Horten, le 27-1-1934
Cher frère, Elias Aslaksen,
La grâce et la paix de Dieu !

Merci beaucoup pour tes cartes postales, la dernière venant de Brevik. Je suis heureux que tu sois à Porsgrunn et dans les environs. Il y a vraiment beaucoup à faire, et les ouvriers sont peu nombreux. Mais grâces soient rendues à Dieu, qui nous a donné de quoi travailler et des personnes avec qui travailler.

Je n’ai pas été tout à fait en forme physiquement depuis le voyage au Danemark. Je ne supporte pas toutes ces réunions qui durent jusque tard dans la nuit, ainsi que les changements de climat et de nourriture. C’est bien sûr l’âge qui se fait sentir. L’esprit et l’intérêt ont beaucoup d’avance sur le corps, qui est déjà atteint par des forces destructrices. Prie pour que je retrouve la forme et la santé, pour vivre encore et travailler selon la volonté agréable de Dieu.

Tu dois aussi veiller sur toi-même, pour que tu ne te détruises pas par toutes ces réunions tardives. Tu es déjà arrivé à l’âge où on peut se détruire, et quand cela commence à venir, cela vient vite. Ne l’oublie pas !!!

Ici, nous ne vivons pas tant dans la sphère évangélique que dans le creuset. Lorsque la nuée reposait sur le tabernacle, Israël devait prendre soin du service.

Le peuple exige que l’on frappe le rocher une fois après l’autre pour recevoir de l’eau. On appelle cela le ministère évangélique, et le prédicateur s’y conforme. C’est à cause de cela que Moïse, le fidèle serviteur de l’Éternel, n’a pas pu entrer dans le pays. La deuxième fois, il devait parler au rocher pour recevoir de l’eau. Nous devons nous souvenir de cela dans notre prédication, car nous avons maintenant à faire avec un Sauveur vivant et ressuscité. Les murmures du peuple aux eaux de Meriba ne doivent pas nous influencer, pour nous amener à servir le peuple au tabernacle, ce qui nous freinerait dans notre course vers l’intérieur du pays magnifique où coulent le lait et le miel.

L’abus des dons spirituels a fait que l’on a peur d’utiliser ceux qu’on a et d’en rechercher d’autres. Il y a parmi nous trop peu de personnes qui peuvent s’occuper des malades et prier avec eux et pour eux. On pourrait aussi citer plusieurs autres choses. Mais le fait est que nous devons « aspirer » aux dons spirituels. 1 Co. 14, 1.

Que Dieu bénisse ton travail, ainsi que le travail du fr. Andreas Nilsen et le travail de tous les autres. Tout ce travail n’est pas en vain. Lorsque tu annonces la parole de Dieu, il sera bon de donner au prophète qui est en toi plus de place qu’au prédicateur. Parle au « rocher », et il te parlera. Voilà l’Esprit de la prophétie.

Salutations cordiales à toi, à la famille du fr. Andreas Nilsen et aux amis.

Nous attendons la venue du fr. Bratlie mercredi ou jeudi. Ps. 44, 4-6.

Ton frère qui repose dans l’obéissance de la foi,

J. O. Smith