Les anges de l’Église et les Églises

novembre 1914

Les anges de l’Église et les Églises

Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises. Ap. 1, 19-20.

Les sept étoiles dans sa main droite sont donc les anges des sept Églises, et les sept chandeliers d’or sont les sept Églises.

Christ marche au milieu des chandeliers et dirige les Églises par ses étoiles (les anges), qu’il tient dans sa main droite. Il a donné à ces anges du pouvoir dans l’Assemblée et il les rend responsables de leurs œuvres.

Il dit à l’ange de l’Église d’Éphèse : Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t’es point lassé.

Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. Ap. 2.

Cet ange avait accompli un travail considérable et bon ; il avait éprouvé ceux qui se disaient apôtres et qui ne l’étaient pas, et il les avait trouvés menteurs. Il avait supporté beaucoup de choses à cause du nom de Christ et ne s’était point lassé.

Il avait néanmoins abandonné son premier amour.

Cet amour fervent qui a le pouvoir d’attirer à Christ et de faire fondre tout et tous pour les rassembler ; ce pouvoir de l’amour, il l’avait abandonné. De ce fait, il avait aussi perdu une partie de son pouvoir dans l’assemblée.

Souviens-toi donc d’où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j’ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.

Souviens-toi d’où tu es tombé. Quand on s’en souvient, c’est plus facile de se repentir. Il s’agissait là d’une repentance dans le salut ; il continuait à faire des œuvres, mais il devait se repentir et pratiquer ses premières œuvres. La ferveur du premier amour contagieux rendait ses œuvres plus parfaites que sa manière de travailler plus tard, qui était plus froide et calculatrice.

Mais si tu ne te repens pas, je viendrai à toi et j’ôterai ton chandelier de sa place.

Si la froideur qui s’était installée perdurait, le pouvoir de l’ange dans l’Église diminuerait ; c’est l’assemblée elle-même qui deviendrait semblable à son ange et elle ne pourrait plus être placée aussi près de la lumière dans laquelle le Maître marche, parmi les chandeliers.

Le premier amour ne se manifeste pas seulement comme amour ; il provoque une haine fervente contre toute hypocrisie et toute fausse doctrine, qui défend avec zèle l’âme honnête et ne prive pas son épée de sang. Dans le combat pour la vérité et la justice, personne ne peut lui résister ; car l’amour se réjouit de la vérité, et il s’aventure à cause d’elle dans des endroits déserts où il donne des révélations sous la direction de l’Esprit de vérité.

À l’ange de l’Église de Smyrne : Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan.

Les gens ne prêtent pas beaucoup d’attention à une assemblée qui est pauvre et qui connaît des tribulations ; surtout pas ceux qui se prélassent à l’ombre des riches et qui se disent Juifs. Ils continuent de nos jours à se moquer de la pauvreté et ils admirent la grandeur mondaine, surtout quand elle a un vernis religieux. Mais le Seigneur dit : Tu es riche ; et ce témoignage compense dix mille fois les moqueries de ceux qui se disent Juifs, mais qui sont une synagogue de Satan.

À l’ange de l’Église de Pergame : Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure.

Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrent à l’impudicité. De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes.

Tu demeures là où est le trône de Satan. Cela signifie que tu habites là où l’impiété règne en maître, où on apprécie la folie, et où le juste est tourmenté jour et nuit à cause de toutes les iniquités qu’il voit et qu’il entend. Antipas a même été mis à mort par ces personnes impies, et cela pouvait aussi arriver d’un jour à l’autre à l’ange de l’Église ; mais il n’a pas renié la foi en Christ. Cela était vraiment digne de louanges.

