L’Éternel a dit qu’il veut habiter dans l’obscurité

2 Ch. 6, 1

Les enfants d’Israël sont devenus durs d’entendement. Car jusqu’à ce jour le même voile demeure quand ils font la lecture de l’Ancien Testament, et il ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît. 2 Co. 3, 14.

Notez bien que c’est parce que leur entendement s’était endurci que le voile demeurait. L’endurcissement de l’entendement verrouille le cœur et exclut les révélations de Dieu, alors qu’un entendement ouvert et un cœur ouvert vont de pair. Quand le cœur se convertit, le voile est ôté.

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit.

Un visage découvert signifie ici un cœur ouvert et un entendement réceptif. Nous contemplons la gloire du Seigneur et nous sommes transformés. Pas changés, mais transformés. Notez bien la différence. La transformation se fait quand on se laisse éclairer par la lumière de Dieu sur la face de Christ. Christ ne veut pas en effet garder la gloire pour lui, il veut que la gloire que le Père lui a donnée repose aussi sur nous.

Cette transformation à son image a déjà lieu maintenant. Comme le dit un dicton : dis-moi qui tu fréquentes, et je te dirai à qui tu ressembles. Si nous fréquentons Jésus-Christ dans la vie quotidienne, et si nous contemplons sans cesse sa face, nous lui devenons semblables. À l’inverse, l’impie, qui fréquente sans cesse d’autres impies, ressemble de plus en plus à celui qui est à l’origine de toute impiété.

C’est pourquoi, ayant ce ministère, selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne perdons pas courage. 2 Co. 4, 1.

De quel ministère l’apôtre parle-t-il ici ? Il pense au ministère de l’Esprit, dans la nouvelle alliance. Il était ministre de la loi qui est inscrite dans le cœur et l’entendement. C’est pour cela qu’il est allé vers les païens, pour les amener à l’obéissance de la foi, c’est-à-dire l’obéissance envers les lois qui avaient déjà été inscrites dans leurs cœurs. Ro. 1, 5 et 16, 26.

Quand on entend la Parole de Dieu, cela n’est d’aucune utilité si elle ne fusionne pas avec la foi dans le cœur. La preuve que la Parole a fusionné avec la foi réside dans le fait qu’on fait ce qu’on croit. C’est là l’obéissance de la foi ; car la foi sans les œuvres est morte. Quand on croit la Parole, celle-ci agit, et son activité mène à la transformation à l’image du Fils de Dieu, de gloire en gloire. Quand on entend la Parole de Dieu et qu’on n’agit pas en conséquence, on voit certes comme dans un miroir une image de soi-même avec tous ses manquements, mais on oublie tout de suite à quoi on ressemble. Aucune transformation ne peut donc se faire et la Parole ne peut pas agir.

Qu’est-ce donc qui est le plus avantageux ? Écouter la Parole une fois après l’autre sans agir en conséquence, ou écouter et faire ? En règle générale, on ne va pas plus loin que d’écouter la Parole, car on a peur d’exposer toutes ses mauvaises actions à la lumière. En effet, Dieu ne commence pas à transformer un homme à l’image du Fils avant de l’avoir purifié de fond en comble de ses anciens péchés. Il faut donc exposer ces derniers à la lumière du jour, puisque nous sommes des enfants du jour. Mais ils ne veulent pas être exposés à la lumière, car leurs actions sont mauvaises, et on en reste donc juste au point où on écoute [la Parole], car on a le désir de l’entendre – mais on n’en vient jamais au fait de faire. En conséquence, on demeure dans la mort et dans les ténèbres ; mais à force d’avoir passé des années à fréquenter les réunions, on a pris une forme de belle apparence extérieure et on est revêtu d’une couche religieuse, qui n’est rien d’autre que le vieux levain dont les pharisiens étaient animés à l’époque. Il ne faut pas beaucoup de temps avant que l’on s’intéresse à l’organisation religieuse et on est prêt à s’investir dans les instances dirigeantes. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que le vieil Adam fait partie de la direction. Si des âmes véritablement sauvées entrent dans une telle assemblée, elles tombent directement dans les bras de voleurs et de brigands. Faut-il s’étonner de ce que Dieu ne puisse pas bénir une telle assemblée et y ajouter des membres, si la direction est armée de toutes les marques caractéristiques de la chair ? On invite les nouveaux convertis à mourir dans l’étreinte froide de l’assemblée, car la moindre étincelle de vie divine est considérée comme de la rébellion contre les anciens de l’assemblée. On persécute la vie de Christ avec autant de zèle que les Pharisiens d’antan, et maintenant comme à l’époque, on considère la vie de Christ comme le malfaiteur et on est soi-même les vrais croyants, qui ressentent leur responsabilité pour que la bonne doctrine soit administrée comme il faut. Ténèbres, ténèbres, ténèbres !!! Oh ! si seulement leur prétendue lumière pouvait devenir des ténèbres profondes pour eux, pour qu’ils puissent peut-être être sauvés par la lumière de Dieu dans les ténèbres !

Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n’avons point une conduite astucieuse, et nous n’altérons point la parole de Dieu.

Qui fait des choses honteuses en secret, qui a une conduite astucieuse et altère la parole de Dieu, si ce n’est ceux qui prêchent la Parole de Dieu sans être nés d’en haut par la Parole de Dieu, et qui haïssent la lumière parce que leurs œuvres sont mauvaises ? La parole de la croix fait le même effet sur eux qu’un chiffon rouge sur un taureau. On hait la lumière, la croix et les souffrances, parce qu’on veut échapper à la purification de ce dont l’Esprit qui juge et dévore témoigne qu’il faut se purifier. Quelques paroles seulement prononcées dans la lumière de Dieu ont un effet désagréable. Cela témoigne de vieilles choses au fond du cœur qu’on n’a jamais mises en ordre, et tous les bons sentiments religieux semblent disparaître quand quelque chose évoque le souvenir de ces choses. Mais Jésus n’est pas venu pour apporter des bons sentiments, il est venu pour nous édifier comme une demeure de Dieu en Esprit.

Celui qui doit être transformé à l’image du Fils doit être parvenu à la montagne de Sion, la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, aux myriades qui forment le chœur des anges, à l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, au juge qui est le Dieu de tous, aux esprits des justes parvenus à la perfection, à Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et au sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel. Hé. 12, 22 et versets suivants.

Personne ne peut y parvenir sans être né d’en haut par la Parole de Dieu, qui est vivante et qui demeure éternellement. Seuls ceux-là peuvent entendre celui qui parle du ciel.

Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ (pour que nous fassions briller la connaissance de la gloire de Dieu, laquelle resplendit sur la face du Christ – autre trad.).

Pourquoi est-il écrit que nous devons faire briller la connaissance de la gloire de Dieu qui resplendit sur la face de Christ ? Parce que Jésus est le médiateur, et il nous donne de la lumière par portions, pour que nous soyons en mesure de marcher de lumière en lumière. Personne ne peut regarder la face de Dieu ; Moïse devait le regarder par derrière. Celui qui a des péchés et des choses sur la conscience qui n’ont pas été mises en ordre, ne peut pas regarder Christ en face, il a déjà du mal à regarder les autres personnes dans les yeux. Si on ne peut pas regarder Christ en face, la connaissance de Dieu ne peut pas non plus briller d’une telle personne. Cela distingue ceux qui se tiennent devant la face de Christ de ceux qui ne le font pas.

Dieu a ordonné que la lumière brille dans les ténèbres. N’ordonne-t-il pas la même chose de nos jours ? C’est un fait que tous ceux qui demandent de la lumière à Dieu se retrouvent dans les ténèbres. Pourquoi donc ? Parce que la lumière qu’on pense avoir n’est que ténèbres. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne la reçoivent pas. Pourquoi donc ? Parce qu’on croit que les ténèbres sont la lumière. Combien sont alors grandes les ténèbres ! C’est donc quand la lumière qui est en nous devient ce qu’elle est en vérité, c’est-à-dire des ténèbres, que Dieu peut allumer sa lumière dans ces ténèbres ; car l’Éternel a dit qu’il veut habiter dans l’obscurité. Le chemin qui mène à la lumière de Dieu passe donc par les ténèbres. Dieu ne méprise pas un esprit brisé et abattu. Une telle âme se trouve dans les ténèbres dans lesquelles Dieu lui-même veut devenir sa lumière. Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux leur appartient. Ils ont perdu leur richesse et la foi en leur propre lumière, ils ont été plongés dans les ténèbres ; c’est pourquoi ils sont heureux dans la lumière que le royaume des cieux projette dans leur âme enténébrée.

Il manque aux théologiens savants, qui croient avoir reçu de la lumière par leurs études, d’être arrivés dans les ténèbres pour pouvoir recevoir de la lumière. La sagesse de l’Égypte n’est que ténèbres, mais la lumière brille au pays de Gosen. L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu – même pas quand il fait des études pour être pasteur. Les scribes et les pharisiens se concertaient de manière approfondie avec Hérode, celui qui en voulait à la vie de l’enfant Jésus, sur l’endroit où les Écritures disaient que le Messie naîtrait. Alors que les bergers dans les champs et les mages venus de l’Orient ont trouvé la crèche grâce aux révélations qu’ils ont reçues, les scribes se tenaient chacun dans sa synagogue et prêchaient Moïse et les prophètes selon la lettre morte – sans trouver le Sauveur dont avaient témoigné Moïse et les prophètes. Ils appréciaient les grandes choses, et c’était bien sûr un grand honneur pour eux d’être invités à une conférence en tête à tête avec Hérode. Siméon et Anne se sont concertés avec de toutes autres forces, et ils ont trouvé la réponse. Les scribes de l’époque n’étaient-ils pas dans les ténèbres les plus profondes ? Et malgré cela, ils pensaient être dans la lumière. Est-ce que les scribes se seraient améliorés depuis ces jours-là ?

