Foi et espérance

juillet 1914

Foi et espérance

Quand quelqu’un parle, on peut croire ou douter. L’Esprit nous donne des paroles du Ciel pour nous diriger. Si quelqu’un se retire, le Père ne prend point plaisir en lui. L’Esprit exige qu’on écoute et qu’on obéisse à sa voix. Sans la foi, l’œuvre est morte. Mais comment peut-on croire si personne n’a parlé ? L’œuvre confirme la foi. Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Ja. 2, 14. C’est donc quand elle a des œuvres que la foi peut sauver.

Quand la convoitise a conçu, elle enfante le péché ; mais le péché, étant consommé, produit la mort.

De manière réciproque, on peut dire que quand la foi a conçu, elle enfante l’œuvre, mais l’œuvre, étant consommée, produit la vie. Cette vie possède une espérance. La foi a donné naissance à l’œuvre et l’œuvre a produit la vie. Il n’y a pas d’espérance pour l’impie. Mais Jésus-Christ est notre espérance. 1 Ti. 1, 1. Pour le juste, l’espérance augmente par les œuvres de la foi, quand la justice croît et sauve l’homme du désespoir pour l’amener à l’espérance de la gloire, Jésus-Christ, qui ne rend point confus.

La foi agissante par les œuvres nourrit l’espérance, à cause de laquelle on sacrifie volontiers, puisqu’on sait qu’on recevra de la gloire au centuple dans la vie éternelle.

Par les œuvres de la foi, l’esprit est mis en relation avec l’eau et le sang dans le corps. Le péché dans la chair est consciemment condamné et notre esprit est délivré de la loi du péché et de la mort. La vie de justice croît et l’espérance de la gloire augmente.

La foi pénètre plus profondément dans le corps et expose au tribunal de la conscience du péché qui ne lui a pas encore été présenté. Celui-ci est lui aussi condamné dans la chair par la lumière de l’Esprit, et la justice pénètre dans des lieux cachés. Toutes sortes d’injustices cachées dans le corps sont dévoilées, mises à mort et doivent céder la place au vrai Israélite en qui il n’y a pas de fraude.

Le pays est nettoyé par l’obéissance de la foi ; même les ennemis les plus dissimulés sont exposés à la lumière et au jugement.

Paul avait reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens, parmi lesquels vous êtes aussi, vous qui avez été appelés. Ro. 1, 5-6.

Combien de prédicateurs contemporains se sont-ils donné comme but d’amener à l’obéissance de la foi ?

L’obéissance de la foi, ce n’est pas seulement croire en Jésus de manière générale. C’est croire pour avoir part à la purification et à la sanctification. C’est travailler avec chaque âme en particulier et lui enseigner précisément les voies en Jésus-Christ. C’est la convaincre d’obéir à la voix de l’Esprit en son for intérieur. Il faut une grande confiance mutuelle pour ce travail, car l’âme doit s’ouvrir et parler de ses sentiments intérieurs, et le serviteur du Seigneur doit travailler main dans la main avec le Saint-Esprit. Voilà comment travaillent les collaborateurs de Dieu.

C’est assez facile de grimper sur une estrade, d’y faire un discours, puis de rentrer à la maison. Un tel prédicateur ne connaît absolument rien de l’état de chacun de ses auditeurs. Il n’en a exhorté aucun avec larmes et n’a pas cherché dans la moindre mesure à amener un individu particulier à l’obéissance de la foi.

Il faut rendre la personne captive dans l’obéissance de Christ. Par la grâce de Dieu, il faut anticiper toutes les issues qu’elle voudrait emprunter et fermer chaque porte par l’épée à double tranchant de la vérité. C’est ainsi qu’on amène à l’obéissance de la foi. Une fois l’obéissance obtenue, l’espérance de la gloire de Dieu peut croître, l’âme s’y trouve bien et se réjouit de sa nouvelle situation.

C’est à cette œuvre-là que Paul avait été appelé ; et ce n’est pas lui seulement, mais tous ceux qui veulent voir le fruit de leur travail. C’est un travail au niveau du sol, pas sur les hauteurs ; mais il représente quand même de l’or, de l’argent et des pierres précieuses. Malheureusement, on préfère habituellement construire avec du bois et du chaume, car cela s’élève vite et semble grand aux yeux des hommes. Mais le jour vient où tout travail sera éprouvé par le feu.