(manuscrit original non disponible)
Paix.
Merci pour ta bonne lettre du Hemsedal. C’était bon d’entendre que tu as rendu visite au fr. Løken dans son studio. Mais le mieux, c’est que tu sois capable de te réjouir au sujet d’une seule âme comme s’il s’agissait de toute une assemblée. C’est une grâce qui n’est pas accordée à tout un chacun. Je crois que le fr. Løken aura un bon développement. J’espère qu’il sera plus qu’un homme mort, bourré de « principes doctrinaux ».
J’ai écrit à des amis de Copenhague pour leur demander s’ils croient vraiment qu’il est nécessaire que nous venions au Danemark. En effet, nous ne sommes pas intéressés par le voyage en lui-même, car nous avons déjà été plusieurs fois à Copenhague.
Tu estimes que ce serait une joie pour toi de m’accompagner à Copenhague, mais tu ne trouves pas que c’est le moment propice. C’est le moment propice si Dieu veut que tu y ailles. C’est lui qui va nous diriger. Cela ne me convient pas non plus actuellement d’un point de vue financier, c’est pourquoi je leur ai demandé si c’était vraiment nécessaire. Nous verrons bien ce qu’ils répondront. Par la grâce de Dieu, je me suis peu à peu habitué à ce que Mme Guyon appelle « la sainte indifférence ». Dans ces conditions, on ne peut pas être déçu.
Du reste, je dois dire que je suis très reconnaissant à Dieu pour la manière dont il dirige toutes choses pour moi. À la fin de notre vie, nous comprendrons tout mieux qu’au commencement. Mais déjà maintenant, je commence à m’apercevoir que la sagesse vaut bien mieux que la richesse, puisque la richesse suit dans le sillage de la sagesse et qu’elle est sa servante. Pour être sagesse, la sagesse doit porter en elle la justice, l’amour et la vérité. Elle attire donc à elle les substances nécessaires pour exercer la justice, l’amour et la vérité, de la même manière que la poule mange des coquillages et du calcaire pour pouvoir former des coquilles, ou que les arbres fruitiers ont besoin de calcaire pour les noyaux des fruits. Toutes les bonnes choses suivent dans le sillage de la sagesse, car la sagesse a besoin de toutes les bonnes choses pour continuer à être sagesse. C’est pour cela que la sagesse vaut mieux que la richesse. La fin de toutes choses est proche. Nous pouvons nous en réjouir, car pour nous, cela signifie que le vrai commencement de toutes choses est proche.
Salue Moe et sa femme, ainsi que les amis.
Salutations cordiales, de la part de ton frère, qui participe au service pour le gain éternel des âmes,
J. O. Smith