Mais il y avait dans l’assemblée quelques personnes qui étaient attachées à la doctrine de Balaam. Il aurait dû barrer l’accès à ces personnes et leur extirper leur fausse doctrine, ou alors les mettre en garde et les maintenir en dehors de l’assemblée. Sur ce point, il n’était pas vigilant. Et combien une fausse doctrine peut créer de la misère dans la vie ! Nous l’avons largement vu de nos jours. La doctrine de la liberté est allée très loin dans le péché. Il est donc d’une importance capitale d’engager un combat immédiat et sans pitié contre les doctrines diaboliques et contre tout enseignement qui ne mène pas à la piété. Celui qui n’a pas la doctrine de Christ ne possède pas Dieu. Il n’y a pas d’excuses pour un ange de l’Église qui ne veille pas sur la doctrine, même s’il possède par ailleurs beaucoup de bonnes vertus. Balaam enseignait pour en retirer de la richesse et de l’honneur. Il a donné comme conseil à Balak que s’il arrivait à entraîner les enfants d’Israël à commettre l’adultère et à manger des victimes sacrifiées aux idoles, il pourrait triompher d’eux. Nb. 25, 1 et 31, 16. Dieu avait donné à l’ange de l’Église le pouvoir de débarrasser l’Église de cette doctrine ; mais pour maintenir la paix ou par lâcheté, il s’est abstenu de la combattre, ce qui était contraire à la volonté de Dieu. Dieu n’aime pas du tout la paix quand Satan peut déployer ses plans dans cette paix.

Repens-toi donc ; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche.

Il n’est pas dit que l’ange de l’Église adhérait à la doctrine des Nicolaïtes, mais il devait quand même se repentir. Il s’était tu et avait laissé ces choses se produire ; de cette manière, il en était devenu le protecteur. C’est de cela qu’il devait se repentir radicalement. Puisque l’ange de l’Église ne voulait pas combattre, le Seigneur viendrait lui-même à lui, pour le mettre hors d’état de défendre ces personnes qui professaient une fausse doctrine. Ensuite, le Seigneur susciterait d’autres personnes pour les combattre.

À l’ange de l’Église de Thyatire : Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières.

Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles.

Cet ange de l’Église avait de l’amour, de la foi ; il était fidèle dans le service et faisait preuve de constance. Il avait même augmenté le nombre de ses œuvres.

Cependant, il laissait la femme Jézabel avoir de l’influence. Elle détruisait ce qu’il édifiait, et il le permettait. Combien d’assemblées ont subi le fléau d’une telle femme – une Jézabel – qui veut dominer. Et si l’ange de l’Église lui permet de participer un peu à la direction, elle a vite fait de lui prendre le gouvernail et il n’arrive plus à reprendre la direction des choses.

N’aurait-il pas été préférable pour un homme qui avait de l’amour, qui était fidèle dans le service et qui faisait de bonnes œuvres, de diriger les choses de manière ferme et inébranlable, plutôt que de céder par faiblesse à une femme dont les œuvres consistaient à séduire les âmes et à les égarer ? Elle se disait certes prophétesse ; mais il faut immédiatement exterminer par l’épée de l’Esprit de telles prophétesses – des semblables de Jézabel – pour qu’elles n’aient pas le temps et la tranquillité nécessaire pour engendrer des enfants dans l’Église. Ces enfants sont de toute façon voués à la mort (Ap. 2, 23).

À l’ange de l’Église de Sardes : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort.

Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; car je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu.

Cet ange était indolent ; il avait des intérêts terrestres, qui affaiblissaient sa vie spirituelle jusqu’à la menacer de mort. Et pourtant, il passait pour être vivant et pour exercer son ministère d’ange de l’Église. Mais ses œuvres n’étaient pas parfaites devant Dieu ; car si la vie a expiré, les œuvres sont mortes. Sois vigilant ! Cela indique qu’il n’en était pas arrivé à un état de mort spirituelle dans le péché ; ce n’était qu’en tant que serviteur du Seigneur qu’il était mort. En tant qu’ange de l’Église, ses œuvres n’avaient aucune valeur. Il était mort de ce point de vue-là ; et pourtant, on le considérait comme la personne appropriée et pour être compétent dans son œuvre. Personne d’autre dans l’assemblée ne pouvait le remplacer. C’est Dieu qui l’avait établi à cette position, et Dieu ne regrette pas les dons et la vocation qu’il a donnés à quelqu’un. C’est pourquoi il ne parle pas non plus à quelqu’un d’autre qu’à l’ange de l’Église, en l’exhortant à être vigilant ; car personne d’autre n’avait comme lui le pouvoir de fortifier les autres. Bien que l’ange de l’Église soit tellement incapable, il avait pourtant à Sardes quelques hommes qui n’avaient pas souillé leurs vêtements. Ils avaient un vêtement pur, mais ils ne pouvaient pas pour autant endosser la responsabilité d’un ange de l’Église, car Dieu ne les avait pas appelés à cela. Mais ils étaient purs et ils allaient pouvoir marcher avec le Seigneur en vêtements blancs.

