Horten, le 21-11-1940
Cher frère, E. Bekkevold,
Paix.

Je suis venu de Brevik ce soir. Il faisait sombre et il pleuvait quand je rentrais à la maison. Une fois arrivé, j’ai appris qu’on ne peut utiliser que des lampes de poche particulières, approuvées par le Ministère.

Nous qui avons un certain âge, nous endosserions une grande responsabilité si nous organisions une conférence à Oslo la veille du Jour de l’An, sachant que ce sera la nouvelle lune à ce moment-là, et qu’il y aura des difficultés avec les tramways et les autobus.

Compte tenu de cela, il serait bien que tu décommandes les salles que nous avons louées. On peut retirer l’annonce de Skjulte Skatte, si elle a déjà été insérée. Je n’ai pas encore lu les épreuves.

Écris-moi dès que possible et dis-moi ce qu’il en est. Ça n’a rien de plaisant, mais nous vivons de toute façon dans des temps hors de l’ordinaire, où on voit que même des femmes sont agressées dans l’obscurité.

Oui, cher frère, fais ce que tu peux pour remédier à cela.

Si, contre toute attente, il s’avérait impossible de changer cela, propose une manière de faire, et dis-nous si les frères doivent être les seuls à se réunir – et non des femmes étrangères à la ville.

Par les temps qui courent, il peut être bénéfique pour nous de rester à la maison, chacun chez soi, la veille du Jour de l’An.

Salue ta famille et les amis.

Cordiale salutation de ton frère,

J. O. Smith

Ne tarde pas à écrire, nous attendons pour Skjulte Skatte.