Le mystère de la piété, la chair de Christ

juillet 1916

Il y a beaucoup de flou dans la compréhension de la manière dont le péché a été condamné dans la chair de Christ. Comme l’Écriture qualifie cette vérité de « grand mystère de la piété » qui est donné comme une consolation à ceux qui participent à la communion des souffrances de Christ, on ne peut pas s’attendre à ce que ces vérités soient comprises avec la tête, même si celle-ci est assez douée à vues humaines. Il faut croire en Christ dans ce monde, et c’est par cette foi que l’on comprend et que l’on éprouve ses souffrances, sa mort, et la gloire qui s’ensuit.

Nous annonçons une Parole de la foi. Tous ne le comprennent pas ; mais la foi n’est pas non plus l’affaire de tous. Mais ces vérités nous sont révélées par le Saint-Esprit, que nous recevons par la foi. C’est parce que nous croyons que nous parlons. Le fait que certains sont incrédules ne réduit pas notre foi à néant ; en effet, si la foi triomphe du monde, elle triomphera aussi des difficultés que l’incrédulité provoque au sein de l’assemblée.

La mort n’a plus de pouvoir sur Jésus. Ro. 6, 9 ne dit même pas que la mort aurait eu pouvoir sur lui à un moment donné.

Christ a été mis à mort quant à la chair, mais a été rendu vivant quant à l’esprit. 1 Pi. 3, 18. Comment Jésus aurait-il pu être mis à mort quant à la chair, s’il n’avait pas englobé le premier Adam, à cause duquel la mort avait commencé à régner ? Comme il est écrit, tous meurent en Adam. 1 Co. 15, 22. Il fallait que Christ soit manifesté en chair pour qu’il puisse anéantir celui qui avait le pouvoir de la mort dans la chair, c’est-à-dire le diable.

Il faut distinguer deux sortes de mort. La mort de Christ est produite par le Saint-Esprit ; la mort qu’il a endurée quant à la chair est une mort qui règne pour toujours dans toute chair qui se soumet par le même Esprit au Père des Esprits. Cette mort, c’est l’anéantissement de la chair.

Il y a une autre mort, résultat de la volonté du diable dans le premier Adam.

Par la mort de Christ, cette mort est anéantie dans le second Adam, faisant paraître à la lumière la vie et l’incorruptibilité.

C’est en tant que Fils de l’homme et par la puissance d’un esprit éternel que Jésus a dû réaliser cette œuvre bénie dans la chair ; car c’était la postérité de la femme qui devait écraser la tête du serpent.

Ces vérités que l’homme naturel ne comprendra jamais sont révélées en Esprit par l’obéissance à l’Esprit de Dieu. Car si tu es brisé selon la chair, que tu souffres et que tu réalises par l’Esprit que c’est là les souffrances de Christ, tu comprendras facilement que lui aussi a dû souffrir de la même manière, pour que la volonté du Père soit accomplie en lui.

Mais si tu te contentes de vivre comme un homme naturel, même si tu vis une vie très bonne et respectable, ces vérités resteront cachées à tes yeux. Tu ne le comprendras jamais si, bien qu’ayant reçu un jour le pardon de tes péchés, tu n’as jamais depuis ce jour-là conformé ta vie à la volonté de Dieu. Tes protestations ne feront que révéler ta propre ignorance, ta désobéissance et ton incrédulité.

L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair.

Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Ép. 5, 31 et 32.

C’est un grand mystère que Christ et l’Église doivent être une seule chair. As-tu examiné ta propre chair ? Si tu l’as fait, sache que celui qui a été fait une seule chair avec toi, avait la même chair ; sinon, il serait question de deux chairs ou de plusieurs chairs.

Mais l’Écriture dit bien que c’est un grand mystère. Si donc toi, tu n’as pas part à ce mystère à cause de ton incrédulité, crois-tu pour autant que tu réduis par là à néant le mystère de la foi et de la piété ? Essaie donc ! tu ne feras que dévoiler complètement ta propre misère en combattant contre ces vérités éternelles. Dans tes ténèbres, elles te terrasseront comme la puissance d’une vie invincible et elles réduiront à néant ton orgueil et ta résistance contre les aiguillons.

Peut-être diras-tu : j’aimerais bien le comprendre, si je pouvais ; mais malheureusement, toutes mes recherches pour toucher à ces vérités se sont révélées vaines.

C’est vrai, elles ont été vaines et continueront à l’être, parce que tu essaies de le comprendre en sondant les Écritures avec ton intelligence.

Comment cela pourrait-il être un grand mystère de la piété si des cerveaux intelligents pouvaient le comprendre sans piété ?

Il y a bien assez d’exemples de personnes sans aucune éducation selon la chair qui sont riches en sagesse de Dieu ; elles possèdent une vivacité et une intelligence spirituelles qui ne sont données que d’en-haut, par l’Esprit. Mais nous voyons aussi des personnes qui prétendent savoir quelque chose dans ce monde commettre les bêtises spirituelles les plus effarantes, être lentes à comprendre et peu douées selon l’esprit. Quelle en est la raison ? Dieu fait-il acception de personnes ?

Non ! il ne fait pas acception de personnes ; c’est le peuple lui-même qui fait la différence. Et plus on semble briller par sa sagesse mondaine, plus on a du mal à y renoncer pour gagner la sagesse de Dieu. Mais celui qui est pauvre en esprit et qui ne possède rien, est content de recevoir quelque chose. C’est pour cette raison que les derniers sont souvent les premiers, et les premiers les derniers.

À qui la faute ? Examine-toi toi-même !