Qui doit présenter l’aliment de Dieu ?

avril 1912

Qui doit présenter l’aliment de Dieu ?

(Suite et fin)

La dernière fois, nous avons parlé de ceux qui doivent s’approcher de la table du Seigneur pour offrir l’aliment de Dieu. Examinons maintenant des sacrificateurs qui ont un autre sacerdoce à assumer, un sacerdoce qui n’exige pas l’absence absolue de défaut spirituel qui est mentionnée dans Lévitique 21. Lisons à cet égard Éz. 44, 10 et suivants.

« De plus, les Lévites qui se sont éloignés de moi, quand Israël s’égarait et se détournait de moi pour suivre ses idoles, porteront la peine de leur iniquité. Ils seront dans mon sanctuaire comme serviteurs, ils auront la garde des portes de la maison et feront le service de la maison ; ils égorgeront pour le peuple les victimes destinées aux holocaustes et aux autres sacrifices, et ils se tiendront devant lui pour être à son service. Parce qu’ils l’ont servi devant ses idoles et qu’ils ont fait tomber dans le péché la maison d’Israël, je lève ma main sur eux, dit le Seigneur, l’Éternel, pour qu’ils portent la peine de leur iniquité. Ils ne s’approcheront pas de moi pour être à mon service dans le sacerdoce, ils ne s’approcheront pas de mes sanctuaires, de mes lieux très saints ; ils porteront la peine de leur ignominie et des abominations qu’ils ont commises. »

Nous voyons là des sacrificateurs qui sont sacrificateurs pour le peuple, mais pas pour Dieu. Quand le peuple servait le Seigneur, les sacrificateurs faisaient le service pour Dieu, mais quand le peuple se détournait et se mettait à servir les idoles, les sacrificateurs suivaient le peuple pour rendre un culte à Baal.

Le peuple avait le blé, le moût et l’argent, et les sacrificateurs devaient en tirer leur subsistance. C’est pourquoi il était très tentant de suivre le peuple. Ils auraient évidemment dû persévérer fidèlement dans le sanctuaire du Seigneur, même si les réserves étaient vides, pour pousser le peuple depuis le sanctuaire à rester fermement attaché au Seigneur. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils ont préféré courir le risque d’être en mauvais termes avec le Seigneur plutôt qu’avec le peuple. Imagine un peu si le peuple avait eu quelque chose à leur reprocher ! Imagine un peu si le peuple avait rogné sur la dîme ! En effet, ils étaient réellement dans une situation difficile, tant pis pour le temple du Seigneur et le culte rendu à Dieu, si seulement ils avaient ce qui leur était dû : la dîme et la considération de la part du peuple.

L’Écriture appelle de tels sacrificateurs des sacrificateurs pour le peuple. Mais ce ne sont pas des sacrificateurs sans défaut. Ils sont néanmoins autorisés à faire un service extérieur, contrôler les entrées et être serviteurs dans la maison. Quand le peuple s’est de nouveau tourné vers le Seigneur, Dieu ne veut pas avoir de tels sacrificateurs dans sa sainte présence. Ils peuvent se tenir à la porte et inviter le peuple au pardon des péchés ; ils peuvent aussi être autorisés à dénoncer des transgressions, ce qui revient à faire le ménage et à enlever la poussière, tâches qui incombent à un serviteur dans une maison.

Mais ils ne doivent pas s’approcher du Seigneur pour le servir en tant que sacrificateurs. On ne doit pas leur permettre de faire un service intérieur. Ils ne doivent pas s’approcher des choses saintes et très-saintes. Ils n’ont pas la permission de conduire les âmes à une vie spirituelle plus profonde.

Ils peuvent néanmoins égorger les victimes destinées aux holocaustes et aux autres sacrifices pour le peuple. On peut leur permettre de prêcher Christ comme sacrifice expiatoire, comme l’agneau qui a porté le péché du monde ; mais ils ne doivent pas s’approcher du voile pour entrer en contact avec les choses très-saintes et la table du Seigneur. Ils ne doivent pas présenter de la nourriture spirituelle qui peut nourrir en vue de la sanctification.

On peut se demander si le monde a changé depuis cette époque. Ou n’est-il pas vrai que ceux qui sont sacrificateurs pour le peuple ont en abondance tout ce dont ils ont besoin, tandis que l’âme pieuse, pauvre en esprit, prêche gratuitement, et manque souvent du strict nécessaire. Puisse Dieu ouvrir nos yeux pour que nous soyons en mesure de voir.

C’est le peuple qui donne aux sacrificateurs du peuple leur salaire et la considération dont ils jouissent. Même les gens les plus dépravés font partie de leur assemblée. C’est une assemblée où il y a beaucoup de place et qui abrite des théâtres et des cabarets, des prisons et des chapelles, des églises et des pénitenciers. Celui qui tue et celui qui est tué font tous les deux partie de l’assemblée du pasteur.

Les pasteurs et prédicateurs cités ci-dessus ont certes un service à accomplir, mais c’est un service extérieur. Si donc quelqu’un veut avoir accès à une vie spirituelle plus profonde, il ne demande jamais conseil à de tels « sacrificateurs » car ceux-ci n’ont jamais pu accéder aux choses très-saintes et à la table de Dieu. Ils croient aussi pour la même raison que tous ceux qui ne restent pas dans leur champ d’action s’égarent.

Il y avait pourtant des sacrificateurs qui avaient fait leurs preuves. V. 15.

« Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok, qui ont fait le service de mon sanctuaire, quand les enfants d’Israël s’égaraient loin de moi, ceux-là s’approcheront de moi pour me servir, et se tiendront devant moi pour m’offrir la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Éternel. Ils entreront dans mon sanctuaire, ils s’approcheront de ma table pour me servir. Ils seront à mon service. »

Il s’agit là de sacrificateurs selon le cœur du Seigneur. Ils restaient fidèlement du côté de Dieu lorsque le peuple s’égarait. Il est vrai qu’ils exhortaient le peuple, avec toute la persévérance dont ils étaient capables, à abandonner son égarement, mais lorsque tout leur travail ne donnait aucun fruit, ils abandonnaient le peuple à son sort et quant à eux, ils restaient fermement attachés au Seigneur.

Ce sont ces sacrificateurs qui, de nos jours, doivent servir le Seigneur comme il veut être servi. Ils doivent s’approcher de la table du Seigneur pour présenter l’aliment de leur Dieu, car ils sont sans défaut aux yeux du Seigneur.

Tout cela nous apprend que Dieu est exact, extrêmement exact. On prêche beaucoup de nos jours, mais il ne faut pas croire que tous ces prédicateurs ont été à l’intérieur, devant la face du Seigneur, et qu’ils ont été chercher des mets spirituels sur la table de leur Dieu. Ce qui est le plus habituel, c’est qu’on se tienne devant la face du peuple et qu’on fasse en sorte de dire des choses qui lui plaisent. Cela s’applique à la fois aux messages qu’on donne oralement et aux messages écrits.

Que Dieu nous donne la grâce de ne pas plaire aux hommes, mais en tant que serviteurs de Christ, de toujours chercher, par écrit et oralement, à plaire à celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière et qui a fait de nous des rois et des sacrificateurs pour notre Dieu. Ap. 5, 10.