Tout cela nous enseigne que dans sa sagesse, Dieu ordonne que la lumière brille dans les ténèbres. La lumière qui ne brille pas dans les ténèbres n’est pas la lumière de Dieu, mais juste une illusion – un mirage. Dieu a ainsi fixé des bornes à sa lumière, pour que personne ne puisse la trouver sans reconnaître son propre état et sans être humble et pauvre en esprit. C’est pourquoi, si tu demandes à Dieu de la lumière, tu te retrouveras d’abord dans les ténèbres. C’est dans ces ténèbres que Dieu rend l’âme humble et pauvre, pour qu’elle mûrisse pour recevoir de la lumière de Dieu. Tout dans la nature mûrit aussi dans l’obscurité ; pense aux longues soirées et nuits d’automne, pendant lesquelles le grain et les fruits mûrissent.

Quand un prédicateur se base sur sa propre lumière sur la Parole de Dieu, du mieux qu’il peut, cela ne devient pas un évangile, mais une loi. Pour agir, l’Évangile a besoin d’un abandon plein et entier. Il ne brille que dans les ténèbres et à partir des ténèbres.

Pour la même raison, des théologiens très instruits peuvent tellement tâtonner et être embrouillés – même avec les principes élémentaires de la Parole de Dieu – que ceux que l’on considère comme ignares, mais qui ont reçu la lumière de Dieu, appréhendent de les écouter. Il n’y a aucune ligne claire dans toutes leurs prestations. L’apôtre Paul dit aux Corinthiens qu’ils étaient de petits enfants en Christ quand il y avait des disputes entre eux. Nous sommes témoins de bien des disputes dans le monde théologique de nos jours. Les journaux du monde portent la nouvelle de ces disputes dans le pays tout entier, et même à l’étranger. On se dispute à propos de choses saintes devant la face de la bête (du monde). Est-ce que cela témoigne d’une bonne compréhension des ténèbres de Dieu et de la lumière de Dieu ? Non ! Au plein milieu de sa lumière théologique, on est dans la nuit noire. Les ténèbres sont tout aussi profondes que du temps où Hérode, sur les conseils des théologiens de l’époque, tâtonnait dans les ténèbres pour tuer l’enfant Jésus.

Jean a vu une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement. Ap. 17.

Qui est cette femme, si ce n’est l’armée innombrable des pasteurs inconvertis et payés par l’État ? Quand il est question d’une femme vêtue de pourpre et d’écarlate, on comprend que c’est quelque chose d’attractif et de secret. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. Cela indique qu’elle a toujours fait office de prêtre pour la bête sur laquelle elle est assise et dont elle tire sa subsistance. La femme était ivre du sang des saints. C’est elle qui proposait, et la bête tuait.

Depuis les temps anciens, le monde a eu un clergé de son côté, dans la grande masse des faux prophètes qui a contribué à tuer les prophètes de Dieu. Du temps de Jésus, le monde avait un clergé qui par jalousie s’est emparé du Messie de Dieu et l’a fait crucifier par des soldats romains. Dans l’église catholique romaine, on a considéré comme un devoir d’exterminer tous ceux qui avaient en leur sein une étincelle de la lumière de Dieu. Même dans notre pays, on a cru rendre un service à Dieu en mettant Hans Nielsen Hauge[20] hors d’état de nuire. De nos jours, le clergé est assis de manière tellement bancale sur le dos de la bête qu’il a tout le mal du monde à rester en selle. S’il se sentait autant à l’aise que dans les temps anciens, les vrais croyants essuieraient encore des traits enflammés de Satan venant de ce côté-là.

Tout cela vient de ce qu’on croit être dans la lumière, alors qu’en fait ce sont des ténèbres. Jean-Baptiste est venu pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. Luc 1, 79. Dieu nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a placés dans le royaume de son Fils bien-aimé. Nous n’avons donc aucune communion avec les maîtres de ce monde, qui règnent dans les ténèbres de notre époque ; bien au contraire, nous sommes en guerre contre eux, même si ce sont des théologiens et qu’ils croient avoir de la lumière.

Le royaume de Dieu n’est pas de ce monde et n’est pas soutenu non plus par ce monde. Le monde soutient une prostituée.