Paix.
Merci beaucoup pour la salutation transmise par l’intermédiaire du frère Oscar Hansen, qui vous a rendu visite. Il n’a fait qu’un court compte rendu du voyage hier soir à la réunion.
Il y aurait bien des choses dont j’aimerais te parler, cher frère, mais la distance est grande et nous ne pouvons échanger que par écrit. Je veux cependant t’exhorter à joindre à l’amour fraternel la charité pour tous. Pour ce qui est des amis de Ålesund, je sais en mon âme et conscience que je n’ai jamais voulu autre chose que leur bien, et ils ne pourraient guère prétendre autre chose. Cela fait maintenant deux fois qu’ils ont fait savoir qu’ils souhaitent se séparer de nous. J’ai en effet reçu récemment une lettre de la sœur G. W. dans laquelle elle se plaint des sœurs Lotte Johansen et Inga Eltvik. Je crois que ces sœurs ont besoin – comme nous tous – de grâce et d’amour, pour que leurs cœurs puissent fusionner avec les nôtres, tout comme nous avons besoin de notre côté de faire preuve de bienveillance, de tolérance et en tout premier lieu d’amour, qui couvre une multitude de péchés. J’ai parlé personnellement à ces deux sœurs, et je ne peux pas conclure autre chose que le fait qu’elles veulent vivre pour Dieu. Si elles ont fait quelque chose de mal, Jésus est une victime expiatoire pour nos péchés. Nous devons tous combattre la raideur dans notre entendement et demander la grâce d’avoir de la bienveillance et de l’amour. Je dois te dire, cher frère, que je n’ai jamais eu l’intention de créer un nouveau parti, de manière qu’on puisse se joindre à nous ou se séparer de nous. Même si les amis de Ålesund voulaient se séparer de moi 70 x 7 fois par jour, cela ne signifierait rien pour ce qui me concerne. Je ne considère cela que comme des enfantillages. Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous avons quoi qu’il en soit communion avec eux, ce qui se voit bien dans notre relation avec la sœur Ingeborg Stene et avec toi-même.
Je ne sais pas où en est cet emprunt que le fr. D. Kvalheim a fait auprès de toi à l’époque. Il est fauché comme les blés, comme on dit, et il faut en tenir compte. Il m’a été rapporté que dans l’assemblée de Ålesund on lui aurait crié : « Paie tes dettes ! » Je ne sais pas si ce cri était poussé dans l’amour, alors que tout doit se faire dans l’amour parmi nous. Fais-moi savoir tous les détails de la situation, et fais-moi savoir quel est ton sentiment à l’égard du fr. Kvalheim. Tu sais bien que je lui ai conseillé de te verser des remboursements par petites sommes – même si elles sont toutes petites. Cherche à tout porter et à tout supporter ; car tu as toi-même été bien maladroit en lui faisant un prêt aussi important. Il y a quelque chose qui s’appelle « annuler une dette ». Je ne veux pas te donner de conseil dans ce sens ; mais je veux exhorter à avoir un entendement qui va dans ce sens. Moi aussi, j’ai dû annuler des dettes, et j’ai remarqué que le royaume de Dieu y a gagné.
Salutations cordiales à toi et à ta femme, de ton frère
J. O. Smith