Bergen, le 20-11-1928
Cher frère, Elias Aslaksen
La bonne paix de Dieu !

Je t’écris du bureau de poste de Bergen. Nous avons déjà eu trois réunions ici. À Oslo, à Nesbyen et ici, nous avons annoncé presque exclusivement la victoire sur le péché, le fait d’avoir été affranchi du péché et d’être devenu esclave de la justice. Je comprends que c’est nécessaire. Aussi bien à Oslo qu’ici à Bergen, ils se lèvent pour témoigner de leur faiblesse devant toute l’assemblée. Cela concernait Olstad à Oslo, et quelques frères ici. Cette pratique rejetable est maintenant corrigée, et hier, la réunion a pris une tout autre tournure. Ils ont annoncé la parole de Dieu – et les vertus de Christ – de manière tout à fait consciente. Quant à leurs propres faiblesses, ils n’ont qu’à les révéler à Dieu dans le secret de leur chambre. Hier, nous avions inséré une annonce pour une réunion publique dans la salle « Gimle », mais il n’y a eu que peu de personnes de l’extérieur. Ce soir, nous aurons à nouveau une réunion à « Gimle ». Nous avons pensé aller à Måløy mercredi soir. Ce sont les entretiens privés qui ont été les plus bénis, aussi bien ici qu’à Nesbyen. Dieu a tout préparé, si bien que tout se passe très bien. Les choses s’enchaînent parfaitement. Une jeune fille qui avait été à la réunion à Nesbyen a reçu de la lumière après notre départ – à une réunion qui a eu lieu après.

Mademoiselle Homann, une Danoise, a saisi la lumière de Dieu dans le salon à la maison, au cours d’un entretien. Juste après, la lumière s’est levée pour le prédicateur Rasmussen. Il m’a toutefois semblé que c’était elle qui était la plus ouverte pour la vérité. Elle a été ensuite à Nesbyen où elle s’est beaucoup plu, mais elle a dû partir immédiatement pour Odense pour fermer le robinet de la conduite d’eau. C’était d’ailleurs une curieuse circonstance. Les frères ici ont maintenant parfaitement compris qu’ils doivent parler comme la parole de Dieu, et cela les réjouit.

Oui, moi aussi je me réjouis beaucoup, car hier, ils étaient comme de petits héros qui allaient à la guerre. La première réunion que nous avons eue ici à Bergen était d’un tout autre caractère, car ils se levaient pour parler de leurs imperfections. Il n’y avait ni sève, ni force, ni foi dans ce qu’ils disaient. Nous qui sommes serviteurs de l’Esprit, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire. Si nous annonçons les vertus de Christ, celles-ci transformeront aussi notre vie et notre manière de nous comporter.

Cet après-midi, plusieurs sœurs ont demandé quelques heures de congés pour pouvoir venir chez le fr. Skutle. Tu peux me croire, Skutle et Bendiksen se sont servis de l’épée hier. Nagelsen lui-même n’était pas d’humeur à plaisanter. J’espère que le fr. Olstad cessera lui aussi maintenant de se lever dans l’assemblée pour pleurer sur toutes ses défaites. Qu’il le fasse ailleurs, mais pas sur le champ de bataille.

Voilà, cher frère, je m’arrête ici avec les salutations les plus cordiales de ton frère dans le ministère, qui combat devant la face de Dieu et avec toi,

J. O. Smith
* * *

Je peux sûrement te saluer de la part du fr. Ellefsen, il est sorti pour se baigner pendant que j’écris ces lignes. Salue les amis.

Nous avons pensé aller jusqu’à Molde.