Que les autres jugent

septembre 1912

Que les autres jugent

1 Co. 14, 29

Le chemin qui mène au Père (la perfection) et passe par Christ (le chemin) est très simple, mais l’homme cherche beaucoup de détours. L’Esprit de Dieu nous donne de la force et nous enseigne chemin faisant, et il ne parle pas de lui-même, mais il dit ce qu’il entend. Sa voix retentit nuit et jour, tantôt pour nous châtier, tantôt pour nous guider et nous exhorter. Et pourtant, la plupart du temps, on croit ne plus avoir quoi que ce soit à recevoir du Saint-Esprit. Au lieu d’écouter ce que l’Esprit dit, on jubile d’avoir reçu l’Esprit. On est alors dans un grand égarement. C’est pourquoi toute une quantité de gens qui ont reçu l’Esprit il y a quelques années sont sur le point de mourir par manque de nourriture. On se prive ainsi de la nourriture spirituelle qui est transmise par l’Esprit, parce qu’on passe tout son temps à jubiler d’avoir reçu l’Esprit et qu’on ne reçoit pas ce que l’Esprit donne.

Il en résulte qu’on finit par être très sec, et le don du parler en langues et l’interprétation, qui devraient servir à l’édification, sont alors utilisés comme des armes pour avoir le dessus dans des affrontements internes.

Au fil du temps, le baptême de l’Esprit a porté différents noms. Avant ce dernier « mouvement », on appelait le baptême de l’Esprit « affranchissement ». Beaucoup de gens ont été affranchis et ont jubilé d’être affranchis de la loi, mais la plupart d’entre eux se sont égarés dans leur liberté, et ils ont glissé sans le savoir dans une « fausse liberté » parce qu’ils haïssaient la croix. Ils aimaient éprouver des sentiments agréables et voulaient volontiers partager tout ce qui est bon avec Christ, mais ils haïssaient les souffrances de Christ et la communion avec lui dans ses souffrances.

Encore aujourd’hui, Christ a son van à la main, et il nettoie son aire. Tout réveil passe par une période où il doit être mis à l’épreuve. C’est maintenant que le dernier « mouvement » va être mis à l’épreuve, et nous pouvons être sûrs qu’il va y avoir une grande quantité de défections. À plusieurs endroits, on fulmine déjà contre la parole de la croix en parlant en langues, en interprétant et en prophétisant contre les personnes qui osent mettre sur la croix leurs doux sentiments et leur bien-être. Mais comme Christ a vaincu les puissances et les dominations sur la croix et les a menées en triomphe avec lui, nous aussi nous devons, par la même croix, vaincre tous les ennemis de la croix de Christ et en finir avec eux, même s’ils font usage de tous leurs dons pour combattre les paroles éternelles de la croix.

Dès le début, il a manqué à ce mouvement des dirigeants capables de s’occuper des brebis dans l’amour de Christ. Les dirigeants ont couru de conférence en conférence et ils ont ensuite écrit et parlé de ce qu’ils ont vu et entendu à ces réunions. Ils ont surtout admiré des gens qui avaient une certaine notoriété dans ce monde et qui ont honoré la conférence de leur présence. On a parlé et discuté pour savoir ce qu’il fallait faire pour amener le monde à croire que le parler en langues est de Dieu, etc. Et pendant que les dirigeants participaient à des conférences, le loup a fait des ravages dans la bergerie. On a pris soin de ce que le monde considère comme grand, mais il y a eu un manque total de direction à l’intérieur.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. À la ville et à la campagne, des éléments charnels ont profité de leurs dons du mieux qu’ils ont pu pour se mettre eux-mêmes en avant et pour en tirer un gain. Des bergers de toutes sortes ont fait leur apparition, et ils ont tous pu utiliser les ciseaux à leur propre avantage, et c’est sans doute aussi la raison pour laquelle les brebis ont été tondues à ras et ont été privées de toute compréhension et de tout discernement spirituels.

Pourtant, Dieu soit loué, toute folie a une fin, et c’est aussi le cas avec celle-ci. Et on se retrouve alors avec le fruit de ses expériences. Comme autrefois, la croix doit encore une fois séparer ce qui est précieux de ce qui est vil. Mais cela n’ira pas bien pour celui qui investit sa vie dans ses dons.

Dieu ne nous a pas donné des dons spirituels pour que nous travaillions et harcelions les personnes à qui nous avons affaire, pour leur imposer le respect et utiliser le bâton de commandement. Les dons nous ont été donnés pour que nous nous servions les uns les autres. Et si nous faisons cela, les dons seront en bénédiction et ils rempliront leur fonction.

Le monde n’a qu’à croire ce qu’il veut. C’est de la pure folie de gaspiller du temps et des forces pour l’amener à croire que le parler en langues est de Dieu. Si tel est le cas, cela montre à quel point on est ignorant quant au témoignage de Dieu au sujet du parler en langues. Dans 1 Co. 14, 2 il est dit que celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, mais c’est dans l’Esprit qu’il dit des mystères.

