Christ est-il venu en chair ?

mai 1915

Christ est-il venu en chair ?

Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu. 1 Jn. 4, 2. Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c’est le séducteur et l’antéchrist. 2 Jn. 7.

De nos jours, il est très habituel que même ceux qui se disent croyants nient que Christ soit venu en chair. Ils disent qu’il avait une chair comme les anges, comme Adam avant la chute originelle, une chair divine, etc. Toutes ces affirmations nient que Christ est venu en chair.

Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Hé. 2, 14-15.

Si la chair de Christ avait été comme celle d’Adam avant la chute, le diable n’aurait pas pu être anéanti par la mort, car Adam ne connaissait ni la mort ni le diable avant la chute. Il ne craignait pas non plus la mort et il n’était donc pas retenu dans la servitude à cause de cela, avec une aspiration à la délivrance.

Christ ne s’est pas non plus revêtu d’une nature d’ange, car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. Hé. 2, 16-18.

Il a dû être rendu semblable en tout à ses frères. Comment sont donc ces frères, quelle chair ont-ils ? Ont-ils une chair d’ange ? Non ! ils ont une chair pécheresse et rien d’autre. Est-ce que les anges avaient besoin d’être délivrés de la servitude parce qu’ils craignaient la mort ? Non ! mais la postérité d’Abraham en a besoin.

Pourquoi donc ne confesse-t-on pas que Jésus-Christ est venu en chair ? Uniquement parce que l’on est ennemi de la croix de Christ, du fait d’être rendu semblable à lui dans sa chair et dans sa mort. Ph. 3, 10 et 19.

Est-ce qu’Adam a souffert parce qu’il a été tenté, avant la chute originelle ? Non, il a cédé à la tentation, et celui qui pèche ne souffre pas quand il est tenté ; car l’homme préfère pécher que souffrir. Job 36, 21. Mais Christ a souffert quand il a été tenté, car il a résisté à la convoitise dans sa propre chair. Car chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Ja. 1, 14.

Certains prétendent que Christ n’avait pas une chair dans laquelle la convoitise pouvait l’attirer et l’amorcer. S’il n’avait pas eu une telle chair, il n’aurait pas eu chair et sang comme nous, et s’il n’avait pas eu chair et sang comme nous, il n’aurait pas été tenté comme nous, et ne pourrait pas non plus être pour nous un souverain sacrificateur qui peut comprendre et compatir quand nous sommes tentés.

C’est justement là que réside l’esprit de l’antéchrist : on ne confesse pas que Christ est venu en chair. De ce fait, on réduit à néant toute l’œuvre de Christ, ses souffrances, sa mort, et son ministère de souverain sacrificateur. Cet esprit règne fortement dans de nombreux milieux, en particulier les assemblées « libres ». Leurs prétendus dirigeants sont complètement aveugles en ce qui concerne ces vérités précieuses, et s’il y a quelqu’un qui s’oppose à nous et qui est fortement contaminé par l’esprit de l’antéchrist, il ira chercher des explications plus précises auprès de tels dirigeants. Mais malgré la considération dont ils jouissent, ces derniers seront parfaitement incapables de lui donner des conseils et de l’aide dans des questions en rapport avec la vie intérieure qui correspond à la piété.

Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. Ro. 8, 3.

Dieu a condamné le péché dans la chair. Dans quelle chair le péché a-t-il été condamné ? Dans la chair de Dupont, ou de Durand, ou de Martin ? Non, dans la chair de Christ !

Christ a dominé sur le péché dans la chair, en soumettant toujours sa volonté à la volonté de Dieu. Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. C’est de cette manière qu’il a pu s’attaquer à ce qui rendait la chair sans force et qui faisait que la loi était impuissante.

Mais qu’en est-il de l’homme selon la chair ? Domine-t-il sur le péché ? Non, c’est le péché qui domine sur l’homme. Qui donc est alors le maître, celui qui domine ou celui qui est dominé ? Bien entendu celui qui domine. Mais maintenant, Christ a dominé sur le péché dans la chair, car c’est à cause du péché que Dieu l’avait envoyé – Ro. 8, 3 – et c’est à cause de cela qu’il peut nous délivrer du pouvoir de la mort et de Satan, de sorte que la justice de la loi peut s’accomplir en nous, qui marchons selon l’Esprit. Christ domine sur le péché dans la chair, sur la mort et sur tout le pouvoir du diable. Voilà ce qui résulte du fait que Christ est venu en chair, et pour nous qui croyons, ces mystères de Christ sont une riche source de consolation et de délivrance de tout ce qui nous asservissait auparavant.