Horten, le 19 avril 1927
Cher frère, Elias Aslaksen,
Paix !

Merci beaucoup pour la conférence, qui travaille encore dans mes pensées. Je crois qu’elle a fait des miracles. Les sœurs de Fredrikstad ont dit que ce que ces conférences ont de pire, c’est que c’est si dur de rentrer à la maison une fois qu’elles sont terminées. Je crois que c’était en plein dans le mille.

Une grâce particulièrement forte reposait sur les réunions ; c’était un esprit de réveil, qui a reposé tout particulièrement sur les frères plus âgés d’Oslo. Ils représentent en quelque sorte une aide inespérée dans la guerre, et je crois que les sources vont jaillir à Oslo. L’aide vient du Seigneur – sans qu’on s’y attende. Que Dieu t’accorde beaucoup de grâce pour séparer et trancher à l’infini, pour que la croix puisse empêcher toute chair de respirer ! Nous voulons t’assister dans nos prières, et plus la guerre fait rage, plus l’aide est grande. Pendant les premiers jours, où la percée s’est faite, Dieu m’a appris à faire la guerre pendant les gardes de nuit. Par la grâce de Dieu, je suis allé à la guerre de tout mon cœur, et le cœur rempli de la joie la plus forte. Dans mon cœur, dans mon âme et dans mon esprit, j’avais le sentiment qu’il était possible de transpercer des plaques d’acier trempé comme si c’était du beurre. Je t’écris cela pour que tu saches que personne ne peut te résister, quand tu es armé des pieds à la tête pour le combat devant la face du Seigneur. Sois de ceux qui font des percées tous les jours de ta vie ! Apporte le salut à d’innombrables âmes ! Puissent des générations entières être reconnaissantes pour les guerres que tu auras menées ! Tue et mange, car une très grande armée se tient à tes côtés, et ses soldats deviennent de plus en plus nombreux. Fais justice à celui qui est misérable et pauvre ! Sauve-le de la main des violents ! Dieu t’a donné son Esprit et une épée tranchante, utilise-la tous les jours de ta vie !

Merci pour toutes les bonnes paroles que tu m’as adressées en présence d’une grande assemblée. J’ai pris cela comme venant de Dieu lui-même, puisque c’était dit à la gloire de Dieu et avec sagesse. Cela aussi a contribué à fortifier l’unité à l’intérieur et à l’extérieur. Je suis très heureux et content de voir tous ces chers amis. C’est presque plus dur à porter que toute l’adversité aux jours les plus durs de la guerre. Pourtant, par la grâce de Dieu, je veux m’en tenir à ma vocation et à mon élection, là en bas – en m’occupant d’une âme à la fois. À partir de cette place, je veux, par la grâce de Dieu, m’efforcer de te fortifier dans ta vocation et ton élection. Cela sera l’alliance de paix entre nous, une alliance vitale, établie selon les directives de Dieu, et qui doit durer jusqu’à la fin des temps. Et notre devise sera pour toute l’éternité : « Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit. »

Sur ce, je te salue cordialement et je te remercie pour tout jusqu’à ce jour. Salue ta maison et les amis.

Ton frère dans l’Esprit, l’eau et le sang, qui combat pour ces choses,

J. O. Smith