Si donc le parler en langues n’est pas pour les hommes, mais pour Dieu, on mesure à quel point il est vain de faire toutes sortes d’efforts pour amener le monde à croire en une langue qui n’est que pour Dieu et ne concerne même pas les hommes. Il s’agit en outre de mystères dans l’Esprit. Qu’est-ce que le monde a à voir avec des mystères dans l’Esprit ? Des gens qui ont déjà du mal à comprendre des choses qu’on peut saisir avec ses mains. Non, il faut arrêter de se donner de la peine pour des choses qui ne servent qu’à la satisfaction de la chair, mais nous ne sommes pas redevables à la chair. Le temps dont nous disposons est plus précieux qu’il n’y paraît. Personne ne comprend celui qui parle en langues, et nous n’avons qu’à en rester là. Le parler en langues doit simplement être interprété dans la foi par l’Esprit pour que les croyants puissent être édifiés.

Depuis toujours, ce sont les dirigeants (les bergers) qui ont dû porter la responsabilité pour l’égarement des brebis. Mais lorsque les bergers ont pris soin d’eux-mêmes et n’ont possédé les brebis qu’à cause de leur laine, leurs jours en tant que bergers ont connu une fin brutale.

Ce dont on a besoin actuellement est avant tout la parole de la croix – la puissance de Dieu. Il s’est avéré et il s’avère de nouveau que rien ne crée des liens plus forts que les clous de la croix. Satan fuit la croix ; l’inimitié disparaît sur la croix et les forces de Dieu sont manifestées par la croix. Dieu a béni la parole de la croix, et nombreux sont ceux dont les yeux se sont ouverts dans les derniers temps pour voir que rien d’autre n’a de la valeur. On a appris à voir la futilité de toute cette liberté qui est annoncée – sans croix. Des hommes qui sont eux-mêmes esclaves de la corruptibilité promettent la liberté. Mais la croix met en fuite de tels prédicateurs de liberté, et ils sont ainsi dévoilés, comme tout ce qui vient du prince des ténèbres.

Par la croix, l’amour fraternel prospère, car on a part aux mêmes souffrances – les souffrances de Christ – et on est d’un même avis, par le même Esprit, au point où on est parvenu. Les morceaux qu’on essaye de coller par des liens extérieurs deviennent un par la croix à Golgotha. Magnifique croix ! Par elle, toutes les susceptibilités et tout ce qui veut diviser sont anéantis. Cela fait fuir les lâches, les meurtriers et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge. Les personnes qui sont attachées à des esprits séducteurs et de fausses doctrines fuient la croix, de même que ceux qui cherchent uniquement à se satisfaire eux-mêmes ainsi que leurs sentiments, mais qui reculent devant les souffrances de toutes sortes.

La loi est notre pédagogue qui nous conduit à Christ, mais quand nous sommes venus à lui, nous sommes saisis par la croix, qui remplace la loi à sa manière et accomplit ce que la loi ne pouvait pas faire, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. On peut être affranchi de la loi, mais jamais de la croix, aussi longtemps que nous habitons dans notre corps. Ceux qui jubilent au sujet de l’affranchissement quant à la loi doivent réfléchir à cela. Nous ne sommes pas sans la loi pour Dieu, la croix en témoigne, mais nous sommes dans la loi pour Christ par la même croix.

Et l’homme vain qui hait la croix de Christ croit qu’il a plus de force que celui qui porte patiemment la croix. Ce ne sont que des imaginations fausses, qui sont le fruit d’une ignorance aveugle, car la puissance ne consiste pas à parler en langues, comme on le croit, mais dans le fait qu’on a la victoire sur soi-même et sur le péché, par la croix de Christ. Comme on a peur des dons, on laisse des gens charnels faire des dégâts et troubler les réunions. On utilise le parler en langues et les sentiments pour interrompre des personnes qui prient ou témoignent, et on prend ensuite soi-même la parole. Il est grand temps d’examiner ces gens un peu sous toutes les coutures et on ne peut pas les mettre mieux à l’épreuve que par la croix, car elle fait fuir tout et tous ceux qui ne sont pas de Dieu et par conséquent n’aiment pas la vérité.

Un temps nouveau s’ouvre pour nous, une période où on a besoin de force pour résister à l’esprit de l’antéchrist et pour le vaincre, cet esprit qui nous assaille chaque jour davantage, et qui cherche à entraîner tout le monde derrière lui. Nous savons que l’impie ne peut pas résister à cet esprit, mais par la croix nous resterons debout par la puissance de Dieu, après avoir tout surmonté. C’est pourquoi nous devons apprendre à veiller et prier et à être sains dans la foi et dans l’enseignement de Christ, de sorte que nous attendions avec joie l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.