de la vie, ordonnant tantôt « tu ne dois pas ! » et tantôt « tu dois ! » Cela réveillait le péché dans la chair, qui produisait par le commandement et à cause du commandement toutes sortes de convoitises. Le péché a ainsi été dévoilé comme péché, là même où on ignorait sa présence – bien que l’on en soit rempli ; car quand le commandement vint, le péché reprit vie.
Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie… V. 9.
Chacun peut se reconnaître dans ce verset. Il y a eu des périodes dans notre vie où nous vivions sans loi, avec une conscience morte, et où nous ne considérions pas le péché comme péché. Mais quand le commandement vint, le péché reprit vie. Jésus parle de la paix que donne le monde. C’est justement cette paix-là – sans commandement. On n’aime pas la loi sainte, car elle rend le péché vivant. Cela dérange et trouble, et la paix du monde disparaît. On préfère vivre sans loi, pour que le péché soit mort et non vivant.
… et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. V. 10.
Paul était attentif à la loi, il cherchait à s’y conformer avec soin et à vivre d’après elle. Il n’a pas cherché à s’en affranchir de manière superficielle, mais il a pris l’affaire au sérieux. Dieu l’a submergé de commandements, et plus il y en avait, plus le péché devenait vivant. L’apôtre s’est demandé comment cela se faisait. Le commandement a été donné pour conduire à la vie, puisque celui qui pratique la loi vivra par elle. Mais d’où vient que, pour moi, le péché devient condamnable au plus haut point par le commandement ? Je cherche de toutes mes forces à vivre une vie agréable à Dieu, et plus je m’efforce d’accomplir mes devoirs, plus les choses vont mal pour moi ! Dans cette situation apparemment tellement désespérée, Dieu a pourtant fait une œuvre. Le « moi » de l’apôtre commence à se détacher de la chair ; car il découvre que c’est dans celle-ci que doit siéger le péché. Il renonce à ses efforts pour observer la loi et se déclare, devant Dieu, incapable d’y arriver par cette voie. Il meurt. Car le péché, saisissant l’occasion, le séduisit par le commandement, et par lui le fit mourir.
La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. V. 12.
Grâce au commandement saint, juste et bon, Paul vient de faire une importante découverte : il a trouvé la loi du péché dans ses membres. Peu de personnes ont découvert cette loi, bien que la Parole en parle très clairement et distinctement.
Mais en cherchant à vivre selon ce commandement, celui qui y est très attentif trouvera cette loi du péché dans la chair. À partir du moment où l’on a découvert cette loi du péché dans le corps, la chair, les membres, ou quelque autre nom que l’on veuille bien donner au corps corruptible, on est en bonne voie pour commencer à combattre contre le péché dans la chair. Avant, le péché se manifestait hors du corps, et il était combattu par la loi ; mais maintenant, nous trouvons le péché dans le corps, et nous allons le combattre sous la direction de l’Esprit, par la puissance de Dieu. Ce qui était impossible pour la loi devient maintenant possible pour celui qui croit, parce que Christ a condamné le péché dans la chair et il a de ce fait frayé une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. Ro. 8, 3. La loi sainte, juste et bonne a rendu le péché vivant pour moi, ce qui m’a permis de voir à quel point il est attaché à ma chair et de prendre mes distances par rapport à lui, en me réfugiant dans l’Esprit. Ro. 7, 3 et 8, 9. En vivant maintenant dans l’Esprit, nous voyons clairement, grâce à sa lumière, la loi du péché dans la chair ; mais lorsque nous étions dans la chair, nous ne pouvions pas voir la loi du péché, puisque nous en étions nous-mêmes prisonniers.
Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c’est le péché, afin qu’il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point (excessivement pécheur, autre trad.) V. 13.
Ce n’est pas le bon commandement qui a été pour lui une cause de mort, mais le péché, qui avait repris vie et devant lequel il se sentait tout à fait impuissant. Par le commandement, le péché est devenu péché au plus haut point, à un point tel que Paul s’est détourné avec dégoût de sa propre chair, dont il n’avait pas, par le passé, une si mauvaise opinion.
Il venait d’apprendre cette leçon : en moi, c’est-à-dire dans ma chair, n’habite rien de bon. C’est pourquoi il a choisi de vivre désormais dans l’Esprit.
Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. V. 14.
En tant qu’homme naturel, mon « moi » est charnel et vendu au péché. Ce « moi » est incapable de s’affranchir du péché qui règne dans les membres. Même si on voit la volonté de Dieu, dans la lumière de la loi, la loi du péché dans les membres est plus forte, et on est rendu captif de ses lois comme le serait un esclave vendu.
Car je ne sais pas ce que je fais ; je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. V. 15.
Ce qu’on veut est bon, parce que la loi est bonne ; mais on est incapable de faire le bien. Quelques-uns croient qu’après avoir reçu le baptême de l’Esprit, on est capable de faire le bien. Non ! Pour faire les œuvres de Dieu, il faut être conduit par l’Esprit. Il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. Ro. 3, 12. Si quelqu’un essaie par lui-même de faire le bien, il fait des choses qu’il ignore, des choses qu’il hait. Mais si quelqu’un est conduit par l’Esprit, comme notre Seigneur Jésus-Christ, alors c’est Dieu qui produit le vouloir et le faire, sans que ma volonté charnelle y participe.
Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. V. 16.
L’homme donne maintenant son approbation à la loi : elle est bonne. Se pose alors la question suivante : pourquoi n’est-on alors pas capable de faire le bien ? Parce qu’on est encore charnel, vendu au péché. En doit-il donc toujours être ainsi ? Oui ! mais tu dois être éclairé sur le fait qu’il en est ainsi et qu’il ne peut pas en être autrement. Tu fais sans cesse ce que tu ne veux pas, ce que tu hais, à condition toutefois que tu restes vigilant et sobre. Si tu te laisses entraîner par de doux sentiments, comme c’est le cas les premiers temps après le baptême de l’Esprit ou le prétendu « affranchissement », il se peut que tu croies toi-même et que tu fasses même croire aux autres que tout ce que tu fais est « bien fait ». Mais celui qui est sobre découvrira vite une tout autre réalité. On fait une quantité de choses qui n’ont jamais été dictées par le Saint-Esprit – des choses qu’on devrait haïr – si on était vigilant.
Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. V. 17.
Le péché habite en moi, dit Paul. C’est une découverte fondamentale. La plupart des gens ont probablement bien du mal à digérer cette vérité après avoir reçu le Saint-Esprit. En moi, c’est-à-dire dans ma chair, n’habite rien de bon, parce que le péché y habite. Mais bien qu’il y habite, nous ne devons pas le laisser régner, en obéissant à ses convoitises. Ro. 6, 12. Certains prétendent que Paul décrit ici un autre état, son état avant le salut, avant le baptême de l’Esprit, quand il était sous la loi ! Non ! Paul pense exactement ce qu’il dit ; ce qui était impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, devient possible par le Saint-Esprit et par la puissance de Dieu. Le péché dans la chair doit maintenant être condamné.
Ce n’est plus moi, maintenant, qui fais ces choses, mais c’est le péché qui habite en moi. Il est clair que lorsque je fais, contre ma volonté, des choses que je hais, on ne peut ni m’accuser, ni me condamner pour cela ; car ce n’est pas moi qui le fais – c’est-à-dire le « moi » de mon entendement – mais c’est le péché qui habite en moi. C’est pourquoi il n’y a pas non plus de condamnation de la part de Dieu. Mais bien qu’il n’y ait aucune condamnation, il faut se garder de penser qu’il n’y a rien ; car il n’habite toujours rien de bon dans la chair.
Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire, dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. V. 18.
Paul ne glorifie pas le péché, mais il a un tel amour pour la vérité qu’il ose confesser qu’en lui, dans sa chair, n’habite rien de bon. Ce qu’il avait de bon, c’était une bonne volonté ; mais il était incapable de faire le bien. Je ne sais pas si d’autres prétendent en être capables… Mais alors, demanderont certains, comment peut-on avoir un cœur pur, si le péché habite en moi ? C’est peut-être là un des mystères de la piété. Dieu ne tient pas compte du péché dans ta chair, mais regarde ta bonne disposition de cœur, ton bon entendement. Heureux l’homme à qui l’Éternel n’impute pas l’iniquité (ses transgressions, trad. norv.), et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude ! Un tel homme a le cœur pur. Certes, il y a des transgressions ; mais le Seigneur ne les lui impute pas, car son esprit était sans fraude.
