Le corps périssable sous l’impulsion de l’Esprit de Dieu ou sous l’impulsion du péché

novembre 1915

Le corps périssable sous l’impulsion de l’Esprit de Dieu ou sous l’impulsion du péché

Les Écritures parlent du

  • 1. corps du péché. Ro. 6, 6.
  • 2. corps de la chair. Col. 2, 11.
  • 3. corps de mort. Ro. 7, 27.
  • Point 1. Le corps du péché est le péché qui habite en nous et qui est lié au corps. Ce péché doit être considéré comme mort si l’entendement refuse de céder à ses exigences. Le vieil homme est crucifié avec lui pour que le corps du péché soit détruit afin que nous ne soyons plus esclaves du péché. Si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’esprit est vie à cause de la justice. Ro. 8, 10. La force motrice est le Saint-Esprit, qui nous pousse à sens inverse des convoitises qui sont dans le corps. De ce fait, le corps est mort, puisqu’il ne peut pas satisfaire ses exigences pécheresses. Il devient un sacrifice pour l’exigence de l’Esprit et il est détruit. Christ s’est présenté lui-même comme un sacrifice agréable à Dieu par la puissance d’un esprit éternel. Hé. 9, 14.

    Néanmoins, le corps du péché n’est pas tout à fait inactif. Là où nous manquons de connaissance et de lumière, et où nous n’avons pas encore été rendu vivants, notre esprit humain est en relation avec le péché et il produit ce que l’Écriture appelle les actions du corps. Ces actions se produisent à l’insu de notre volonté et de notre entendement, qui sont esclaves de la loi de Dieu, raison pour laquelle ces actions doivent aussi être livrées à la mort par le Saint-Esprit après qu’elles se sont produites. Ro. 8, 13. C’est à propos de ces actions que Paul dit : Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Ro. 7, 17. Si donc je l’ai fait, pourquoi peut-on dire que ce n’est pas moi qui l’ai fait, mais le péché qui habite en moi ? Eh bien, cela vient du fait que mon entendement n’était pas d’accord avec cela, mais le péché qui est dans mes membres (c’est-à-dire ma nature charnelle) m’a rendu captif et m’a contraint à faire des choses qu’en réalité je hais. Car ce qui est né de la chair ne peut même pas obéir à la loi de Dieu.

    Après que nous sommes nés de nouveau et que nous avons reçu les arrhes de l’Esprit de Dieu, l’Esprit lutte contre la chair et la chair contre l’Esprit. La chair a le dessus là où mon esprit humain n’a pas encore été rendu vivant, et des actions du corps se produisent, mais l’Esprit prend toutefois sa revanche, car nous faisons mourir ces actions par l’Esprit, dès qu’elles se sont manifestées. La lumière de la connaissance s’accorde ainsi avec notre entendement, en même temps que nous sommes toujours gardés dans l’abaissement, selon la chair, par le jugement, les souffrances et la mort. Lorsque nous avons reçu de la lumière sur une de ces actions du corps, celle-ci fait désormais partie du vieil homme et elle est crucifiée avec lui sur le bois de la malédiction et finit par mourir avec lui dans le corps de Christ.

    Il n’y a pas de condamnation pour les actions du corps, et Paul rend même grâces à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur de ce qu’il est esclave de la loi de Dieu par son entendement, mais esclave de la loi du péché par la chair. Ro. 7, 25. Il ne peut pas en être autrement, car la chair est chair, aussi longtemps qu’elle existe.

    Nous avons toutefois l’espérance que le corps du péché sera détruit, si le vieil homme est crucifié. D’aucuns diront : Qu’est-ce que le vieil homme, alors ? C’est l’homme qui vivait selon ses convoitises charnelles bien qu’il ait su qu’il agissait mal. Nous sommes maintenant crucifiés à l’égard de tout le péché dont nous sommes conscients, mais là où nous manquons de lumière, il se produit encore du péché. Nous ne sommes toutefois pas jugés pour ce péché, car nous ne le voyons pas encore. Mais ces péchés cachés sont aussi exposés au regard de notre entendement par la lumière que l’Esprit projette sur l’action du corps et ils doivent alors être livrés à la mort par l’Esprit pour que nous vivions.

