La loi
La loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel. Ro. 7, 14. Une opinion très répandue est que la loi est quelque chose de mauvais, dont il s’agit d’être affranchi le plus vite possible. Mais l’Écriture dit que la loi est sainte et que le commandement est saint, juste et bon. Ro. 7, 12. Si donc on souhaite être affranchi de ce qui est saint, juste et bon, cela prouve qu’on aime ce qui est profane et injuste plus que la loi sainte et juste, qui prononce un jugement sur une telle vie et une telle manière de se conduire. Cependant, celui qui est injuste et impie n’est jamais affranchi de la loi et de sa malédiction, car c’est justement à cause de telles personnes que la loi a été donnée.
La seule manière d’être affranchi de la loi en tant que loi, c’est de devenir aussi saint et juste que la loi. Cela abolit son jugement, puisqu’on est alors devenu une loi pour soi-même. Mais cela ne se fait pas en un clin d’œil. Nous avons été mis à mort en ce qui concerne la loi (sa malédiction) par le corps de Christ, Ro. 7, 4 ; mais nous ne sommes pas morts à l’Esprit de la loi, qui est saint, juste et bon. La loi est la volonté de Dieu, qui n’a jamais pu être pleinement accomplie à cause de la faiblesse de la chair – du péché qui y habite. Mais ce qui était impossible à la loi, Dieu l’a fait : il a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché. Ro. 8, 3. Dieu a rendu Christ semblable à nous pour qu’il puisse s’attaquer au péché dans la chair. Étant maintenant unis à Christ dans le corps de sa chair, nous sommes délivrés de la malédiction de la loi et nous participons à la loi de l’Esprit, dont le travail et le but sont l’anéantissement du péché dans la chair, ou on peut aussi dire : l’anéantissement du corps du péché. Ro. 6, 6. La loi dans le corps de Christ a frayé une voie jusque dans le sanctuaire. Puisque nous participons à cette loi avec Christ, le péché est aussi attaqué dans notre chair mortelle ; nous participons aux souffrances de Christ et nous sommes sans cesse livrés à la mort, quant à notre nature intérieure pécheresse, afin que la vie de Christ soit manifestée dans notre chair mortelle. Au cours de tout ce processus intérieur qui a lieu dans le corps, la malédiction de la loi est abolie. On est désormais soumis aux lois de Christ, dont le but est de frayer une route nouvelle et vivante au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair. Il y a un vaste pays dans ce corps, et Christ englobe tellement de choses qu’on peut marcher en lui.
Mais certains ont déclaré être affranchis de la loi dès qu’ils n’ont plus senti de malédiction dans leur conscience. Ils ont même cru être parvenus à un état où le chapitre 7 de l’épître aux Romains ne s’appliquait plus à leur vie. Ils se sont déclarés libres de ce chapitre et ils ont choisi de vivre dorénavant dans Romains 8 ! Si on examine ces choses d’un peu plus près, on s’aperçoit que c’est le « sentiment » d’être affranchi de la « malédiction de la loi » qui est à la base d’une telle supposition.
Mais sommes-nous donc parfaits une fois que la malédiction de la loi a disparu ? Même si nous pouvons l’être dans notre entendement, notre vie n’est pas parfaite. Pour ce qui est de courir dans la carrière, je ne crois pas qu’il soit facile de garder le même rythme que Paul, mais même lui devait reconnaître qu’il n’avait pas encore remporté le prix, ni atteint la perfection. Ph. 3, 12. Bien que sa conscience ait été pure et libre de toute malédiction, il n’était pas parfait. Mais s’il n’était pas parfait, toutes ses actions ne pouvaient pas non plus être parfaites. Et s’il y avait par conséquent en lui des actions qu’il fallait qualifier d’imparfaites, celles-ci devaient bien avoir leur racine quelque part, et si ce n’était pas dans l’Esprit, ce devait être dans le péché dans la chair. Dans tout cela, Paul pouvait avoir une bonne conscience, bien que ses actions et que sa vie ne soient pas parfaites. Mais je ne crois pas du tout que Paul aimait ces actions qu’il faisait, lorsqu’elles n’étaient pas conformes à la volonté de Dieu. Non ! il les haïssait. Moi aussi, par la grâce de Dieu, j’ai goûté au don du Saint-Esprit, mais malgré cela je fais assez souvent des actions que je hais. Et pourquoi pouvons-nous les haïr ? Grâce à la lumière de l’Esprit. Or, si je fais ce que je hais, je suis d’accord avec Paul dans son chapitre 7 de l’épître aux Romains. Certains diront peut-être : je ne fais jamais quoi que ce soit que je haïsse. C’est lamentable quand on en est là ! Puisse Dieu nous garder d’un tel égarement ! Une âme humble trouvera toujours quelque chose à juger en elle-même. Même Ro. 8, 13 dit : Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez.
Ces actions du corps qu’il faut faire mourir par l’Esprit, et qu’effectue même celui qui se trouve dans Ro. 8, que sont-elles et comment se manifestent-elles ? Les actions du corps qui se manifestent dans Ro. 8 sont expliquées et exposées en Ro. 7, 23. Mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Toi comme moi, nous sommes rendus captifs de la loi du péché dans nos membres, et nous faisons très souvent des choses que nous ne voulons absolument pas faire. Cela s’appelle « les actions du corps », qu’il faut faire mourir par l’Esprit. À cause de la faiblesse de la chair, nous n’avons pas été en mesure d’arrêter ces actions avant qu’elles soient exécutées, c’est pourquoi nous devons les faire mourir par l’Esprit après qu’elles ont été faites. Il ne faut pas confondre ces actions du corps avec les œuvres de la chair, qui sont des péchés manifestes. Ga. 5, 19.
Si je fais ce que je hais – ce que je ne veux pas faire – ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Je le hais et Dieu le hait. Nous sommes donc d’accord sur ce point. C’est pourquoi il n’y a pas non plus de condamnation pour ces actions, si seulement nous les faisons mourir par l’Esprit. En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Je ne continue pas à faire les mêmes actions du corps, mais je les fais mourir – voilà pourquoi je suis libre. Tout péché dans le monde vient de la convoitise. Quand la convoitise a conçu, elle enfante le péché. Ce péché-là mène à la mort ; il ne faut pas le confondre avec les actions du corps.
Heureux l’homme à qui l’Éternel n’impute pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude ! Ps. 32, 2.