Mais ce serait une erreur de croire que puisque Dieu ne nous impute plus nos transgressions, les transgressions n’existent plus. Mais si les transgressions existent – sans condamnation – cela prouve bien qu’il y a du péché en moi – un péché que je n’arrive pas à contenir, malgré toute ma bonne volonté. La Bible appelle ces actions les « actions du corps », et elles doivent être mises à mort par l’Esprit. Ro. 8, 13. Ce sont ceux qui ont reçu l’Esprit de Dieu qui peuvent faire mourir ces actions par l’Esprit ; mais s’il faut les faire mourir par l’Esprit, nous pouvons être certains qu’elles n’ont pas été suscitées par l’Esprit.
Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. V. 19-20.
Si je sais que le péché qui habite en moi fait des actions que je ne veux pas, que je hais, j’ai alors la possibilité de faire mourir ces actions par l’Esprit, dès que je reçois de la lumière à leur sujet. Mais si on ne sait pas ces choses, on fait malgré tout une quantité de ces actions – sans les mettre à mort. Qu’est-ce qui est donc préférable ? Vaut-il mieux savoir qu’on a du péché dans la chair, et faire mourir les actions du corps, ou faut-il fermer les yeux pour le terrible mot « péché », et malgré tout continuer à commettre une quantité d’actions du corps, sans les faire mourir, parce qu’on préfère avoir sa propre doctrine, selon laquelle il n’existe pas de péché dans la chair ? Avoir du péché est une chose ; commettre le péché en est une autre.
Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. V. 21.
As-tu trouvé cette loi en toi-même ? Il n’y en a pas beaucoup qui la trouvent ; il faut veiller attentivement sur soi-même, dans la lumière de l’Esprit, pour la trouver. Mais si quelqu’un ne l’a pas trouvée, n’existe-t-elle pas pour autant ? Si ! elle est là, sois-en certain : si tu veux faire le bien, le mal est attaché à toi. Ou bien ne bronches-tu donc jamais, ni en paroles, ni en actions ? La vérité affranchit. Si c’est vrai qu’en moi, c’est-à-dire dans ma chair, n’habite rien de bon, alors cette vérité-là va aussi m’affranchir. L’insensé dit en son cœur : il n’y a point de Dieu. Dieu n’existerait-il pas pour autant ? Et si tu dis : le péché n’habite pas en moi, n’y habiterait-il pas pour autant ? Si ! il y habite ; l’Écriture en témoigne, et pas seulement elle, mais aussi les innombrables actions qui ne sont absolument pas le fruit de l’Esprit. En disant cela, je ne pense pas aux gens du monde, mais à toi, qui as reçu l’Esprit.
Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. V. 22-23.
Cette parole de Dieu est toute simple et claire ; mais l’homme cherche beaucoup de détours. Nous prenons plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur, mais la loi du péché dans nos membres lutte contre la loi de notre entendement. La loi du péché me rend captif, et je suis forcé de faire ce que je ne veux pas, ce que je hais. Que faire alors ? Faisons mourir cette action par l’Esprit ; car Dieu la hait et je la hais, nous sommes donc d’accord là-dessus. Dieu me juge selon la loi de mon entendement, et non selon la loi du péché qui est dans mes membres. Car celui qui est sincère est agréable à Dieu en raison de ce qu’il a, et non de ce qu’il n’a pas.
Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ? V. 24.
Dans cette situation misérable, l’apôtre s’écrie : Qui me délivrera du corps de cette mort ? Reçoit-il une réponse ? Non ! Mais il a le droit de porter aussi longtemps qu’il vit, ce corps dans lequel habite la loi du péché. Et c’est aussi notre sort – malgré toutes les fausses doctrines qui prétendent que Ro. 7 concerne ceux qui sont esclaves de la loi, et que Ro. 8 s’applique à l’âme affranchie.
Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! … Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. V. 25
On peut facilement comprendre que l’apôtre remercie Dieu d’être esclave de la loi de Dieu par l’entendement ; mais il est plus difficile de comprendre pourquoi il remercie Dieu d’être, par la chair, esclave de la loi du péché. Mais quand nous pensons au fait que la chair ne peut même pas se soumettre à la loi de Dieu, et que Dieu n’agrée pas un culte charnel, nous pouvons comprendre que Paul remercie Dieu de ce que les choses sont comme elles sont.
