La femme esclave et la femme libre
Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils, un de la femme esclave, et un de la femme libre. Ga. 4, 22.
Mais celui de l’esclave naquit selon la chair, et celui de la femme libre naquit en vertu de la promesse. Ces choses sont allégoriques.
L’Éternel avait dit à Abraham : Ce n’est pas Eliézer qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Ge. 15, 4. Abraham a cru cela et celui lui a été imputé à justice. Mais le temps est passé et Abraham a eu 85 ans, sans avoir de fils. Sara s’est alors impatientée et s’est dit que tout cela devait se faire de manière naturelle. Pour que la postérité d’Abraham soit aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel, il lui fallait une femme qui ne soit pas stérile et qui n’ait pas atteint l’âge où une femme n’enfante plus habituellement. Elle a commencé à consulter son intelligence humaine ; elle souhaitait que les promesses de Dieu à Abraham s’accomplissent, mais elle n’avait pas de repos dans son esprit pour attendre que vienne le temps du Seigneur. Elle voulait hâter la réalisation de la volonté du Seigneur, même si cela devait passer par le fait de donner son esclave pour femme à Abraham – ce qui en d’autres circonstances aurait été la dernière chose qu’elle aurait permise. Dans cette circonstance, Sara a servi la loi de Dieu de manière humaine, et par la volonté de Sara, son esclave a enfanté un fils selon la chair.
Un homme qui s’efforce de manière naturelle de plaire à Dieu engendre des œuvres selon la chair. On connaît la volonté de Dieu (sa loi) et on la fait à sa manière, d’une manière naturelle et humaine.
Ces femmes sont deux alliances, l’une de la montagne du Sinaï, qui enfante des enfants pour l’esclavage – c’est Agar. Car Agar est la montagne du Sinaï en Arabie et correspond à la Jérusalem présente, qui vit dans l’esclavage avec ses enfants.
La loi a été donnée au mont Sinaï ; c’est Agar. Cette loi engendre des enfants pour l’esclavage. Elle attend de la sainteté et de la pureté de la part de l’homme naturel, qui de ce fait se retrouve forcément dans l’esclavage, à cause de sa corruption inconsciente.
Quand Agar se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris. Ge. 16, 4. Il en va de même maintenant. Quand l’esclave de la loi engendre des enfants, cela le rend fier, et il méprise l’âme qui s’attend aux promesses du Seigneur, car à ses yeux elle est stérile. Agar ne correspond pas seulement au Sinaï, mais aussi à la Jérusalem actuelle, qui est dans l’esclavage avec ses enfants.
Qui sont donc les enfants d’Agar de nos jours, qui sont les enfants de la Jérusalem terrestre, qui est esclave de la loi ?
Tous ceux qui veulent s’emparer des promesses sans s’attendre au Seigneur, qui produit en nous le vouloir et le faire, sont des enfants d’Agar. Leurs œuvres sont le fruit de l’esclavage et n’ont rien à voir avec l’obéissance de la foi. Ils font tous partie de la Jérusalem qui est actuellement dans l’esclavage avec ses enfants. Quand Sara a été méprisée par son esclave à cause de l’œuvre dont elle avait cru qu’elle venait de Dieu, ses yeux se sont ouverts et elle a compris que c’était une œuvre humaine. Elle est tout de suite allée voir Abraham et lui a dit : l’outrage qui m’est fait retombe sur toi ; j’ai mis ma servante dans ton sein, et quand elle a vu qu’elle était enceinte, elle m’a regardée avec mépris. Que l’Éternel soit juge entre moi et toi !
Par cela nous comprenons qu’Abraham et Sara s’étaient mis d’accord pour qu’il épouse la femme esclave. Abraham dit : Voici, ta servante est en ton pouvoir, agis à son égard comme tu le trouveras bon. Alors Sara la maltraita, et Agar s’enfuit loin d’elle.
La lumière s’était maintenant levée pour Sara, et elle comprenait que le fils de l’esclave ne pouvait pas être celui que Dieu avait promis ; sinon elle n’aurait pas été méprisée pour avoir agi ainsi. Elle s’est de nouveau tournée vers la promesse que le Seigneur avait donnée et a attendu avec espérance le fils qui viendrait d’elle-même. Cette espérance lui a donné la force d’humilier la femme esclave jusqu’au point où elle s’est enfuie loin de sa maîtresse.
