Fais-tu ce que tu hais ?

août 1913

Fais-tu ce que tu hais ?

Dans « Korsets Seier » du 1er avril de cette année, on peut lire :

  • « 1. Si tu fais ce que tu hais, cela prouve que tu es lié à ce que tu hais, et, dans ces conditions, tu n’es pas affranchi.
  • 2. Si nous prêchons que nous devons faire ce que nous haïssons, nous ouvrons la porte à tous les débordements.
  • 3. C’est une doctrine dangereuse.
  • 4. Si nous faisons ce que nous haïssons, notre cœur nous condamnera. »
  • Si nous étions parfaits, comme Christ l’est dans la gloire, ou comme Dieu dans l’éternité, il nous serait impossible de faire des choses que nous serions amenés à haïr plus tard. Mais sommes-nous donc aussi parfaits que cela ? Si nous l’étions, la communion devrait aussi donner une impression d’harmonie. Mais est-ce le cas ? Non, il s’avère qu’on peut vivre dans les divisions même après avoir reçu le baptême de l’Esprit et le don du parler en langues. Cela montre qu’on n’est pas obéissant à l’Esprit, dont l’œuvre est de nous conduire à toute la vérité, et qu’on laisse agir les convoitises qui sont dans les membres (Ja. 4, 1), ce qui crée des divisions, qui, d’après Ga. 5, 19-20, font partie des « œuvres de la chair », c’est-à-dire des « actions pécheresses », au même titre que l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, etc. Ne serait-il pas bon de pouvoir haïr les causes des divisions et de se détourner d’elles ? Si tous rivalisaient de zèle pour se servir les uns les autres, il ne pourrait pas y avoir de divisions ; mais quand l’un veut régner sur l’autre, cela produit des divisions. C’est pour cela que nous avons la croix, sur laquelle nous pouvons faire mourir tout ce qui veut s’élever et qui veut se mettre égoïstement en valeur.

    Quand un enfant a fait quelque chose de mal, et que tout en lui atteste qu’il hait ce qu’il a fait, les parents peuvent-ils le corriger avec une bonne conscience ? Non ! La correction est donnée pour que l’enfant reconnaisse ce qu’il a fait de mal ; mais quand il hait déjà sa mauvaise action, cela prouve que le châtiment est déjà à l’œuvre, et que l’enfant est déjà convaincu. La haine a-t-elle pour résultat dans ce cas qu’on se lie plus fortement au péché, ou qu’on s’en sépare ? Loué soit Dieu, elle crée une séparation ! En effet, est-ce qu’on se lie à celui qu’on hait ? Celui qui a de la haine dans son cœur n’est-il pas un meurtrier ? Si ! Et si nous ne haïssons pas jusqu’à notre propre vie dans ce monde, nous ne pouvons pas être ses disciples. La haine pour notre propre vie fait mourir notre propre vie. La haine pour les œuvres qu’on fait par sa propre force fait mourir ces œuvres. Mais certains objecteront que la justice (l’exigence, trad. norv.) de la loi doit être accomplie en nous qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit (Ro. 8, 4). Dans ces conditions, comment peut-on faire ce que l’on hait ? N’est-ce pas de l’esclavage ?

    Note bien l’expression « l’exigence de la loi ». Qu’est-elle, et jusqu’où s’étend-elle ? Si l’exigence de la loi pouvait nous rendre justes, la foi serait superflue. Ga. 3, 11. L’exigence de la loi ne sert qu’à garder et protéger, à cause des transgresseurs. Ga. 3, 23.

    Maintenant – en Christ – nous sommes en revanche parvenus à une purification plus profonde – une purification qui ne pouvait pas être atteinte par « l’exigence de la loi ».

    La loi n’exige rien de plus que le fait de ne pas commettre d’adultère ; mais la « loi de l’Esprit » exige que nous ne portions même pas les regards sur une femme pour la convoiter.

    Nous en concluons donc qu’il y a en nous des choses qui doivent être haïes et jugées – même dans les limites dans lesquelles la justice de la loi est accomplie.

    C’est le fait de transgresser « l’exigence de la loi » qui apporte la condamnation ; mais si je hais ma propre vie dans ce monde dans des domaines auxquels « la loi » n’a pas accès, cela démontre que j’ai part avec Christ à ce qui était impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force. Ro. 8, 3.

    Si nous sommes vigilants et que nous aimons la vérité, nous arriverons à reconnaître notre véritable état, et nous trouverons alors, dans la lumière de l’Esprit – à l’intérieur du domaine où l’exigence de la loi exerce son action – beaucoup de choses à faire mourir par l’Esprit. Car si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Ro. 8, 13.

    Celui qui a reçu l’Esprit trouve donc des actions à faire mourir ; car comment pourrait-on faire mourir par l’Esprit, si on n’avait pas l’Esprit ? Mais s’il faut faire mourir de telles actions par l’Esprit, est-ce étonnant qu’on commence par les haïr, par le même Esprit ?

    Ceux qui vivent cette vie-là ont justement besoin du sang de Christ ; car le sang (le sacrifice) purifiera et affranchira la conscience des œuvres mortes.

    Nous pouvons donc en conclure que :

  • 1. Quand on hait les actions de sa propre vie, on en est délivré.
  • 2. Si nous prêchons que nous devons haïr notre propre vie et les actions dictées par nos propres intérêts, cela lie les hommes à Christ, et nous n’ouvrons pas du tout la porte à tous les débordements.
  • 3. Ceci est la doctrine de Christ, une doctrine bénie.
  • 4. Si nous sommes vigilants pour découvrir des actions dignes d’être haïes, et que nous les jugeons, cela nous affranchira et nous donnera part à une grande bénédiction.