Le chemin qui mène au Fils

mai 1914

Le chemin qui mène au Fils

L’Esprit convainc d’une manière parfaite ; cela vient du Père, qui va à la rencontre du pécheur sur toutes ses voies. Tout montre le Fils, le sacrifice expiatoire. Le Père n’attire pas à lui-même, mais au Fils, et le Fils n’attire pas non plus à lui-même, mais au Père.

Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. Jn. 6, 44 et 45.

Toute prédication évangélique est le travail du Père qui attire au Fils. Certains s’imaginent pouvoir venir au Père sans passer par le Fils ; mais c’est le Fils lui-même qui est le chemin qui mène au Père, et il n’y a pas d’autre chemin.

Le pécheur se laisse attirer au Fils et trouve en lui la rédemption de ses péchés et la purification d’une mauvaise conscience. S’il se satisfait de cela, il en reste là. Il regarde à Jésus, comme Israël regardait au serpent d’airain et était sauvé. Que l’on ait suffoqué sous la lourde charge toute la journée, ou qu’on vienne comme le malfaiteur à la 11e heure, la récompense est la même, car on s’était mis d’accord pour un denier, à savoir le pardon des péchés. La plupart des chrétiens se trouvent dans cette situation-là, qu’ils soient baptisés de l’Esprit ou non.

Le chemin qui mène au Père

Personne ne peut entrer sur ce chemin sans être d’abord passé par la porte. Jésus dit : Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé. Jn. 10, 9. À la porte, on reçoit d’abord le pardon des péchés, puis le baptême de l’Esprit, et ensuite on reçoit l’équipement nécessaire pour marcher sur le chemin. Mais malheureusement, la plupart des chrétiens disent que Jésus a suivi la voie et que de ce fait, nous sommes dispensés de le faire. Ils restent donc à l’embrasure de la porte et empêchent même les autres d’entrer.

La première chose que l’on rencontre sur le chemin vers le Père, c’est que l’Esprit exige de nous que nous soyons obéissants. Comme cette exigence mène à la souffrance dans la chair, on préfère s’en détourner en se laissant tenter par Satan, qui promet la liberté sans obéissance et sans croix. C’est ainsi que naissent deux partis. Certains suivent le chemin de l’obéissance et parviennent à la communion des souffrances de Christ ; d’autres haïssent les souffrances et la croix, et se détournent pour suivre Satan, en croyant à une liberté basée sur les promesses de Satan plutôt que sur celles de Dieu.

Voilà la raison du combat spirituel qui a lieu ces jours-ci.

Une femme sauvée, mais qui ressentait le poids de sa faute, a demandé à un dirigeant des milieux les plus libres ce qu’elle devait faire d’un objet qu’elle avait volé avant de se convertir. Je pense que je dois le rendre, a-t-elle dit. Savez-vous quelle réponse lui a été faite ?

« Tu ne vas quand même pas aider Dieu à te sauver ! »

Quand de tels dirigeants aveugles, qui se targuent d’être tellement purs qu’ils mettraient volontiers leur cœur en exposition dans une vitrine, sont à ce point dans les ténèbres quand ils parlent à une âme qui en a lourd sur la conscience, comment les gens vont-ils pouvoir trouver le chemin ? Ils s’opposent à la conviction que donne l’Esprit et prêchent comme Satan la désobéissance envers Dieu ; la désobéissance que le cœur désire d’avance, selon ses penchants charnels. Comment de tels hommes peuvent-ils être des collaborateurs de Dieu ? Ils haïssent les souffrances, l’obéissance et la croix et de ce fait, ils ne marchent pas sur le chemin qui mène au Père et empêchent même d’autres d’y marcher.

Mais loué soit Dieu ! c’en sera bientôt fini de leur progrès, car pour la gloire de son nom, Dieu a dans sa grande grâce envoyé sa vraie lumière pour éclairer le chemin tellement fortement que leur folie est dévoilée et devient un sujet d’alerte et de mise en garde.

Jésus est le chemin.

Il ne permet à aucun lâche d’emprunter ce chemin. Seuls ceux qui sont liés par la loi de l’Esprit peuvent y marcher ; ceux qui sont prêts à se charger de leur croix chaque jour et à le suivre. Seuls ceux-là sont ses disciples et reçoivent sa connaissance. Eux aussi ont part à la liberté, mais seulement par des révélations de la vérité, par le fait que la foi agissante transforme dans l’obéissance de la foi toutes les souffrances et les tribulations dans la chair en une joie beaucoup plus grande que la joie dans la liberté charnelle. C’est la même différence qu’entre la joie des enfants de Dieu et la joie du monde. En goûtant à ces choses glorieuses, Paul dit : Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. 2 Co. 4, 17.

Que produisent donc les afflictions sur des personnes qui disent que l’obéissance est de l’esclavage et que la tribulation est un manque de vision ? Cela ne peut produire que du désespoir. Mais on n’est pas assez honnête pour désespérer ; on préfère trouver une nouvelle consolation dans un nouveau mensonge.

Malgré tous ces combats intérieurs et extérieurs, le chemin mène quand même au Père par le Fils, c’est-à-dire à la perfection.

Heureuse est toute âme qui trouve l’accès qui la mène à son vrai foyer.