    Point 2. Le corps de la chair est le corps qui s’offre en tant qu’instrument pour le péché qui est dans le corps. Le péché règne. Les œuvres qui en résultent sont appelées les œuvres de la chair, par opposition aux actions du corps. L’entendement est esclave de la loi du péché, alors qu’il était esclave de la loi de Dieu dans les actions du corps. Les œuvres de la chair sont par conséquent manifestes, ce sont l’adultère, l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, les meurtres, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Ceux qui commettent de telles choses n’hériteront pas le royaume de Dieu. Ga. 5, v. 19 et suivants. Ces œuvres ne peuvent pas être livrées à la mort par l’Esprit, car celui qui les commet n’a pas hérité le royaume de Dieu. Il est esclave de la loi du péché par son entendement et la convoitise conçoit, enfante le péché et la mort. Une purification doit avoir lieu pour les œuvres de la chair, c’est le pardon des péchés. Il faut que la chair soit circoncise. Le corps de la chair doit être dépouillé par la circoncision de Christ et il doit être enseveli avec lui dans le baptême. Col. 2, 11 et 12.

    Le corps de la chair commet les œuvres de la chair, qui sont des transgressions de la loi. C’est pourquoi la malédiction de la loi agit, et la personne en question est convaincue de péché parce qu’elle ne croit pas en lui. L’homme consiste en corps, âme et esprit. Le vieil homme est l’homme dont l’entendement est lié au péché dans la chair et qui se sert du corps du péché. L’homme nouveau est esclave de la loi de Dieu par l’entendement et offre son corps comme un sacrifice agréable à Dieu et comme un instrument de justice. Mais on peut et on doit se dépouiller du vieil homme et revêtir l’homme nouveau, ce qui signifie que le péché dans la chair est condamné à mort dans le corps de la chair de Christ, et qu’on obtient suffisamment de force de résurrection pour utiliser les membres de son corps pour la justice, dans la mesure de lumière et de vie qu’on possède.

    C’est justement de cette manière que la vraie liberté est révélée à l’esprit, et la chair, en tant qu’esclave de Christ, est maintenue à sa place et elle ne peut pas se glorifier de sa liberté.

    Point 3. Le corps de mort est le corps qui est soumis aux lois de la corruptibilité du fait du péché qui habite en lui, qu’il soit offert comme instrument de justice ou qu’il soit utilisé au service du péché. De toute façon, ce corps doit mourir. Si on vit au moment du retour de Christ, ce corps sera englouti par la vie. On doit s’en dépouiller selon la volonté de Dieu. Il est de la terre, terrestre, et, comme tout ce qui fait partie de la nature, il est soumis aux lois de la corruptibilité. La création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Ro. 8, 22 et 23 ; 2 Co. 5, 2. Aussi longtemps que nous sommes dans ce corps, nous sommes loin du Seigneur, mais lorsque nous quitterons ce corps, nous serons auprès du Seigneur. Nous serons transformés en un instant quand la dernière trompette retentira. Ce qui est corruptible revêtira l’incorruptibilité, et ce qui est mortel revêtira l’immortalité. Et lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, cette parole de l’Écriture s’accomplira : la mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô mort, où est ta victoire ? 1 Co. 15, 52-56.

    Lorsqu’on aura revêtu ce corps incorruptible, au matin de la résurrection, on ne sera plus obligé de soupirer, comme Paul : Qui me délivrera du corps de cette mort ? Ce qui est mortel aura été englouti par la vie et tous les enseignements concernant le corps du péché, le corps de la chair et le corps de mort disparaîtront dans l’éclat du corps de gloire. Et pourtant, aussi longtemps que nous sommes dans cette tente, il est nécessaire d’avoir ces enseignements de Christ pour que nous apprenions à mettre tout à la place qui lui revient et pour que nous puissions vaincre le péché, de sorte que notre corps de gloire soit d’autant plus glorieux. Car à la résurrection d’entre les morts, l’un aura l’éclat du soleil, un autre l’éclat de la lune, et encore un autre l’éclat des étoiles. Recherchons avec zèle à avoir une telle entrée dans le royaume éternel de Dieu.