Horten, le 13-5-1940
Cher frère, Andreas Nilsen
La bonne paix de Dieu !

Merci beaucoup pour ta bonne lettre. Par la grande grâce de Dieu, nous sommes ici à nouveau, et ici c’est le calme plat. Nous entendons seulement un avion passer au-dessus de nos têtes de temps en temps. Le 9/4[33] nous avons quitté la ville à la hâte, et nous avons réussi à nous rendre avec Lydia chez Olava Kvarteig dans le Hallingdal (Nesbyen). La vallée a été coupée subitement de toute communication avec l’extérieur, et nous avons passé 3 semaines dans une grande incertitude à propos de beaucoup de choses ; mais pour le reste, nous allions bien. Tous les véhicules étaient réquisitionnés, et pour finir nous avons décidé de rentrer à la maison à pied. Nous avons trouvé une charrette pour Lydia et nous avons commencé à marcher vers la maison. Après deux jours de marche, nous étions arrivés à Flå, à 35 km de Nesbyen. Nous y avons trouvé un train militaire qui nous a amenés à Drammen, et nous sommes rentrés à la maison le 3/5 à minuit.

Kristian est sorti de l’arsenal le 9/4 à bord du sous-marin B4. Ils étaient là pour réparation et l’un des moteurs avait été démonté. On l’a convoqué en pleine nuit et ils sont sortis sans munitions, ont dépassé les navires allemands pour monter jusqu’à Filtvedt, d’où ils ont pu rentrer à la maison.

Nous nous inquiétions pour Helge, mais hier (lundi de Pentecôte) il est arrivé tout rayonnant à la maison, sans avoir pris la moindre égratignure. Il a participé aux combats près de Jevnaker et jusqu’à la vallée du Gudbrandsdal, il a été fait prisonnier avec des troupes anglaises et norvégiennes et a été interné en camp [de prisonniers] à Lillehammer. Les autorités allemandes lui ont maintenant donné un laissez-passer attestant de sa libération. Dieu a vraiment été avec lui.

Il a beaucoup de choses à raconter sur ces événements. Il est à Drammen maintenant. Aksel s’est présenté à son régiment, mais ils n’avaient pas besoin de lui, et il nous a donc accompagnés à Nesbyen, ce qui a été une grande aide pour nous tous quand il a fallu transporter Lydia sur le chemin du retour.

Nous avons vu jour après jour comment Dieu a dirigé les choses pour nous. Dieu entend les prières. Loué soit son saint nom !

Salue ta famille et les amis. Salutations cordiales de la part de nous tous ici ; ton frère

J. O. Smith