(Manuscrit original non disponible)

Horten, le 25 juin 1932
Cher frère Aslaksen,
Paix !

Nous combattons et luttons et souffrons du mieux que nous le pouvons – nous tous ici aussi. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Le péché dans la chair n’est pas anéanti, et Satan n’est donc pas mort non plus. Mais c’est justement dans ce combat que peuvent s’accroître des valeurs vitales, et que peuvent être brisées des forces plus grandes que celles que peuvent vaincre des personnes dépourvues de l’Esprit. C’est pourquoi je suis content malgré tout, dans la mesure où la grâce de Dieu s’étend dans les domaines conscient et inconscient, même si la mort est ressentie comme une défaite cinglante, et la souffrance comme une insulte de Satan à l’égard d’années d’efforts qui semblent vains. Je connais bien le chemin, et je sais où Jésus est allé ; mais dans toutes les épreuves qui surviennent sur le chemin, je ne suis qu’en partie en terrain connu, et je suis tout à fait ignorant dans d’autres domaines. Dans ces derniers, je vis dans une ignorance heureuse, mais ce bonheur est régulièrement interrompu par les réalités de l’épée tranchante, et c’est alors que beaucoup de pensées qui m’étaient inconnues deviennent pure réalité pour moi. C’est là de la connaissance, une connaissance de première main qui amène de la souffrance – une souffrance qui est souvent tellement grande que la balance oscille des deux côtés du zéro. Oui, tu as sans doute de l’expérience dans ces choses, c’est justement pour cela que je peux t’en parler. Non pas pour te consoler dans ton combat solitaire au pressoir, qui doit être mené jusqu’à son terme, mais pour te rappeler notre sort commun dans la fraternité, lorsque la balance oscille des deux côtés du zéro. Tu as droit à cette consolation, ainsi qu’à la consolation qui se trouve dans la persévérance de Christ, jusqu’à la victoire éternelle – au travers des souffrances – pour en finir avec les souffrances. Car c’est la seule manière d’en finir avec les souffrances.

J’espère que tu viendras à la conférence de jeunes le 1er juillet. Tu es le bienvenu.

Salue tous les tiens. Salutations cordiales de ton frère,

J. O. Smith