Paix.
Merci pour la rencontre à Oslo. Je suppose que tu aimerais savoir comment ça s’est passé à Drammen mardi soir.
Nous étions réunis chez le fr. Schinnes, et il y avait les frères suivants : Les fr. Kronstad, Risnes, Schinnes, Paulsen et Solberg. Aucune femme.
J’ai demandé à l’un après l’autre ce qu’il en était de Risnes et de sa relation avec l’assemblée. Tous les témoignages étaient contre Risnes. J’ai ensuite demandé à Risnes ce qu’il avait à dire. Il s’est levé et a dit que ce serait de la folie de sa part de se défendre. Qu’il aimait les amis de Drammen et qu’il avait fait de son mieux, et que le jugement que les amis portaient sur lui n’était rien par rapport au jugement dont il se jugeait lui-même.
Après qu’il s’est assis, il y a eu beaucoup de tergiversations. En présence de R., les amis étaient très timorés, et j’ai dû leur rappeler ce qu’ils avaient dit et écrit. Entre autres que le fr. Kronstad et d’autres étaient des apprentis. Risnes a essayé de me coincer par rapport à quelques lettres que j’avais écrites il y a des années, quand j’ai dit que désormais, le fr. Kronstad devait être considéré par toute l’assemblée comme son égal, et qu’il (Kronstad) devait alerter quand R. dépassait ses limites. Il a cependant fini par reconnaître qu’il devait en être ainsi, et il a dit qu’il en informerait toute l’assemblée. Mais je lui ai ordonné sévèrement de le faire avec des paroles décentes, pour que chacun sache quelle était la raison de cette décision. R. l’a accepté. Le fr. Kronstad avait envie d’échapper à cette mission de serviteur aux côtés de R., mais il l’a quand même acceptée. R. va donc continuer à être responsable de l’assemblée, mais avec Kronstad comme un serviteur qui sera son égal.
Celui qui était le plus rayonnant de joie après cette réunion, était Johs. Solberg. Il a exprimé avec fermeté qu’il avait plus d’une fois attendu une parole du fr. Kronstad, quand la situation était particulièrement tendue. Cela a encore plus fortifié ma foi dans le fait que R. a besoin d’avoir à ses côtés quelqu’un qui le tempère, quand son caractère se manifeste.
Le témoignage du fr. Kronstad indiquait aussi qu’il ne se sentait pas libre dans son esprit vis-à-vis de Risnes. Cela a été souligné au cours de la conversation par le biais d’une des lettres qu’il m’a écrites.
Quand le fr. R. a essayé d’opposer mes premières lettres, écrites à l’époque où il a été établi comme serviteur, cela a été contredit par 4 frères présents qui pouvaient témoigner que ces derniers temps, il s’était comporté d’une tout autre manière qu’à l’époque où ces lettres avaient été écrites. Et puisque le contexte avait changé, tout le reste était changé. Il a concédé un point après l’autre, jusqu’à avoir tout concédé, mais je n’ai pas pu remarquer le moindre signe de regret d’avoir fait quelque chose de travers. J’ai compris par ce qu’il a dit qu’il reconnaissait avoir plein de défauts, mais qu’il n’y avait rien de spécial. Je lui ai fait remarquer qu’il fallait faire la différence entre des erreurs dans le service et les imperfections personnelles que nous avons tous. Il n’a pas répondu à cela.
J’ai dit pour conclure que nous allions voir comment les choses iraient. Il n’y avait rien d’autre à faire pour l’instant. Tous les autres l’ont aussi bien compris comme ça. Le temps montrera donc comment ça va. En tout cas, le fr. R. a reçu de quoi méditer, et en même temps ce qu’il est a été révélé dans une plus grande mesure à tous les autres. Cela fait qu’il a perdu une bonne partie de son pouvoir. Il faut pourtant dire que c’est un homme rusé, et que ce n’est pas facile pour les amis là-bas de le supporter s’il ne fait pas preuve de piété. Si j’ai bien compris ce que m’a dit Kronstad, il ne trouve pas non plus de contradiction à la maison. Je leur ai raconté à tous, à la réunion de frères, comment les choses ont mal tourné pour Irvingo, parce qu’il n’a pas reçu l’opposition nécessaire dans les domaines où il franchissait la ligne. Sa femme trouvait que tout ce qu’il faisait était bien fait.
Pour finir, salutations cordiales de ton frère
J. O. Smith