À l’ange de l’Église de Philadelphie : Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.

Tu as peu de puissance, mais tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom. Cette parole et ce nom ont une capacité remarquable de nous préserver. Même si on a peu de force, le nom est fort et la Parole est éternelle. C’est aussi cela qui maintenait l’assemblée unie. Les fausses doctrines ne trouvaient pas facilement accès aussi longtemps que l’ange de l’Église retenait fermement Sa parole. Même s’il avait peu de force, la parole qu’il gardait fermement avait le pouvoir de séparer ce qui est impur. Cela était vraiment digne de louanges. Et Dieu voulait l’honorer pour cela, en faisant venir des personnes de la synagogue de Satan, qui se disaient Juifs et ne l’étaient pas. Ces personnes allaient certainement user de toutes sortes d’artifices contre cet ange de l’Église qui avait si peu de force ; ce n’est pas pour rien qu’elles étaient de la synagogue de Satan. Mais elles ne pourraient pas avoir le dessus sur lui, parce qu’il retenait fermement la parole du Seigneur et qu’il ne reniait pas son nom. Dieu allait même agir de telle manière qu’il les maîtrise à un tel point qu’elles viendraient se prosterner à ses pieds et reconnaître que Dieu l’aimait.

Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne.

À l’ange de l’Église de Laodicée : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu.

Cet ange n’était ni froid ni bouillant, et le Seigneur le vomirait de sa bouche.

Il disait de lui-même qu’il était riche en abondance, et il ignorait qu’il était pauvre, aveugle et nu. Il avait tellement baigné dans la grâce à un moment donné qu’il se croyait riche. En pleine pauvreté, il continuait à vivre de ces glorieux souvenirs. Au lieu de prêter attention à ce que le Seigneur voulait lui dire aujourd’hui, il retournait sans cesse à ses anciens souvenirs de conversion et de baptême de l’Esprit. Il oubliait qu’il fallait vivre de la parole du Seigneur aujourd’hui, et il a entraîné toute l’assemblée dans les souvenirs d’antan, quand on se sentait riche et puissant. Mais c’était la pauvreté qui régnait maintenant ; la honte de la nudité commençait à poindre.

Ce dont il avait besoin, c’était d’or éprouvé par le feu. Jusque-là, il avait craint le feu ; il s’attendait à tout recevoir sans faire de sacrifices, sans la communion des souffrances de Christ, sans faire d’efforts. Mais le Seigneur lui a donné un bon conseil, celui d’acheter de l’or éprouvé par le feu.

On prétend que l’état de cet ange de l’Église correspond bien à celui de l’Église de nos jours. Je ne crois pas le moins du monde à cette « doctrine » sophistiquée et élaborée de manière humaine, surtout quand on révèle au grand jour une compréhension très floue des vérités les plus élémentaires. Mais je dois quand même reconnaître que pour une fois, ce jugement est très approprié. Car on n’a jamais vu celui qui est nu se sentir aussi habillé que de nos jours, on n’a jamais vu le pauvre se croire aussi riche que maintenant. Sans feu, sans souffrances et sans sacrifices, on se vante d’avoir une énorme plénitude et force de l’Esprit. C’est donc une description très appropriée de notre époque. Sans connaître les vérités les plus élémentaires, on sonde et on explore des sujets que les plus parfaits en Christ reconnaissent ne pas avoir encore compris. On voyage de ci de là avec une mine très assurée et on parle de choses qu’on n’a jamais vues, tellement on est enflé de vanité à cause de son entendement charnel. Ils ont raison : ils vivent à Laodicée, et le Seigneur se tient à la porte, et frappe. Ap. 3, 20.