Le mur de séparation
Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l’un et l’autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l’inimitié. Ép. 2, 14-17.
Le mur de séparation entre Israël et les païens, c’était la loi avec ses prescriptions. Les païens étaient privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, quand Dieu a vu que la faiblesse de la chair empêchait l’homme d’accéder à la justice. Il a alors envoyé son Fils pour condamner le péché dans la chair. Mais le péché ayant été condamné, la loi qui avait été donnée à cause de la chair pécheresse devait aussi être abrogée. Étienne dit en effet qu’ils (les Juifs) ont livré et tué le Juste, et qu’après avoir reçu la loi d’après des commandements d’anges, ils ne l’ont pas gardée. Ac. 7, 52-53.
L’inimité se trouve donc dans la chair. Ceux qui ont tué le Seigneur de gloire se considéraient comme étant à un niveau beaucoup plus élevé que les païens, puisqu’ils avaient reçu la loi et les alliances.
Mais Christ a anéanti la chair dans son propre corps. Il a donc mis la loi hors fonction et a placé les Juifs, qui se glorifiaient d’avoir reçu la loi, sur un pied d’égalité avec les païens, qui n’avaient pas de loi. Il a ensuite envoyé son Esprit pour témoigner de l’anéantissement du péché dans la chair, pour que les Juifs tout comme les païens puissent dans ce même Esprit vaincre ce que la loi ne permettait pas de vaincre. Il a frayé une route nouvelle et vivante pour nous au travers du voile, qui est sa chair.
Mais il ne faut pas croire pour autant que Christ a frayé la voie pour que nous n’ayons pas besoin d’y marcher. Non ! par l’obéissance de l’Esprit, c’est-à-dire l’obéissance de la foi, nous devons frayer notre chemin au travers de notre propre chair, pour accéder au Père, la perfection. Les Juifs tout comme les Grecs doivent le faire. C’est pour cela que Paul avait été élu pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens. Ro. 1, 5. Ce n’est que par l’obéissance de la foi que Dieu est honoré. La foi progresse au même pas que la vie, car nous allons de foi en foi, de sorte que nous ne nous contentons pas d’honorer Dieu une seule fois, mais que nous l’honorons sans cesse. Et si nous honorons Dieu, il nous glorifiera et nous pouvons aller de gloire en gloire.
Par le corps de Christ, Dieu a détruit l’inimitié entre un Juif et un païen. Mais si deux païens – et même deux païens soi-disant chrétiens – sont ennemis l’un de l’autre, cela démontre clairement qu’il n’y a pas eu de destruction de la chair par l’Esprit, dans le corps de Christ et dans la communion à ses souffrances. Ce n’est que par la croix qu’on accède à l’unité dans le même corps et à une souffrance commune dans la chair vers le même but, le Père. Ce n’est que là que l’inimitié les uns envers les autres est détruite, avec ses innombrables murs de séparations et partis.
En lieu et place de l’inimitié dans le corps se développe par la croix une Assemblée dans un seul et même corps ; un corps dans lequel tous sont du même avis, au point où ils sont parvenus. C’est une assemblée qui est remplie de la connaissance de Dieu, dans la mesure où tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ont été englobés par l’obéissance dans le corps de Christ ; une assemblée dont la dispensation a été un mystère caché de tout temps en Dieu, Ép. 3, 9. Mais cette dispensation est maintenant révélée afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent par l’Église la sagesse infiniment variée de Dieu.
Avons-nous pris assez part à l’œuvre de Christ, qui consiste en la destruction de la chair, au point d’avoir pu goûter un peu à cette communion d’esprit et à cette sagesse ?
Ou penses-tu que l’œuvre de destruction a eu lieu dans le corps de Christ pour que tu puisses y échapper ? Tous les ennemis de la croix de Christ profèrent la même doctrine, ignorants qu’ils sont de toutes les paroles de vérité, à cause de cette inimitié. Mais nous tous qui avons part à la destruction de l’inimitié, nous chanterons toujours les louanges de sa richesse infinie, en grâce au beau milieu de la souffrance, en consolation dans la peine, et en réconfort dans la fatigue.