Jésus, invité à la table des pharisiens
Luc 11, 37 et suivants. Pendant que Jésus parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui. Il entra, et se mit à table.
Ce pharisien avait enfin le Prince de paix chez lui à table, et on aurait pu imaginer que ça allait être la fête et la joie. Or le pharisien vit avec étonnement que Jésus ne s’était pas lavé avant le repas. Mais pour Jésus qui savait prendre les choses à la racine, et qui ne se laissait pas tromper bien qu’il ait été invité, cet « étonnement » suffisait pour qu’il le reprenne. Et à l’encontre de toute bienséance charnelle, il lui dit : Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. C’était sûrement la première fois que le pharisien avait un tel invité à table. Et si encore Jésus s’était contenté de cette seule remarque, les choses se seraient peut-être arrangées, mais il poursuit sans ménagement : « Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ? Malheur à vous, pharisiens ! parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. » Peut-être fallait-il s’arrêter là ? Le moment était certainement venu de passer à table et de finir paisiblement la soirée en guise de remerciement pour l’hospitalité. Mais contre toute attente et tout raisonnement, Jésus continue : Malheur à vous ! parce que vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas, et sur lesquels on marche sans le savoir.
Si encore Jésus avait été seul avec le pharisien, la scène de ce dîner aurait pu rester une histoire entre eux deux. Or, il s’avère qu’il y avait là un docteur de la loi qui s’est aussi senti visé par ce que Jésus disait des pharisiens.
Un des docteurs de la loi prit la parole, et lui dit : Maître, en parlant de la sorte, c’est aussi nous que tu outrages. Peut-être ce docteur de la loi trouvait-il au début que le pharisien méritait de telles remontrances, et il était certainement prêt à soutenir Jésus dans ses affirmations. Mais comme Jésus y allait trop fort, et que le docteur de la loi se sentait repris lui-aussi, il n’a pas pu se taire.
Si ça avait été quelqu’un d’autre que Jésus, il se serait certainement contenté des accusations portées contre le pharisien, et il aurait plutôt cherché l’approbation et le soutien des autres personnes présentes. Mais c’était contraire à l’entendement du « Maître », et c’est pourquoi il brandit une forte épée contre le docteur de la loi avec ces mots d’une grande sévérité : Malheur à vous aussi, docteurs de la loi ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous ne touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts. Malheur à vous, docteurs de la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient.
Le dîner touchait certainement à sa fin, car il est dit : Quand il fut sorti de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à le presser violemment, et à le faire parler sur beaucoup de choses, lui tendant des pièges, pour surprendre quelque parole sortie de sa bouche.
Ce que nous pouvons apprendre par ce petit récit, c’est de ne pas dévier du chemin quand les hypocrites cherchent à nous plaire quant à la chair.