Si nous avons fait quelque chose selon la première manière d’agir de Sara, nous finirons par réaliser que l’œuvre engendrée n’est que le fils d’une esclave. On s’en rend compte par le fait que cette œuvre ne donne ni paix ni joie, comme l’aurait fait une œuvre de la foi. Exaspérés de nous être trompés de manière si honteuse, nous nous tournons à nouveau vers les promesses de Dieu, nous sommes fortifiés dans la foi et châtiés selon la chair, ce qui nous amène à haïr la femme esclave (soi-même) et son fils (l’œuvre qu’on a faite pour plaire à Dieu).
C’est surtout dans les premiers temps que Sara et Agar se disputent le pouvoir, avant que l’on ait acquis un sens exercé pour distinguer les œuvres de la loi des œuvres de la foi. C’est Agar qui a le plus d’œuvres, mais Sara vit dans l’espérance de pouvoir accomplir une œuvre de la foi ; et cette espérance à elle seule la rend tellement forte qu’elle humilie Agar avec toutes ses œuvres. Agar s’est enfuie loin de sa maîtresse. L’ange de l’Éternel l’a retrouvée et lui a dit : Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main !
Si nous sommes tellement exaspérés après la première déception que nous chassons loin de nous la femme esclave et son fils, c’est malgré tout sur ordre de l’Éternel qu’elle revient à la maison avec la demande de s’humilier sous la main de Sara, la femme libre.
Ces deux alliances se disputent le pouvoir les premiers temps après notre conversion ; car ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est sur le point de disparaître. Nous rencontrons des personnes dans les assemblées libres qui combattent Agar toute leur vie. Elles croient que c’est de l’esclavage et que tous ceux qui ne mènent pas ce combat à mort sont des esclaves. Cependant, Sara a humilié Agar et ne pensait pas en tirer quoi que ce soit d’autre. Elle en a fini avec cette affaire et elle a ensuite maintenu Agar dans l’humiliation. Nous de même, par les œuvres de la foi, nous maintenons la chair à la place qui lui revient et nous ne parlons plus du combat avec Agar, mais nous combattons le bon combat de la foi pour obtenir ce qui nous a été promis.
La plupart des chrétiens sont des enfants d’Agar et ne dépassent jamais ce stade. C’est pourquoi il est dit que les enfants de la délaissée sont bien plus nombreux que les enfants de celle qui est mariée, c’est-à-dire Sara. Ga. 4, 27. Ils peuvent même recevoir le baptême de l’Esprit, car il est dit : je répandrai même de mon Esprit sur mes serviteurs (esclaves, autre trad.) et sur mes servantes dans ces jours-là. Ac. 2, 18.
Mais même si l’Esprit est répandu sur eux, ils sont faciles à reconnaître, car ils ne peuvent pas dissimuler leur nature ; ils se disputent et cherchent à avoir du pouvoir selon la chair.
Ils écrivent et parlent comme des hommes naturels et non comme des hommes de Dieu. Tout tourne autour de leur propre personne. Ils racontent ce qu’il en est de leur femme et de leurs enfants, comme si le salut des autres dépendait de leurs circonstances familiales. Ils glorifient la nature, les montagnes, les vallées, les lacs. Ils nourrissent leurs ouailles d’histoires sur la manière dont ils soignent leur propre chair lors de leurs voyages, et couvrent de louanges, à l’écrit et à l’oral, ceux qui les aident financièrement pour ces voyages.
L’Assemblée de Dieu, qui recherche la promesse par les œuvres de la foi, est leur ennemi juré, car ils croient tout avoir en leur mère Agar et haïssent donc Sara, qui est stérile à leurs yeux. Ils persécutent ses enfants pour accéder eux-mêmes à la promesse et aux choses glorieuses.
Mais cela ne réussira pas. Laisse donc Agar et ses enfants, qui représentent l’immense majorité, se vanter de leurs grandes assemblées, de leurs grands pasteurs et de leurs titres de pasteur. Laisse-les louer la Jérusalem terrestre avec des descriptions de la nature et de leurs voyages. S’ils avaient appartenu à la Jérusalem d’en-haut, les richesses d’ici-bas auraient tellement perdu d’éclat à leurs yeux qu’ils auraient cessé immédiatement de louer et de célébrer la créature plutôt que le créateur.
