La croix

août 1912

La croix

Rien n’a causé plus de scandale et de bénédiction dans ce monde que la croix. Christ a porté patiemment sa croix, elle lui a procuré la victoire sur les puissances et les dominations, et quant à lui, elle lui a donné une formation princière.

Pendant longtemps, une grande haine envers les païens avait régné parmi les Juifs, mais par la croix – dans sa chair – Christ a détruit l’inimitié et a créé en lui-même un seul homme nouveau, en établissant la paix. Il les a réconciliés l’un et l’autre en un seul corps avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l’inimitié. Ép. 2, 15.

Si, malgré la très grande différence qui les opposait, les Juifs et les païens ont pu être réunis dans ce seul corps, à combien plus forte raison deux païens doivent-ils pouvoir fusionner pour devenir un dans le même corps qui est l’Assemblée. Mais c’est par la croix et rien d’autre.

Dieu aime la croix, et c’est pourquoi il a laissé son Fils unique la porter pendant toute sa vie. La croix donne une meilleure éducation que les meilleures écoles supérieures, car celles-ci n’éduquent que pour cette vie, tandis que la croix nous enseigne pour cette vie et pour la vie à venir. Le diable peut se réconcilier avec tout sauf la croix, et c’est aussi le pire qu’on puisse proposer à ses enfants, qui sont disposés à faire du bien si seulement ils peuvent éviter la croix. Si donc les diverses associations et sociétés doivent rassembler de l’argent au profit d’une cause ou une autre, elles arrangent des bals, des fêtes, des loteries, des ventes de charité accompagnées de spectacles et beaucoup d’autres choses, pour que la chair soit pleinement dédommagée pour l’argent qui a été donné. La seule et unique pite donnée par la veuve était liée à la croix, et c’est pour cela qu’elle a donné plus que tous ceux qui avaient donné de leur superflu.

L’Esprit de Dieu attire vers la croix, Christ a été le premier à être attiré dans cette direction, ensuite, c’est nous qui sommes attirés dans la même direction. Christ s’est offert lui-même en sacrifice par un Esprit éternel, et nous pouvons être sans cesse livrés à la mort de Christ par l’Esprit de Christ. Nous sommes ainsi formés pour être rendus semblables à Christ dans sa mort.

Paul a annoncé pour la première fois l’Évangile aux Galates à cause d’une infirmité, et ils l’ont reçu comme un ange de Dieu et se seraient volontiers arraché les yeux pour les lui donner. Ga. 4, 13. Mais après que la croix eut fait son œuvre sur l’apôtre et qu’il revint voir les Galates, il parla d’une manière telle qu’ils ne purent plus le supporter, et il fut obligé de leur dire : Suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité ?

Nous aussi, nous devons apprendre la même leçon. Quand on se convertit, on a tout de suite des amis partout, mais si nous nous chargeons de la croix que Dieu place sur notre chemin, nos amis deviennent nos ennemis.

Si on prive le christianisme de la croix, le monde lui-même peut l’utiliser à sa guise lors de soirées religieuses festives qui rapportent de toutes sortes de manières un gain et du bien-être selon la chair.

Paul a néanmoins ressenti autre chose. La croix l’a amené à se sentir comme le dernier des hommes, un condamné à mort, car il avait été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. 1 Co. 4. Il était fou à cause de Christ, mais les Corinthiens étaient très sages, ce qui est d’ailleurs aussi le cas aujourd’hui pour leurs descendants. Personne ne sait plus de choses que le fou, il a de la connaissance au sujet de tout, et il se hâte de vider son cœur. C’est pourquoi on le rencontre partout où il a la possibilité de répandre sa folie, qu’il prend évidemment pour de la sagesse. Ils croient eux-mêmes être très sages en Christ, raison pour laquelle ils se sentent forts et puissants. Paul, quant à lui, était faible. La croix lui avait montré que tout son savoir, y compris celui qu’il avait reçu aux pieds de Gamaliel, était uniquement des ordures dignes d’être mises au rebut, comparé à la connaissance de Dieu qu’il avait reçue plus tard, dans et par le Saint-Esprit. Les Corinthiens étaient honorés, mais l’apôtre était méprisé. La croix fait que nous sommes méprisés. Si quelqu’un n’a pas calculé les coûts, qu’il les calcule maintenant. Es-tu disposé à être méprisé du fait de la croix ? Es-tu disposé à être uni à ton Maître et Seigneur dans l’opprobre ?

Si tu es disposé à te purifier d’anciens enseignements, d’anciens préjugés et de tout ce qui est en rapport avec le vieux levain, Dieu fera de toi une pâte nouvelle.

Considère le christianisme qui méprise la croix, et tu constateras qu’il n’est pas viable. À quoi sert-il de parler en langues, de prophétiser et d’interpréter les langues, ou d’utiliser quelque don spirituel que ce soit, si la croix a disparu ? Considère les assemblées libres un peu partout dans notre pays, et tu constateras qu’elles sont sur le point de mourir, parce que les dirigeants n’ont pas annoncé la croix. Des rumeurs circulent sur des cas d’inconduite notoire et quelle en est la raison ? Eh bien, s’il y a des cas d’inconduite, c’est parce qu’on hait la croix. Il est temps de se réveiller comme il se doit et de faire de sérieux efforts, car le temps est venu où le jugement va commencer par la maison de Dieu, c’est-à-dire nous. 1 Pi. 4, 17. Il doit commencer par le sanctuaire, si quelqu’un prétend être « du dedans », il faut qu’il accepte d’être jugé comme celui qui est « du dedans ». 1 Co. 5, 12. Le Seigneur fait une œuvre à notre époque, mais il commence à l’intérieur et il poursuit son œuvre vers l’extérieur, pour que cela vienne de lui-même et non des hommes. Dieu a supporté assez longtemps le christianisme creux – sans croix. Il fait maintenant en sorte que l’évangile de la croix – le bon vieil évangile – reprenne ses droits pour que les « prêcheurs de liberté sans retenue » le voient, qu’ils soient affligés et honteux quand ce qu’ils n’ont pas prêché fait son apparition et détruit l’œuvre qui, sans croix, est composée de foin, de paille et de chaume. On a prêché « la liberté », « la liberté », pendant assez longtemps. Les assemblées se sont suffisamment amusées avec toute cette liberté, et des quantités de gens l’ont aussi utilisée à fond, c’est-à-dire dans la chair. C’est pourquoi il est grand temps de se mettre à prêcher « la croix », « la croix », car c’est le moment, et Dieu travaille avec nous pour que ce message se répande.