Note bien que Paul est esclave de la loi du péché par sa chair – non par son entendement. Il y a une séparation étrange ici, qu’on ne peut comprendre que par l’Esprit. L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
Quelques-uns ont tordu le sens de ce verset et ils lui font dire qu’ils peuvent être esclaves du péché autant qu’ils le veulent ; mais ce n’est pas là la pensée de l’apôtre. De telles personnes servent la loi du péché avec leur entendement. Ce n’est pas ce que faisait Paul ; il servait la loi de Dieu avec son entendement. Les convoitises du péché dans le corps étaient crucifiées chez lui, dans les domaines où il avait été éclairé. La loi de son entendement barrait la route à la convoitise. Mais dans les domaines où il était encore charnel, il était rendu captif de la loi du péché dans ses membres, de sorte qu’il faisait ce qu’il haïssait. Mais celui qui pèche volontairement ne fait pas ce qu’il hait, puisqu’il le fait en accord avec son entendement. Lorsqu’elle a conçu, la convoitise enfante le péché. La conception a lieu lorsque l’entendement donne son assentiment à la convoitise ; le fruit qui en résulte est le péché. Paul ne commettait pas de tels péchés ; mais il était esclave de la loi du péché par sa chair.
Puisque les choses sont ainsi et qu’elles ne peuvent pas être autrement, il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Ro. 8, 1.
Il n’y a aucune transition abrupte entre Ro. 7 et Ro. 8. Bien au contraire, Ro. 8 commence par une proposition consécutive. La traduction allemande commence au v. 1 par : Justement pour ces raisons (Eben darum) il n’y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Et la traduction anglaise : C’est pourquoi (There is therefore) il n’y a pas de condamnation etc.
Il n’y a donc pas de saut entre Ro. 7 et Ro. 8 dans la Bible, mais il y en a un dans la doctrine superficielle de « l’affranchissement », où l’on s’en tire à bon compte en tirant un trait sur tout le chapitre 7, en prétendant qu’il s’agit d’esclavage sous la loi. De cette manière, on cache l’inimitié contre la croix, sa propre incapacité et ses propres manquements quant à la connaissance de Dieu qui conduit l’homme à la vie et à la paix dans l’Esprit, au travers de souffrances dans la chair.
Pour bien comprendre Ro. 7, il faut aussi lire quelques versets du chapitre 8.
En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. V. 2.
La loi de l’Esprit de vie a affranchi mon entendement de la loi du péché qui est dans mes membres, me rendant ainsi capable de servir la loi de Dieu avec mon entendement. Mais malgré cette délivrance, je continue à servir la loi du péché avec ma chair. Ro. 8, 13.
Dieu a pu me délivrer de la loi du péché et de la mort grâce à ce qui est dit au verset suivant :
Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. V. 3.
Le péché dans la chair se cramponnait à l’entendement aussi longtemps qu’on était sous la loi ; car la loi est une lumière qui est en dehors du corps, qui juge des actions visibles, qui sont toutes – hormis l’adultère – commises en dehors du corps. C’est pourquoi Dieu a envoyé son Fils et a condamné le péché dans la chair, c’est-à-dire à l’intérieur de la chair. Il en a résulté un salut, par lequel mon entendement a été arraché à la loi du péché dans mes membres, et par lequel je puis même, tout en vivant dans mon corps, haïr et juger l’action faite par le corps. Comme notre Seigneur et Maître, nous sommes rendus capables de souffrir la mort quant à la chair et d’être rendus vivants quant à l’Esprit. Sous la loi, il était impossible de souffrir la mort quant à la chair, car on s’efforçait alors du mieux qu’on pouvait de plaire à Dieu selon la chair. Car la chair préfère être esclave et vivre, plutôt que souffrir et mourir.
Christ a maintenant pénétré dans la chair du corps et a condamné le péché qui s’y trouvait. De ce fait, il a frayé pour nous une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. Nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que sa vie soit manifestée dans notre chair mortelle. Mais pour que sa vie soit manifestée dans notre chair mortelle, il faut que le péché soit condamné dans cette même chair. Car la vie de Christ chasse le péché dans la chair, et nous sommes sauvés par sa vie. Ro. 5, 10.