L’homme naturel ne peut pas obéir à la loi de Dieu. À quoi lui sert le baptême de l’Esprit et la prophétie, s’il se tourne à nouveau vers Agar et la Jérusalem terrestre pour trouver de la consolation ? À quoi sert l’Esprit si on ne lui obéit pas, mais qu’on cherche par des alliances et par toutes les relations imaginables à plaire au peuple dont les lois viennent directement du Sinaï ? Cette parole est vraie : je répandrai aussi de mon Esprit sur les esclaves et les servantes, dans les derniers jours.
Mais la Jérusalem d’en haut est libre ; c’est elle qui est notre mère. Ga. 4, 26.
Celui qui est citoyen de la nouvelle Jérusalem n’adresse jamais de louanges à la Jérusalem terrestre. L’affection de l’Esprit le lui interdira. Ce qu’il entend et voit là-haut a tellement plus de valeur. Il va comme une femme voilée près des troupeaux de ses frères en demandant : Dis-moi, ô toi que mon cœur aime, où tu fais paître tes brebis, où tu les fais reposer à midi ? Ca. 1, 7. Il cherche le troupeau et celui qui fait paître le troupeau. Mais as-tu déjà entendu que les enfants d’Agar ont à cœur les troupeaux du Seigneur ? Les troupeaux du Seigneur sont nourris d’en-haut ; ils meurent s’ils ne reçoivent pas de nourriture de la Jérusalem céleste. Des récits de voyages et des descriptions de la gloire terrestre ont pour eux l’effet de pierres que l’on donnerait à la place de pain, et ils mourraient de faim s’ils ne devaient vivre que de longs bavardages religieux sur des choses glorieuses qui ne sont plus depuis longtemps glorieuses pour leur vie intérieure, par rapport à la gloire de la nouvelle Jérusalem qui leur est révélée.
Ne va donc jamais chercher de l’eau aux citernes crevassées. Ne recherche jamais de consolation auprès des enfants d’Agar, dans les foules religieuses ; ils sont nés pour être tes ennemis. Accoutume-toi à cette idée, et tu ne seras jamais déçu.
Pour vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse. Ga. 4, 28. Les promesses ne se réalisent pas par des efforts humains ; elles s’accomplissent en celui qui a fait la promesse et par Lui. Agar vient d’ici-bas et s’efforce de monter sur le Sinaï ; l’enfant de la promesse est né d’en-haut, par la semence incorruptible de la Parole de Dieu, qui vit et demeure éternellement. La gloire d’Agar se trouve dans la Jérusalem terrestre ; c’est pour cela que nous les voyons s’emparer avec avidité des biens terrestres. Mais les enfants de la promesse sont renvoyés à vide, dans la force de l’espérance, qui attend la ville qui a des fondations fermes, et dont Dieu est le fondateur et le créateur.
Quand Sara a constaté que le fils d’Agar n’était pas l’héritier, elle a été rendue capable par la foi d’avoir une postérité, malgré son âge avancé, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. Hé. 11, 11.
Les enfants de la promesse placent leur confiance dans des promesses qui se trouvent bien au-delà de la portée de l’homme naturel, et ils accèdent à ces promesses par la foi. Les enfants d’Agar se mesurent à eux-mêmes et se comparent à eux-mêmes ; ils ne peuvent pas comprendre que l’on peut atteindre quoi que ce soit, si ce n’est par sa propre force. C’est pourquoi ils ne cherchent pas non plus à accéder à des choses plus glorieuses que celles qui peuvent satisfaire leur nature et qui se trouvent déjà dans la Jérusalem actuelle. Il ne faut donc pas s’étonner qu’ils soient dans l’extase à cause d’un voyage en automobile, d’une salle prestigieuse, d’une belle soirée d’été, etc. etc.
Ne te laisse donc pas séduire par toutes les louanges qu’ils adressent à la nature et aux gloires terrestres. Nous regardons aux gloires célestes ; ces choses glorieuses qui demeureront quand le ciel et la terre passeront. Si donc nous renonçons aux choses visibles, que nous ne regardons pas à elles, mais que nous fixons notre regard sur les choses invisibles, éternelles, et qui ne passeront jamais, nous aurons certes le droit de souffrir avec Christ selon la chair, mais nous serons aussi glorifiés avec lui !